Et si ralentir était devenu un acte de rébellion énormissime ?
La question de la lenteur est toujours posée avec malaise.
À peine évoquée on glisse vers des notions voisines : efficacité, retard, rentabilité.
Si je ralentis, aujourd’hui, je suis considéré comme un dissident.
Or la lenteur n’est pas un défaut, mais un choix de regard.
Elle permet de voir tout ce que la vitesse efface : les nuances, les hésitations, les erreurs fertiles.
À force d’optimiser chaque geste, on finit par ne plus savoir pourquoi on vit.
Je ne crois pas que ralentir c'est renoncer à être un ambitieux... En revanche, c’est refuser que l'on nous dicte notre façon de vivre.
Prendre son temps, c’est reprendre en main sa vie.
Certains diront que le monde n’attend pas. C’est parfaitement vrai.
Mais faut-il toujours courir pour mériter d’exister ? Je réponds à cela :
Fichtre, la lenteur ne m’empêche pas d’avancer ; elle m'oblige simplement à choisir ma direction.
Alors pourquoi ne pas assumer un pas plus lent ?
Quitte à arriver après les autres — non pas en retard, mais ailleurs.

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