2 : Calme et tempête
À son retour à la base des Travelers, Boukciran fit son rapport aux Doyens et exposa la situation : un artefact avait été trouvé ; une menace était présente sur Saturne ; un collègue et les Saturniens étaient potentiellement en danger.
Trois jours plus tard, dans la salle du conseil les trois Doyens en tenue blanche : Rondo, un grand humanoïde mince, aux mains noires et avec un casque de robot sur la tête ; Braquou un être de petite taille aux épaules larges, avec une barbe rousse et le crâne chauve ; et Tig-eil, un humanoïde bien bâtie à tête de tigre. Ils avaient tous l’air à la fois âgé et sage, ils décidèrent de la marche à suivre.
Dans un coin de la salle, l’intendant Wogdoman observait la scène dans l’ombre. Boukciran n’aimait pas beaucoup que cet immonde humanoïde à tête de serpent assiste à cette réunion.
Wogdoman avait été nommé en tant qu’intendant par le “Tribunal de la Galaxie”, un ensemble de personnes qui grâce à des représentants élus par leurs soins veillent au bon fonctionnement de chaque groupe de héros et éclaireurs dispersés dans l’univers.
Au centre de la salle, Boukciran attendait la décision des Doyens. Ils s'entendaient tous pour mettre l’orbe en lieu sûr dans les bas-fonds de la base sous la surveillance d’un héros. Seuls les membres du conseil : Boukciran, les Doyens et l’intendant seraient dans le secret. Ensuite, à l’unanimité moins une voix, les Doyens votent pour laisser Noulce à son sort. Enfin, il fut décidé à la majorité que le cas d’un individu signalé dangereux aux abords de la planète Saturne au secteur quatre serait à la charge de héros ayant pour mission de l’arrêter ou si nécessaire de le tuer.
Après le vote, Boukciran dépité franchit la porte du conseil pour sortir sans un mot. Il n’aimait pas cela, mais n’avait pas le choix d’obtempérer et d’accepter le choix des Doyens qui arrangeait sans nul doute l’intendant. À sa sortie, un garde demanda à Boukciran de prendre un siège et d’attendre dans le grand couloir car le Doyen Tig-eil voulait lui parler. Boukciran attendit donc et s'entretient avec Tig-eil qui lui dit :
– Pas un mot, écoutez-moi juste. Nous somme à l’écart de toutes écoutes, mais on ne sait jamais.
Boukciran acquiesça de la tête sans un mot.
– Bien, je suis navré pour Noulce, mais ce n’est pas du ressort des Travelers de s’occuper de cela. Néanmoins pour ce qui est de la créature, mieux vaut se préparer. Soyez prudent et rassemblez des fidèles. Le mal est partout, ne restez pas les bras croisés. Maintenant allez-vous reposer, demain sera un autre jour.
Boukciran salua le Doyen et rejoignit le local lui servant de chambre. Sur son lit, il repensa aux paroles du Doyen. Celui-ci avait été clair : personnes ne les aideraient, les Travelers seraient la cible du démon. Ils devaient être mieux entraînés en vue de défendre leur vie. Rien ne serait plus comme avant. Boukciran était un Traveler, il devait se battre, rassembler et préparer en secret des camarades volontaires prêts à mourir. Il s’endormit difficilement et dans ces rêves, il revit Noulce. Celui-ci lui conseilla d’aller quérir l’aide de trois personnes en particulier pour consolider et entraîner le groupe de Travelers prêt à combattre et de veiller ensuite sur l'orbe. Noulce le rassura aussi sur le fait que la base des Travelers ne serait pas le champ de bataille et qu’il réservait un comité d’accueil pour le démon. Les Travelers ne seraient donc pas seuls face à lui.
*
La moitié d’un cycle, soit un an terrien a passé depuis les événements découlant de la mission sur Saturne. Une centaine de Travelers volontaires avait été recrutée pour s’entraîner sous la surveillance de Boukciran, puis des trois héros qu’il était allé chercher dans le plus grand secret. Les volontaires triment et tentaient de donner le meilleur d’eux-mêmes encadrés par les trois héros qui les surveillent chacun à sa façon.
