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Hôte : Mizuki ; 11h32 – Grotte de Hana
Mes perceptions se connectent aux sens de Mizuki, encore trempée, son pied droit foule l’entrée du passage étroit parfaitement éclairée par les firins. Sur la paroi du fond de la vaste salle, un ruisseau s’écoule. James lui tend une serviette, elle s’écarte, se sèche. Avec des linges, Mélanie accueille les villageois. Se positionnant au centre, Yuna retire sa tenue en fixant tout le monde.
— Retirez et étendez vos vêtements, ce n’est pas le moment d’être pudique. Aya, Carl, distribuez les couvertures. Serge, Edward, Aurélie, occupez-vous de partager les rations. N’hésitez pas à utiliser les bancs pour vous asseoir, mais priorité aux personnes âgées.
Aya et Carl se précipitent vers les caisses sur la paroi de gauche, Serge récupère des collations dans les tonneaux à proximité, Edward et Aurélie prennent des pichets, les remplissent au ruisseau. Annie se place près de Yuna, toutes deux commencent à discuter organisation. Soutenue par Samuel, Éline s’assoit en gardant une main sur son ventre, Alice finit d’enlever ses habits, Anka se rapproche de Marc et Clarisse pour les aider. James s’approche de Takumi, qui sèche ses cheveux.
— Il faut allumer un feu, mais Mélanie et moi n’y sommes pas arrivés !
— Je m’en charge, James, occupe-toi des fournitures.
Chloé et Tom étendent les vêtements sur une des cordes. Kuroki offre son épaule à Yumi, l’aide à s’asseoir. Linda observe les trous symétriques percés dans les parois. Etsuko sèche les cheveux de Yuki et la couvre d’une couverture. Thomas scrute la grotte, ses lèvres bougent à peine.
— Ce lieu est vraiment idéal pour se mettre à l’abri, je devrais revenir l’étudier.
Murad regarde le sol recouvert d’une mousse épaisse assez douce. Paul lui tapote sur l’épaule.
— Tu as vu ! Ces parois sont lisses, dépourvues d’humidité… On devrait étudier ça.
— C’est intéressant, elle semble absorbée par les fines racines recouvrant le plafond.
Walter discute avec Nora, Manie et Lydia s’isolent, Amara pointe une zone annexe du doigt.
— Pour ceux qui sont fatigués, il y a des lits en paille.
Camille se dirige vers l’endroit, Caroline se rapproche en courant.
— Il y a plein d’aquinas dans ce bassin !
— Tu as raison et comme il est peu profond, on les voit bien !
Marc est assis sur l’un des bancs au fond de la grotte et tient la main de Clarisse.
— J’aime la beauté de ce lieu, cela fait des années que je n’étais pas venu, tu te souviens ?
— Oui, c’est fatigant, mais ça nous fait une belle sortie, mon amour.
Non loin, Linda s’assoit, sort son livre, son matériel d’écriture. Camille s’installe à ses côtés.
— Sur quoi tu écris ?
— Sur les tarias. Un minuscule insecte invisible à l’œil nu.
— Comme les firins ? Ils mangent quoi ? Pourquoi on ne les entend pas ? À quoi ils ressemblent ?
— Non, ils sont plus petits. Les tarias percent les trous d’aération dans la grotte, se nourrissent de la mousse et de l’eau contenue dans les racines, sont extrêmement silencieux. Chacun mesure moins d’un millimètre de diamètre, est recouvert d’une carapace aux reflets bleutés et verts. Leurs corps sont orange, ils ont six pattes possédant des crampons adhésifs. Les deux crochets près de leur bouche sont extrêmement tranchants et leurs dents sont acérées.
Caroline les rejoint, s’assoit à droite de sa sœur.
— Est-ce qu’ils sont méchants ? Ils peuvent nous mordre ?
— Non, tu n’as pas à t’inquiéter, ils sont totalement inoffensifs.
Yumi s’approche lentement de Clarisse et Marc, leurs respirations sont encore fluctuantes.
— Est-ce que ça va tous les deux ?
— Ne t’en fais pas, Clarisse et moi allons bien. Tu devrais aussi penser à toi.
John, Katsumi et Raymond commencent à nettoyer, Lila court se blottir contre la jambe de sa maman. Tim et Tom s’activent aussi pour aider. Mizuki s’approche de Kuroki, qui est agenouillé près du feu au centre.
— Tout le monde a l’air installé, je vais y retourner.
— D’accord.
Sam attrape le kimono de mon hôte, le tire fortement…
— Attends, qu’est-ce qu’on doit faire si des méchants arrivent ?
— Reste avec les autres et écoute Kuroki. Je vais vaincre les méchants et protéger notre village.
« C’est difficile pour les enfants, mais je dois aider au combat. » Alors qu’elle réconforte Sam, son regard me permet de voir une inscription contre l’une des parois. Hana ? Cette écriture est bien la sienne, mais les dates ne correspondent pas. Charlotte s’approche en souriant, ses jambes tremblent.
— T’en fais pas Mizuki, y a plein d’espace pour s’amuser ici !
Mon hôte pose sa main droite sur l’épaule de Charlotte.
— Tu as le droit d’avoir peur, mais je te promets que tu es en sécurité.
S’approchant énergiquement, Alicia place ses mains sur ses hanches.
— Moi j’ai pas peur des méchants, car ils vont tous perdre et après on rentrera à la maison.
Calmement, Alice se rapproche aussi.
— Ne t’en fais pas, je m’occupe des enfants et j’ai envie de tester ce jeu que tu as inventé.
— Merci ! J’y vais.
« Je dois être rapide, il n’y a pas un instant à perdre. » Mizuki se lève, marche vers la sortie. Alice s’agenouille, regarde les enfants.
— Alors Charlotte, explique-moi comment fonctionne votre jeu ?
— Tu vas voir, c’est facile et amusant.
Mizuki emprunte l’étroit passage, une main tire son habit par-derrière. Elle se retourne, s’agenouille devant Tomo, l’enlace fermement.
— J’ai trop peur ! Je ne veux pas te perdre. Reste !
— Je comprends que tu sois inquiet, mais ça va aller, je te le promets.
— Mais c’est dangereux ! Que se passera-t-il si quelque chose t’arrive ?
— Tu n’as pas à t’en faire ! Je vais gagner et après je t’aiderai à t’entraîner.
Takumi pose une main calme sur l’épaule de son fils.
— Tu sais que Mizuki doit y aller. File, je vais m’occuper de lui.
Tomo se recule doucement.
— Reviens vite.
— C’est promis.
Ses sensations s’effacent… Comment l’écriture de Hana peut-elle être ici ? Quelqu’un a dû l’imiter. Aurait-elle guidé la main d’une personne pouvant percevoir sa conscience…

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