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Hôte : Shana ; 08h29 – Cuisine, maison des Ashura, Hanakaze
Mes perceptions se connectent aux sens de Shana. Plusieurs aliments secs sur le comptoir. Divers légumes. Shana récupère des ustensiles dans les placards. « Mizuki serait-elle choquée si je lui disais que Tom reniflait sa culotte ? Elle est douée en chant et improvisation de parole. J’ai envie d’essayer aussi. »
Elle casse un premier œuf dans la poêle.
— Petit œuf dans la poêle, tu cuis lentement. Le liquide transparent se forme tel la neige. Le jaune durci formant un soleil. Et tu crépites tranquillement, sous sa chaleur.
Elle ajoute une tranche de bacon.
— Le crépitement des voix se fait entendre et j’écoute leurs musiques, tout en faisant ma vie… Qui est pleine de rebondissements.
Elle soupire… « Je devrais peut-être aborder le sujet ? Cependant, j’ai promis à Tom de ne rien dire. » Alors qu’elle retire la poêle du fourneau, me voilà à comprendre. Ce ne sont pas que mes sentiments qui posent problème, mon existence n’en possède pas, mais les leurs existent et ils me reviennent en modifiant mon expérience. Voilà ce que Naya insinuait… Ma conscience évolue. Elle force la sienne à changer, l’améliore. Comprendre l’autre n’est pas une faiblesse. C’est au contraire une puissance absolue. « La cuisson est parfaite ! » C’est une anomalie, mais elle est très positive pour mon Chishiki. « Je n’ai plus qu’à ajouter la viande de cocin. » Ses sensations s’effacent…
Me voilà plongé dans la suite du même souvenir. Le chat fixe l’oiseau, la petite appelle sa maman, Mirina sourit, l’oiseau s’approche du félin… et fin… Un repas sera donc consommé, l’enfant pleure, l’animal s’éloigne avec une foulée gracile.
— Alors Noran, le chat a-t-il pris du plaisir à tuer ?
— Non… C’est biologique.
— Ha, ha…
Encore une fois mon jeune moi se trompait, il avait pourtant la connaissance… Oui, le chat a pris du plaisir, la chasse n’est pas qu’une obligation, elle est aussi un jeu.
— Quoi ?
— Rien…
Mirina est souriante, elle ferme ses paupières…
— Dis-moi ?
— Observe, ne laisse pas la première impression guider.
Le souvenir se termine et me revoilà dans mon bureau mnésique. Naya est assise, lit un journal, sur la première page on y voit l’arrestation de trafiquants dans la capitale de Célestia.
— Ce n’est pas le souvenir le plus utile, mais je le prends, mon petit observateur. Au fait, as-tu remarqué que je n’ai pas mis de culotte ?
Non…
— Ha, ha, ha… évidemment, tu n’as accès à aucune sensation en ce moment. Veux-tu que je te connecte aux miennes en attendant… Ne réponds pas, je ne le ferai pas. Pour l’instant Hana guide tes connexions pour t’aider à te souvenir, et cela me convient parfaitement, mais en cas de nécessité je reprendrais le contrôle… À plus !

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