Neil alias Rebel, vingt-cinq ans, un mètre soixante-cinq, demi-terrien à la peau légèrement bronzée, peu musclé et aux cheveux bruns coupés courts ; habillé tout en noir d’un tee-shirt sans manche et d’un survêtement. Il était capable d'améliorer ses propres capacités et peut également ouvrir des portails mentalement. Il apprenait aux Travelers les gestes à effectuer pour frapper, esquiver et surtout tenter de survivre en leur disant :
– N’oubliez jamais qui est votre ennemi. Si vous l’épargnez assurez-vous de ne pas vous faire tuer en retour.
Frédo alias Flame Thrower, trente ans, un mètre soixante-dix, blanc d’apparence humaine, plus massif que Neil et aux cheveux blonds en pétard ; vêtu d’un blouson en cuir noir, d’un tee-shirt orange et d’un survêtement assorti à son haut. Il pouvait contrôler le feu. Il s’amusait à faire esquiver par surprise des jets de flammes aux Travelers, leur arquant :
– L‘ennemi ne fera pas de cadeau, pas de pitié pour les faibles.
Tikkey alias Millenium-wary, trente ans, un mètre quatre-vingts, humain-mutant bronzé, bien musclé et aux cheveux longs châtains, coiffé d'un casque jaune intégral. Tout son corps hormis ses bras était recouvert d'un costume jaune et noir. C'est un mutant temporel pouvant influer sur le cours du temps. Il pouvait l’altérer et voir l'avenir proche. Il restait dans un coin sur ses gardes pour pas qu’on les surprennent, mais ne s’empêchait pas de rappeler souvent aux Travelers :
– La vie est fragile et précieuse. Si vous n’êtes pas prêt à la défendre, à mourir ; vous n’avez rien à faire ici !
Les entraînements s'enchaînent en vue d’un combat à l’issue incertaine, mais dont Boukciran espérait la victoire des siens.
*
Cinq mois plus tard sur une planète lointaine de la constellation du chien, dans un monde à l’époque du Moyen-âge, au cœur d’une forêt ; un sauvageon se défoule sur un énorme rocher. C’est Agrim alias Animals Multi (AM), trente ans, d'un mètre soixante, brun, humain d’apparence bestiale, très massif. Il était vêtu d’un simple pantalon déchiré par endroits. Il apprenait à gérer son pouvoir assez complexe. En effet, il pouvait se transformer en diverses bêtes : canidés, félidés, mais aussi en dragon en cas de besoin.
À quelques mètres de là, perché dans un arbre, quelqu’un de ses yeux lupins observait en silence la scène. C’était Couraïge, environ trente-cinq ans, un mètre soixante-dix, loup anthropomorphe au pelage gris fauve. Il était juste habillé d’une armure bleue en fer et d’un pantalon déchiré. Contre celui-ci claquait à cause du vent, une lame courbe accrochée à sa taille par un ceinturon en peau de bête. Autrefois, Couraïge était un simple loup, mais un grand guerrier du nom de Guirou avait un jour donné sa vie pour que Couraïge vive. Et depuis l’esprit accompagne le loup. Celui-ci pouvait alors se transformer en guerrier loup et susciter du courage et de la détermination autour de lui simplement en hurlant.
Bien que Agrim soit un étranger, Couraïge tolérait cette présence dans la forêt car dans huit mois, tout au plus, ils devraient combattre côte à côte un démon destructeur de monde. Il le savait car son protecteur , un certain Éternatus, l’avait prévenu de se tenir prêts.
Agrim et Couraïge étaient liés du fait quE ternatus leur avait sauvé la vie et rendu plus forts, ce qui faisait d’eux des “frères”. Éternatus était un être enveloppé de mystère. Il se prétendait dieu du monde abritant les deux combattants.
Après quelques minutes d’observation, Couraïge descendit de son perchoir pour aller lui aussi s’entraîner. Pas un mot ne fut échangé entre eux, ils se côtoient en silence. Ils devaient se préparer en vue de défendre leur vie et tenter de sauver des mondes.

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