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Hôte : Shana ; 15h45 – Forêt du guerrier pacifique, près de Hanakaze

Mes perceptions se connectent aux sens de Shana et me voilà directement pris dans son vacillement arrière… L’herbe s’écrase sous son poids, Mizuki s’assoit à sa gauche et lui sourit avec sérénité.

— J’en peux plus… Comment… tu… fais… pour réussir… aussi… facilement ?

— Ne t’en fais pas, même Michel a encore du mal avec mon parcours.

— Mais tu l’as… fait cinq fois… sans transpirer… Je n’en ai même pas… réussi un quart.

— Je trouve ça étrange également. Peut-être que mes parents biologiques ne sont pas humains ? Je suis peut-être une Michiyuki. Ah ! Non… Meita m’a dit comment était son peuple.

— Ce serait étonnant… Physiquement… tu ressembles à une humaine. Par exemple… les Magiya ont un épiderme… pâle… et de longues oreilles… retombantes.

Alors que la respiration de Shana se calme lentement, elle s’assoit en tailleur, Mizuki s’allonge dans l’herbe et scrute le ciel totalement bleu.

— Qu’en est-il des autres peuples ?

— Je ne les connais pas tous, donc ce n’est pas totalement impossible, bien que peu probable.

— Je suppose qu’en discuter ne changera rien et ce n’est pas vraiment important.

— Qu’est-ce qui est important alors ?

— Eh bien… La cuisine, par exemple, tu pourrais m’apprendre ?

— Bien sûr, as-tu des bases ?

— La dernière fois que j’ai essayé, j’ai raté la vinaigrette.

— Si on trouve l’occasion, je t’apprendrai en partant de zéro.

Les lèvres de Shana s’étirent légèrement… Mizuki replie ses jambes sur elle-même, puis impulse un basculement avec son dos avant d’appuyer ses pieds au sol avec vigueur pour se relever sans les mains. Elle se tourne rapidement vers mon hôte en lui tendant la main.

— Allez ! Je vais t’entraîner jusqu’à ce soir, pour que tu puisses finir le parcours.

— D’accord, je te prends au mot.

Avec un geste déterminé, Shana saisit fermement la main de Mizuki. « Je sens que je me suis fait une véritable amie. Bien sûr, je n’oublie pas ce que j’ai vécu, et je ne pourrai sûrement jamais l’oublier, mais si je laisse cela me dévorer, je vais me noyer. »

— Bon, la première astuce consiste à visualiser mentalement ton chemin.

— Comment est-ce que je fais ?

— Tu vas le faire en marchant plusieurs fois.

— Je vois, un apprentissage par la pratique répétée…

— Exact.

— Le corps, d’après Yumi, est capable de mémoire.

— Oui, mon père aussi me répétait cela.

En réalité ces propos sont inexacts d’un point de vue scientifique… La répétition des gestes est mémorisée par des circuits neuronaux spécifiques du système nerveux central, principalement le striatum, le cervelet, le cortex moteur : primaire, et prémoteur. Cependant, cette correction n’apporte rien et ce n’est pas mon rôle… Pourquoi la faire ? Cette rigueur persiste de mon ancienne existence, mais n’a plus sa place ici. Me voilà de nouveau à observer les pas de mon hôte qui suit rigoureusement d’une marche lente le parcours.

— Attends, le saut doit être vif, positionne ton pied droit moins en retrait pour initier l’impulsion.

Ses sensations s’effacent… Que faire… Me voilà de nouveau dans mon bureau mnésique… J’ai de nombreuses choses…

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