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Hôte : Mélanie ; 05h35 – Chambre de Mélanie, maison des Watson, Hanakaze
Mes perceptions se connectent aux sens de Mélanie. Le reflet de sa chambre studieuse apparaît dans son miroir. Sur le mur du fond doté d’une large étagère dans lequel s’encastre un lit deux places se trouve une centaine de peluches diverses en taille, formes et couleurs, ainsi que quatre vases emplis de fleurs fraîches et variées : tulipes, roses, œillets, marguerites… Avec assurance, sa main droite maintient sa brosse à cheveux. Assise devant sa coiffeuse, le miroir reflète son visage déjà maquillé et l’entrebâillement de la porte d’où Henri l’observe d’un regard hésitant.
— Je voulais encore m’excuser pour hier. Je ne pensais pas que toi et Richard, vous…
— C’est bon… Sois juste plus vigilant à l’avenir et pense à frapper avant d’entrer.
Alors qu’il se frotte le cou, Mélanie ferme ses paupières. « Papa est vraiment un gros nounours. »
— Oui, bien sûr. Bon, je dois y aller ! Richard a terminé de préparer le matériel.
— D’accord, mais ramène-le-moi en un seul morceau.
Calmement, mon hôte commence à se faire une queue de cheval, Henri s’éloigne. « Je suis contente qu’il soit toujours là pour moi et s’inquiète, sans me surprotéger. »
— Hi, hi, hi.
Brusquement, des coups résonnent sur la porte entrouverte, Annie se tient dans l’encadrement.
— Alors, votre différent est résolu ?
— Il n’y a jamais eu de différent, maman.
— Oh… Pourtant hier il t’a vu dans une certaine position et assise sur…
— Je n’étais pas assise.
— Oups, c’est vrai. Tu étais en dessous.
— Ça suffit !
— D’accord, je me rends… Le petit déjeuner est prêt.
— Je descends vite.
Annie s’éloigne avec calme, un sourire aux lèvres.
— Ah…
« Maman est trop intrusive parfois… même si je l’adore. Un instant ? Pourquoi je me suis fait une queue de cheval ? Ça ne me va pas du tout avec le maquillage que j’ai choisi… Un chignon ? Non… Une légère frange avec les cheveux détachés… Hum… Oh, je sais ! Une double tresse ! » Tranquillement, Mélanie défait le ruban, se repeigne, commence à se recoiffer. Cela me laisse un moment pour voir son journal posé ouvert près d’elle. Elle y a écrit sa journée d’hier et sa première fois avec Richard. Certains détails sont par ailleurs intimes.
« C’était très bien hier, même si ce n’est pas aussi extraordinaire que le disait Tatsuya. J’ai vraiment pris du plaisir, mais ce n’est pas non plus des spasmes et des poussées ingérables. Je pense que le sexe est exagéré par certains. En plus, ce n’est pas comme si le garçon pouvait se retenir des heures durant. Je n’ai pas de point de comparaison, mais Richard n’a tenu que six minutes. Enfin, c’est sûrement différent d’un couple à un autre. »
Ses sensations s’effacent… Me revoilà dans mon bureau mnésique, assise, Naya boit un café…
— Ah, Mélanie… Une jeune femme bien étrange, n’est-ce pas ? Non, encore une fois ne réponds pas. En tout cas, je l’aime bien également, même si elle est plus superficielle que Linda, et faut dire que Richard n’est pas un étalon au lit… Pete non plus, mais il est plus expérimenté. Par contre, si on prend le cas de Michel… mais passons, tu sembles ennuyé…

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