CHAPITRE 6 : Sous l’Oeil d’Aliénore
Alors que Riwalo feuilletait des grimoires dans la bibliothèque, Fripon, lui, s'entraînait durement dans la cour du domaine.
Le soleil frappait la pierre claire, et l’air était lourd, presque étouffant.
Fripon : – dégoulinant de sueur – Quel supplice… j’en peux plus ! Je déteste vraiment cet entraînement, il est long, horriblement dur et… JE MEURS DE FAIMMMMMMM !
Ses bras tremblaient, ses jambes brûlaient, et sa respiration était devenue saccadée. Il finit par s’effondrer sur le sol, les bras en croix, le regard perdu vers le ciel, attendant que le temps passe… ou qu’un miracle se produise.
Fripon : Sérieusement, à ce train-là, je vais finir par me prendre raclée sur raclée par père… C’est inconcevable !
Il ferma les yeux un instant, inspira profondément, puis grinça des dents.
Malgré la fatigue, malgré la douleur qui lui tirait les muscles, il se redressa et reprit ses exercices, les mouvements moins précis, mais la volonté bien présente.
À quelques mètres de là, derrière une fenêtre donnant sur la cour, Aliénore observait la scène en silence.
Ses yeux suivaient chacun des mouvements de Fripon, analysant sa posture approximative, sa respiration irrégulière, mais surtout sa détermination.
Aliénore : (Il n’a rien d’exceptionnel… ni force hors norme, ni talent apparent.)
(Mais il n’abandonne pas. Même épuisé.)
Pendant ce temps, à l’opposé du domaine, Riwalo tournait lentement les pages d’un très vieux livre.
Une fine couche de poussière flottait dans l’air à chaque mouvement, tandis que l’odeur du papier ancien emplissait la bibliothèque.
Ce vieux grimoire concernait la magie. Fripon lui avait demandé de faire des recherches sur le sujet.
Riwalo : C’est à moitié intéressant et à moitié barbant… Il y a bien quelques informations, comme le fait que la magie nécessite de concentrer son mana dans la main afin de former un cercle runique correspondant au sort que l’on souhaite employer.
Mais le reste, ce sont surtout des théories foireuses, sans le moindre argument sur l’origine de la magie, ni sur la raison d’être de ces cercles de runes…
Riwalo soupira en continuant de feuilleter ce vieux grimoire.
Il avait beau lire ce livre en long, en large et en travers, il n’y trouvait aucune véritable documentation permettant d’apprendre des sorts ou de maîtriser son mana.
Riwalo : – frappant du poing sur le bureau – Ça m’énerve ! Je n'apprends plus rien ! Que ce soit ce grimoire ou les autres bouquins, je ne progresse plus… On dirait que les livres présents dans cette bibliothèque ont été méticuleusement choisis pour ne donner qu’une certaine partie des informations…
Riwalo, d’un calme habituel, était frustré. Il se leva et déambula dans les rayons en quête de nouveaux livres. Mais quelque chose attira son attention…
Riwalo : – examinant une des étagères – (C’est étrange… Il manque des livres ici, mais il n’y a pas d’accumulation de poussière sur la zone vide… En conclusion, des livres étaient ici jusqu’à très récemment. Et je suis bel et bien dans le rayon des livres sur la magie… C’est louche.)
Pendant que Riwalo cherchait tant bien que mal de nouveaux livres, Fripon souffrait toujours à suivre son entraînement.
Aliénore : (Je vais continuer de les observer à tour de rôle, un mage de la guilde à été prévenu il devrait arriver demain normalement.)
La journée poursuit son cours, les deux enfants continuèrent leur progression respective. Fripon faisant plus de pause que d’exercices et Riwalo passant plus de temps à chercher les bon livres qu’à les lire. Ce n’est que le lendemain en début d'après-midi qu’un homme fût accueilli à la grande porte du domaine. Les domestiques s’empressèrent alors d’aller chercher les enfants.
Hanna accompagna l’inviter jusqu’au salon où se trouvée Aliénore.
Aliénore : Oh, vous êtes déjà ici ! Bonjour - en s’inclinant -
??? : Tout de même gente dame, il me va de mon honneur, d’être à l'heure.
Aliénore : Je vous remercie d’avoir prie de vôtre temps pour venir, je suis Aliénore Charlorieux, et vous ?
??? : Je suis le grand, le merveilleux, Marius Darvot, dit le lumineux !
