159
Hôte : Michel ; 07h22 – Chambre de Michel, maison des Ashura, Hanakaze
Mes perceptions se connectent aux sens de Michel. Allongé dans son lit, sa main droite se pose sur son entrejambe, son visage est couvert de sueur, sa respiration prononcée. « Quel rêve stupide ! Pourquoi est-ce que je n’arrête pas de penser au corps de Shana ? » Lentement, il soupire en écartant les draps encore chauds, s’assoit sur le rebord. « Je vais faire quelques étirements… Ça devrait passer tout seul si je n’y pense pas. » D’un geste calme, il se lève, pivote à droite, regarde par la fenêtre. Dans la cour, Mizuki s’entraîne encore. « Elle arrive à s’entraîner malgré tout ce qui s’est passé hier. » Relevant sa manche, il dégage le pansement. La griffure du géomorphe laisse une croûte légère et marron clair. « C’est déjà bien cicatrisé. Je suis bête… » Il se rassoit au bord du lit, fixe le portrait à l’huile d’Émilie avec un sourire.
— Bonjour Maman. Désolé de t’avoir ignorée. Disons que j’ai mes petits soucis ce matin.
Un toc sec résonne soudain sur la porte.
— Je peux entrer ?
— Bien sûr, papa.
Kenji ouvre la porte avec calme, se rapproche du lit, s’assoit près de son fils.
— Comment va ton épaule ?
— Mieux. La douleur est passée et ça cicatrise vite.
— Bien, tourne-toi, je vais refaire le bandage.
Michel se tourne rapidement, Kenji commence à désinfecter.
— Shana a l’air de te plaire ?
— Je ne vais pas le nier…
— Comment va ta sœur selon toi ?
— Elle a l’air en forme.
— Oui, mais son affrontement avec les grikans la perturbe sûrement encore.
— C’est logique.
— Qu’en est-il de toi ?
— Moi ?
— Ton combat n’a pas été simple.
— Oui… J’ai eu peur de ne pas m’en sortir vivant pendant un moment. J’ai pensé à reculer, mais le passage était étroit… C’est une épreuve qui va clairement me marquer.
Kenji refait le bandage avec calme, ses gestes sont méthodiques et précis.
— Bien, c’est une bonne chose… Tu veux qu’on discute un peu de ce que tu ressens pour Shana ?
— Je pense être amoureux… On appelle ça un coup de foudre, je crois…
— Oui, mais souvent c’est passager.
— Je ne sais pas comment aborder ça…
— Il n’y a pas de recette miracle, et tu sais que Noémie t’aime ?
— Oui, mais c’est différent, ce n’est pas un amour qui se conditionne à la connaissance de l’autre que je ressens. Je ne connais pas vraiment Shana et pourtant…
— Ha, ha… J’ai eu le même type d’amour pour ta mère.
— Vraiment !
Ses sensations s’effacent… Naya est assise dans le fauteuil de mon bureau mnésique.
— Ah, l’amour, chose si abstraite qui vous rend tellement aveugle quand il est pur, mais surtout quand les phéromones de l’autre répondent aux vôtres… Oh, déjà une nouvelle connexion…

Annotations
Versions