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Hôte : Annie ; 13h39 – Salon de coiffure de Hanakaze, maison des Watson

Mes perceptions se connectent aux sens d’Annie ; assise sur un tabouret en cuir, son regard analyse les cheveux étalés sur le comptoir, au rythme de ses doigts qui les séparent et les rangent dans de petits sacs étiquetés. Soudain, la porte s’ouvre, un ding retentit, un sifflement… Toutefois, Annie ne s’arrête pas, ses lèvres s’étirent. Richard s’approche d’un pas lent.

— Est-ce que Mélanie est là ? Je viens pour l’aider à progresser.

— Mélanie ! Ton amoureux est là !

— Pourquoi tries-tu toujours les cheveux aussi méticuleusement ?

— C’est une ressource précieuse pour confectionner des perruques.

— Je ne verrai plus jamais les miens de la même façon.

Sous une série de pas vifs, le plancher de l’étage craque… Quelques secondes, les marches suivent… Mélanie se place devant Richard, écartant les bras ; elle guette sa mère, qui relève la tête et fixe le jeune homme en train de se frotter le cou.

— Maman ! Arrête ça ! Tu ne dois pas le crier de cette façon, tu embarrasses Richard.

— Désolée, ce n’était pas mon intention ! Je te laisse t’en charger.

— Bien sûr, maman. Assieds-toi, mon choupinou.

Richard s’assoit dans un des fauteuils près de l’entrée, penche la tête en arrière. Souriante, Mélanie fait un clin d’œil à sa mère, met une serviette sur son petit ami, humidifie ses cheveux, commence à préparer un shampooing en frottant vigoureusement ses mains. Le regard de mon hôte reste focalisé sur le tri, mais elle glisse un léger coup d’œil vers sa fille, dont les mains mousseuses se posent sur les tempes de son copain. Elle lui tourne la tête face au miroir, commence à le shampouiner. « En regardant les iris de Mélanie, je me revois plus jeune… et, je comprends sa jalousie. Quand Richard était petit, il restait toujours collé à moi et ne l’aimait pas trop. Il me semble que c’était… Comment disait-il ? Oh, oui, sa Némésis… Les enfants changent tellement. » Mélanie siffle, Annie relève la tête en riant légèrement.

— Tu n’aurais pas pris mon ancien uniforme de coiffeuse par hasard ?

— Il me va parfaitement, comme Etsuko l’a ajusté à ma taille !

— Tu insinues que ta mère est petite !

— Non, je constate ! Il a fallu l’agrandir, c’est un fait.

— Vraiment… Petite chipie.

— Ce n’est pas moi qui cache les affaires des autres.

— Je ne vois pas de quoi tu parles.

— De rien, voyons.

— Comment vous faites pour vous chamailler autant.

— Ce n’est pas des chamailleries, mais un entraînement. C’est un secret entre ma mère et moi !

— Mélanie a raison, c’est un secret entre fille et mère.

— Ok, je n’insiste pas…

— Tant mieux, je n’aime pas les vilains curieux.

Elles se sourient, puis se concentrent sur leurs activités. « On dirait qu’elle a trouvé les préservatifs, dommage, mais elle a mon caractère et j’en suis très fière. Avec un peu de chance, elle oubliera d’en mettre cet après-midi. » Richard soupire profondément pendant que sa petite amie lui rince la tête… « Ce qu’il ignore, c’est que pour séduire un homme, il faut se l’accaparer. Ma fille comprend bien que garder son attention est crucial. C’est ainsi qu’un couple fonctionne. » Mélanie plaque son amoureux contre le siège. Toutes deux se mettent à rire. Brusquement, ses sensations s’effacent… Me voilà donc de nouveau sans hôte… Isolé de toutes sensations, cependant, cela ne va certainement pas durer longtemps…

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