Aliénore se demanda qui était cet imbécile heureux, tout en conservant un masque de courtoisie. Elle échangea un regard rapide avec les domestiques, une question muette dans les yeux : “Qui est ce clown ?” À la réaction d’Aliénore , Hanna détourna le regard se retenant de laisser échapper un rire moqueur.
Aliénore : Très bien, Monsieur Darvot. Comme demandé dans la lettre, j’aimerai que vous fassiez passer le test d'aptitude magique à mes enfants.
Marius D. : Oui, j’ai bien lu la lettre, je suis donc venue à toute vitesse en charrette, vous honorez de ma divine présence.
Aliénore : (Olala le gros lourd…)
Gertrude toqua alors à la porte du salon de réception suivit des deux enfants.
Gertrude : Excusez mon interruption madame, je viens accompagnée des deux jeunes maîtres.
Aliénore : Parfait ! Merci beaucoup Gertrude. Fripon, Riwalo, entrez et saluez convenablement notre invité.
Les deux enfants entrèrent et s’inclinèrent distinctement devant Marius, se présentant à tour de rôle. Suite au présentation, nos deux protagonistes s'installèrent auprès de leur mère sur le canapé en cuir bleu marine.
Marius D. : Excusez mon manque de manière gente dame. Mais ne me dites pas que je dois faire passer le test à ces blancs becs tout juste sortis du berceau.
Riwalo : (Pourquoi le premier mage que je rencontre est un attardé pareil ? J’ai déjà envie de le crever…)
Fripon : (Je reconnais ce type de personnage, c’est le pnj qui meurt toujours en premier ça ! Par contre ça veut dire quoi blanc bec…)
Aliénore : - posant brusquement sa tasse sur la table basse en chêne massif. - Dites moi si j’ai des problèmes d’audition… Mais il me semble vous avoir entendu insulter mes très chers enfants à l’instant.
Bien qu’Aliénore affichait un grand sourire, nos protagonistes pouvaient clairement sentir l’aura meurtrière qui émanait de leur mère.
Fripon et Riwalo : - une goutte de sueur froide perlait sur leur joue - (Pauvre homme… Paix à son âme…)
Marius D. : - bégayant en essayant de garder la face - Je..je..je ne les ai point insulté, je les ai jugés, il y a nuance gente dame.
Aliénore : Bien, pouvez-vous commencer le test. Nous n'avons pas toute la journée à vous consacrer.
Aliénore sachant comment se passe le test, les guida dans une grande pièce sombre du domaine. Cette pièce était entièrement en roche grise, l’odeur omniprésente de l’humidité l’embaumait et comme seule source de lumière de petite meurtrière sur le haut des murs.
Aliénore : Ici vous conviendra-t-il, Marius ?
Marius D. : Oui, cette pièce conviendra à ma personne et à mon divin test, gente dame.
Fripon et Riwalo : -murmurant en le dévisageant- Gros lourd.
Marius prépara les lieux avec sérieux (pour une fois), il posa un sac de cuire usé au sol, et y sortit plusieurs objets servant a ce fameux “test” qu'il disposa en cercle sur le sol de pierre..
Un petit brasero remplie de braises rouges, un bloc de roche brute, un sceau d’eau, une tige métallique argentée, une plume blanche suspendue à un fil, un cristal blanc très lumineux et une sorte d’obsidienne noir foncé aspirant la lumière autour d’elle.
Riwalo : (sept catalyseurs élémentaires.. intéressant.)
Marius D. : Ces objets réagissent naturellement à vôtre mana selon votre affinité.
Aliénore : Expliquez comment la procédure fonctionne.
Marius D. : Chacun votre tour vous allez poser votre main, proche ou en contact du catalyseur. Ensuite imaginez un fluide qui circule de votre main vers l'objet. Si le catalyseur réagit vous avez trouvé votre affinité. Et si aucun ne réagit vous n'avez alors pas de prédisposition à la magie.
Riwalo : Votre ? On ne peut pas avoir plusieurs affinités ?
Aliénore : En soit c'est possible mais très rare, la majorité des mages n'en ont qu'une.
Fripon : Donc en gros.. si ça brûle, explose ou fait un truc chelou, c’est que ça marche ?
Marius D. : Comme quoi, tu es pas si débile le gamin.
Aliénore : Hum. - souriant innocemment -
Marius D. : - tressaille - ..Bien, le gamin.. hum, Fripon, tu peu commencer.

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