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Hôte : Elias ; 08h03 – Forge de Hanakaze, maison des Rénard

Mes perceptions se connectent aux sens d’Elias, qui est accoudé au comptoir face à Kuroki dont les lèvres s’ouvrent dans le calme de la forge.

— Prends tout le matériel nécessaire. La priorité est la sécurité du village.

— Merci. Je sais que tu avais prévu de vendre ses protections bientôt.

— Aucune importance, j’en referai d’autres. Les grikans ne sont pas à prendre à la légère.

Kuroki pose son coude gauche sur le comptoir, Elias hoche la tête. La porte de la forge s’ouvre. Mon hôte se retourne, regarde Pete s’approcher d’un pas vif.

— Tu aurais un instant, je voudrais te parler en privé ?

— Bien sûr.

Elias se tourne vers Kuroki.

— On se voit tout à l’heure.

— D’accord, je prépare tout ce qu’il faut.

Pete et Elias s’éloignent de la forge, s’arrêtent à l’entrée de la ruelle. Pete avale sa salive, soupire.

— Ok, ça va te paraître bizarre, mais… Tu veux coucher avec moi quand la situation sera calme ?

Elias croise les bras, hausse les sourcils.

— Explique-moi pourquoi ? Tu es hétérosexuelle, non ?

— J’en ai parlé avec Tatsuya hier et elle aimerait qu’on le fasse pendant qu’elle regarde.

— Est-ce que tu es d’accord avec cette idée ?

— Franchement, je ferais n’importe quoi pour elle, mais je ne veux pas te forcer.

— Prenons le temps d’en discuter tous les trois.

— Ça me va.

Pete sourit en fixant Elias dont la bouche s’ouvre.

— Ne reste pas planté là, on a plein de choses à gérer.

— Oui, tu as raison.

Ses sensations s’effacent… Me revoilà dans mon bureau mnésique… Seul… Continuons donc l’étude du fragment vert sur le laboratoire d’Eikyū… La chute des bombes a forcé l’accélération de sa construction, les premières salles furent dédiées à l’énergie. Un générateur à particule, alimentée par du deutérium, fut donc développé pour alimenter tout le premier étage. Ce dernier provient des nombreuses explorations spatiales qui ont tant coûté. Cela me laisse regarder un autre souvenir, celui des tentatives de colonisation de Mars et de la Lune par la Russie, la Chine et les États-unis… Des échecs toujours plus cuisants, car c’était absurde de penser quitter un monde encore fertile pour une terre morte et sans âme. Qu’importe, jugé ne m’appartient pas, ceci n’est que les rapports des historiens des siècles suivants.

Dans tous les cas, Eikyū continua de s’agrandir, tout comme les six laboratoires similaires. Sur une période de quatre siècles, chacun des cinq étages occupait une surface souterraine de cent kilomètres carrés en forme rectangulaire. On y trouvait des fermes, terrestre et hydroponique. Des forêts, des animaux, des insectes, un soleil artificiel pour les zones végétales, des élevages… Les quartiers d’habitations, les salles de recherches, les cafétérias, les écoles…

Tout était conçu pour que la vie se poursuive en sachant que la surface deviendrait inhabitable… Cela me rappelle que c’était là-bas que mon existence commença…

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