Une voix dans l'abysse
Ma plainte ? Elle est derrière mon cœur brisé,
Ma quête ? C’est un miroir fissuré.
Certes, mais un reflet de ceux muets,
Et pour certains, qui se voyaient.
Si mes ruines font bouger,
Ou poussent à penser,
Que nul ne peut réparer
Une vie maltraitée.
Peut-on voir pousser des fleurs,
Renaître de ses erreurs,
Des fleurs et des couleurs,
Dans l’abysse et la terreur ?
Ni ange ni roi, je porte une voix,
Pour certains, ça se voit,
Et ils repensent à leurs droits,
Comme le corbeau de l’autre fois.
Ma lucidité fait-elle peur ?
C’est qu’elles voient l’image de leurs erreurs.
Peut-être qu’il n’est pas encore l’heure,
Et qu’elles peuvent encore sauver le mineur.
A-t-on pensé un jour
Qu’un être dépourvu d’amour
Est une proie chaque jour,
Guetté par les vautours ?
Leurs besoins de chair
Rendent l’amour plus amer,
Un chantage doux paraît sincère,
Qui cache un autre pervers.
Un trio de malheur :
- On perd très tôt sa sœur.
- Oublié toujours par sa mère.
- Guidé par un ami pervers.
Pris entre deux cœurs,
L’un prépare un plat en couleurs,
L’autre savoure en lenteur,
Peu importe la douleur.
Mon souffle est une guerre,
Pour les étoiles éparpillées par terre,
Qui brillent, peu soit leur lumière,
Mais vivent parmi…
Je leur ai donné une voix, une image,
Laissées au bord du naufrage,
Sans salut ni hommage,
Seules devant le rivage.
Tu crois être perdu,
Et trop entendu,
Des plaintes suspendues
Que personne n’a crues.
Je continue ma plainte alors,
Pointant celle qui dévore
Les âmes sans remords.
Ni roi, ni ange : je suis le croque-mort.

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