ANNEXE
Les saisons passèrent, l’histoire devint un mythe puis une légende et finalement, le Claque-Langue fut oublié du monde au même titre que les femmes et les hommes qui s’étaient dressés contre lui.
La troupe ne se revit qu’une fois, lors d’une occasion spéciale. Une occasion qu’aucun n’aurait pu louper. Goanag était devenue une jeune femme instruite et avait pris la suite de Gwelladen en tant que guérisseuse. Elle se maria à un marchand itinérant de son âge, qui après avoir rencontré la jeune femme troqua ses vagabondages pour une vie sédentaire. Veñ, que les outrages du temps avaient rattrapé, la conduisit jusqu’à l’autel de son pas claudiquant.
L’union fut célébrée lors de la fête de l’Hañv et Grignous n’eut pas besoin que Gwelladen lui dise de laisser Daspren tranquille. En effet, la famille s’était agrandie et Grignous était maintenant grand-père, abandonnant ses vieilles rancœurs au passé.
La troupe savait. Ils ne s’en étaient pas parlé, ce ne sont pas des choses que l’on se dit, mais ils savaient dans leur cœur que c’était la dernière fois qu’ils se verraient, chacun devant continuer sa vie et chérir les souvenirs de leur vie commune. Après l’ouverture du bal, ils s’étaient éloignés du reste de la noce afin de rester tous les six à contempler la pleine lune qui bénissait de sa lumière cette fête somptueuse.
Dans une dernière étreinte, Divouezh, Daspren et Kilhourz s’éclipsèrent les premiers pour rentrer à l’ancienne cité d’Aberzh où Daspren veilla sur les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants de Divouezh, jusqu’à ce qu’il s’endorme paisiblement dans son sommeil.
Loár et Héol rentrèrent à Neventi berçant les nouvelles générations de leurs aventures et quand le temps et l’époque ne furent plus à la magie, toutes les cités Elfes du pays se dissimulèrent aux yeux du monde en attendant des jours meilleurs.
Veñ s’éteignit une année après le mariage de Goanag. Il fut enterré sous le grand chêne au bout de la falaise afin qu’il puisse contempler la mer durant son sommeil éternel. Il n’eut pas le plaisir de connaître l’enfant de sa fille adoptive, qui fut prénommée… Lilys.

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