Le chat des villes
Tout le long de la journée, il cherche un carré de soleil sur lequel s'allonger, étendant indolemment ses pattes d'un côté et de l'autre.
Quand il dévale flâneusement la ruelle, les rayons se reflètent dans ses yeux vairons et son pelage crème étincelle. Le ventre vide, il se pavane comme un roi, et tout d'un coup toute la ville est à lui.
Comme un chat de palaces il traîne nonchalamment, joignant le port du chat persan au mystère de l'angora turc.
Son oeil vert est intransigeant et fixe. Son regard bleu semble au contraire perdu, pénétré par des fêlures, comme traversé de mélancolie.
Les rats de la villes sont nés avec cette fébrilité, cette vigilance nerveuse qui les faisait détaler à la moindre ombre, pourtant ils le voyaient passer sans même les regarder depuis si longtemps qu'ils avaient appris à ne plus le craindre. Il ne chassait pas, il se levait tard et passait l'après-midi à se promener indolemment.
Après que sa patte ait été blessée, il a continué à arpenter la ville avec une démarche plus lente. Il avait l'air bohème et rien ne semblait le troubler.

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