Le lion muet
Les ténèbres au fond du couloir,
Refusent elles-mêmes de me voir.
Pris entre deux espoirs,
L'un ou l'autre, qui est le plus noir ?
Parfois le temps s'arrête net,
Sur le passé qui guette,
Si j'ai oublié ma dette.
Être brisé, toujours en miettes.
Tu vois ce lion blessé,
Qui n'a pas le souffle pour respirer,
Mais il reste toujours dressé,
Sa douleur sous son cri cachée.
J'étais ce lion au passé,
Mais les coups qu'ils m'ont infligés,
Brisent même le plus brave des guerriers.
Une armure vide, malgré le corps qui l'habitait.
On me reproche le silence,
Comme si c'était un choix, une sentence.
On veut m'entendre supplier,
Hurler en demandant clémence.
Le lion qui perd sa guerre,
Se retire et ne demande guère,
Le pardon d'un mercenaire,
Il défend sa grande terre.
La nature regarde inquiète,
Le tonnerre murmure sa défaite,
Il ne peut pas reproduire ma voix muette.
Le volcan a peur d'être petit devant ma silhouette.
J'essaie toujours de me convaincre,
Que c'est de moi que la lave ruisselle,
Que je suis le danger mortel,
Qu'ils ont raison, je suis cruel.
En fait, ils n'ont pas tort,
D'avoir peur de moi.
As-tu vu un fabricant de bombes,
Riant en la portant plus loin ?
Cette catastrophe qu'ils fabriquent avec soin,
Ils savent bien que c'est de leurs mains,
Qu'ils choisissent leurs destins,
Sans voir hier, ils accusent demain.

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