170

5 minutes de lecture

Hôte : Michel ; 08h39 – Cour des Ashura, Hanakaze

Mes perceptions se connectent aux sens de Michel. « Il faut que j’arrive à pousser Mizuki à se battre à fond. » Sa sœur s’élance sur lui, il évite de justesse un coup de pied circulaire qui frôle son visage, riposte rapidement avec une entaille ascendante. Elle esquive en effectuant un quart de tour en étant encore sur une seule jambe. Leurs vitesses et leurs mouvements sont très efficaces, le sable bouge à peine. Mizuki semble s’amuser, Michel montre une volonté de l’a forcée à s’emporter.

Il enchaîne avec une entaille diagonale descendante qui file vers la poitrine de Mizuki. Au dernier moment, elle bondit de plusieurs mètres au-dessus de la lame, effectue d’un coup de pied tombant sur l’épaule de Michel… Bien qu’il échappe de justesse, cela laisse une marque au sol. La puissance de la frappe ressentie me rappelle que Hana disait vouloir créer un village autonome. Est-ce Hanakaze ? J’aimerais me rappeler de la date de création… Dans tous les cas, il est évident que Mizuki retient sa force ; Michel expire, applique une tranche circulaire horizontale.

Elle esquive d’un pas arrière au dernier moment. Il transforme son attaque en une verticale. Mizuki s’en sort d’un pas chassé, puis frappe les côtes de Michel d’un coup de pied frontal léger. Il serre les dents, son regard se contracte.

— Il me semble t’avoir demandé un combat sérieux.

Mizuki se mordit légèrement la lèvre inférieure, desserre ses poings.

— Je retiens ma force, mais c’est parce que je ne veux pas te blesser gravement. J’aime t’affronter. Ne te sous-estime pas, tu as fait d’énormes progrès.

— Je vais te forcer à te battre sérieusement.

Michel enchaîne rapidement ses entailles. Des combinaisons horizontales, verticales, tout en faisant des feintes. Il ajoute même des coups de pieds ascendants et circulaires. Sans aucun répit, Mizuki esquive avec brio chaque tentative. Il rajoute des frappes diagonales, fait dévier sa lame au dernier moment. Elle réalise des mouvements d’évitements adaptée à chaque fois, riposte par des frappes légères que mon hôte ne parvient pas toujours à esquiver. Couvert de sueur, sa respiration est haletante, sa sœur n’en a pas la moindre goutte, son souffle est calme. Un souvenir me rappelle que c’est ainsi depuis qu’elle a eu ses règles il y a trois ans. Michel met ses deux mains sur la garde de son épée.

— Montre-moi le gouffre qui nous sépare. Parce que je vais te rejoindre, je t’en fais la promesse.

Il incline son corps en avant, s’élance sur Mizuki, effectue de nombreuses entailles en combinant toutes les techniques d’escrime possibles. Nul temps mort, une vitesse élevée sans réflexion. Mizuki bouge toujours de façon fluide, ses esquives sont plus difficiles à réaliser. Les assauts visent les poignets, les bras, le thorax. Chaque touche ne dure qu’une fraction de seconde. Leur succession l’a maintient sur la défensive. Michel varie ses mouvements, change de direction, d’intensité, à chaque coup. Mizuki se met à augmenter la vitesse de ses gestes.

— On dirait que tu es enfin sérieuse. Allez, frappe-moi de toutes tes forces.

— Je suis tellement contente, car je vais pouvoir me donner à fond.

— Parfait, je n’attends que ça.

Elle se déplace sur son frère en un instant, commence une série de coups de pied latéraux rapides et précis qui visent le bas des jambes, continue avec ses hanches, enchaîne avec une pluie de frappes circulaires avec ses poings, visant cette fois le visage et les côtes. Chaque touche est brève et légère, tandis qu’elle esquive en parallèle les assauts de Michel, qui subit les siens. La frustration de mon hôte devient dévorante… Brusquement, Mizuki attrape la jambe de Michel. Elle le plaque au sol, lui assène un coup de genou dans le ventre. Il tousse très fort, elle le regarde avec un air paniqué.

— Désolée, je ne voulais pas y aller aussi fort.

Michel est à bout de souffle, mais se relève avec difficulté.

— Ne t’excuse pas… On est en plein combat.

Le vent souffle sur sa courte chevelure noire, ses iris émeraude brillent d’une lueur étincelante. Au loin, des vulturis émettent un cri strident, les oiseaux proches s’envolent. Elle fixe son frère, qui fait de même. La lumière éclaire la peau blanche, mais sans pâleur de Mizuki, ses joues sont légèrement roses, tout comme ses lèvres, sa bouche forme un léger sourire. « Je n’avais jamais vu que ma petite sœur était devenue si belle. » Michel se tient les côtes, il serre les dents.

— Je suis content que tu te donnes à fond. Tu m’as mis dans un sale état.

Mizuki se tient debout près de lui.

— Ne te sous-estime pas !

Michel sourit.

— Je n’en attendais pas moins de toi, même si je suis frustré de ne même pas t’avoir touché.

— Justement, regarde !

Elle montre le dessus de sa main droite où se trouve une légère entaille qui saigne.

— Tes coups étaient vraiment rapides. J’ai eu du mal à tous les esquiver.

Mizuki s’approche de Michel, lui tend la main, il la saisit, se relève, elle l’enlace fermement. Il répond à l’étreinte. « Mizuki est vraiment forte. Je suis fier d’elle, mais je veux aussi la rattraper. »

— Je suis vraiment fier de toi.

Elle resserre son étreinte.

— Je t’aime, grand frère.

— Moi aussi, je t’aime. Ma petite tête de linotte.

Il lui caresse les cheveux. « J’ai l’impression d’avoir une ou deux côtes cassées. » Elle sourit.

— Oui.

Ses sensations s’effacent… Me voilà au réfectoire mnésique du laboratoire, vide, à l’exception de Naya, qui mange des nouilles au parmesan. On dirait qu’elle a parfaitement recréé l’espace du labo en utilisant mes souvenirs…

— En effet, c’est ce que j’ai fait. Bon, on dirait que je vais encore devoir patienter pour obtenir ce que je veux, mais tant pis, c’est le jeu… Ha, ha, ha… Dans tous les cas, Michel se débrouille vraiment bien, même s’il était très excité dans ce début de matinée. C’est d’ailleurs intéressant qu’il ne soit pas d’abord allé voir Shana, ou il y a peut-être été, mais tu ne peux pas suivre tout le monde en même temps. D’ailleurs, moi-même je suis assez occupée en ce moment.

Rien n’est clair avec mon Chishiki…

— Ha, ha… Évidemment, je ne vais pas te dévoiler mes intentions, toi-même ne le faisais pas avec Hana. Pourtant tu la considérais comme une amie proche. C’est d’ailleurs pour cela que tu as violé une des lois de notre peuple, elle fut peut-être même la première observatrice avec une conscience. Ou pas, mais on ne le saura pas. Quoi qu’il en soit il faut que je te laisse, une envie pressante.

Naya s’évanouit de ma présence, me voilà désormais seule sans que cela ne réponde vraiment à mes questions toujours plus nombreuses… Retour dans mon bureau, une note posée dessus indique : Je n’aime pas ton Chishiki, mais je suis contente de ton retour…

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire MirinaIshiki ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0