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Hôte : Shana ; 06h26 – Lavoir de Hanakaze
Mes perceptions se connectent aux sens de Shana, qui observe les cordes suspendues. Son regard remonte vers le plafond, un gros ventilateur en bois est entraîné par un système de poulie, lui-même tracté par la roue à aube à l’extérieur. Sur le mur à sa gauche, plusieurs tonneaux sont remplis d’une eau claire, pleine d’aquinas nageant joyeusement. Divers paniers contiennent encore du linge propre ou sale. Shana pousse un râle tout en lâchant le sien au sol.
— Je pensais qu’il y avait au moins une machine de lavage… Je vais y passer des heures si je dois tout laver à la main, et je n’ai pas envie de frotter…
Tout en murmurant, mon hôte pousse un profond soupir. « Je suis vraiment bête parfois ! Je savais pourtant que Hanakaze n’avait pas de technologie. Comment je vais faire ? Je pourrais juste ramener le panier. Mizuki ne me dira rien. Non, non, non… J’ai dit que je le ferais, je le fais. »
— Ah…
« En tout cas, le lieu est atypique… Enfin, pour moi du moins… » Shana soupire, un souvenir me revient… Elle est dans une buanderie, une machine à laver, un sèche-linge, un grand étendage. Un velux entrouvert laisse entrer divers sons, le soleil cogne fortement, elle s’agenouille, glisse le linge dans la machine, sifflote, met une poudre dans une boule, la met dans le tambour, ferme la porte. Derrière elle, sa mère l’observe.
— Ça va ma chérie.
— Oui, maman ! C’est super facile.
— Tu as bien séparé le blanc et les couleurs ?
— Oui ! Le blanc dans la partie droite et les couleurs dans la partie gauche.
— Parfait, quelle dose as-tu mise ?
— Une boule.
— Excellent.
Courant d’un pas léger vers sa mère, Shana lui prend la main et sourit.
— Tu as faim ?
— Oui.
— Bien, mais avant tout le bain s’impose, jeune fille.
— D’accord !
Toutes deux quittent la buanderie, traversent le long couloir, entrent dans une vaste salle de bain. Shana retire son maillot, le plie, Esther fait de même… Elles se déshabillent calmement, se douchent l’une après l’autre avant d’entrer dans l’eau chaude du bain.
— Comment ça se passe à l’école.
— C’est amusant, et je me suis même fait une amie.
— Bien, mais n’oublie pas de me parler de tes soucis.
— Oui.
Esther pose une main vive sur la tête de sa fille, soudain Alaric entre, jette ses vêtements tachés au sol, entre dans la baignoire. Shana renifle l’odeur terreuse, Esther affiche un visage contrarié, tape fortement sur la tête de son mari.
— Andouille ! Je t’ai déjà dit de te rincer avant !
— Pas faux…
— Ha, ha, ha ! Papa s’est fait gronder !
Me voilà de retour au présent, Shana tapote sur le sol, ses sensations s’effacent…

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