CHAPITRE 19 : Les aventuriers de Platine
Vahélor serra les dents avec nervosité.
Vahélor : Mais elle est passée où, cette idiote de gosse ?!
Aliénore : Vahélor, calme-toi. Je vais essayer de détecter son mana. Elle a peut-être juste pris peur.
Vahélor : Ne force pas trop, Ali, le combat t'a déjà bien fatiguée en mana.
Aliénore : Oui, ne t’inquiète pas.
Aliénore ferma les yeux à la recherche de la moindre trace de mana.
Aliénore : Trouvé ! Elle est partie par là.
Vahélor : Elle aurait réussi à escalader la falaise ? Bon, peu importe.
Vahélor se lança à la poursuite de la jeune Elemethia, toujours en portant Aliénore sur son dos.
Il escalada la falaise pendant dix bonnes minutes avant d’atteindre un petit plateau sur lequel se trouvait la fillette.
Vahélor : Alors tu étais là. Tu ne devrais pas te…
Aliénore : Vahélor, esquive !
Vahélor bondit instantanément sur la droite, évitant de justesse la balle d’air comprimé lancée par Elemethia.
Vahélor : Espèce de sale… Je peux savoir à quoi tu joues ?!
Elemethia Sardonovak : N’approchez pas ! Je vous remercie humblement de m’avoir sauvée des gobelins et de la wyverne… Mais je ne rentrerai point !
Aliénore : Allons… sois raisonnable, tu dois rentrer, tout le monde s’inquiète pour toi au palais.
Elemethia Sardonovak : M’en fiche ! Moi, je veux devenir une aventurière super forte comme vous ! Je ne veux pas être princesse !
Aliénore : Je comprends, princesse… Mais en faisant ça, vous vous mettez en danger, vous ne voudriez pas mourir avant d’être devenue super forte quand même ?
Elemethia Sardonovak : Je… -Elle hésita un instant avant de baisser les bras- Non… Je ne veux pas mourir avant… Mais au château, ils ne voudront pas que je devienne aventurière !
Aliénore : Alors faisons une promesse ! Si tu rentres au palais avec nous, en retour je t’apprendrai plein de trucs pour devenir super forte !
Les yeux d’Elemethia s’illuminèrent instantanément en entendant les paroles d’Aliénore.
Elemethia Sardonovak : Pour de vrai, de vrai ?
Aliénore : Oui, pour de vrai.
La jeune princesse réfléchit un instant avant d'acquiescer de la tête en signe d'approbation.
Elemethia Sardonovak : D’accord, mais… Je me suis fait mal en montant ici…
Aliénore : Ce n’est rien, Vahélor se fera un plaisir de te porter !
Vahélor : PARDON ?! Elle vient d’essayer de me buter et, en prime, je dois lui servir de cheval ?!
Aliénore : Arrête de faire le ronchon !
Vahélor soupira avant de laisser la petite fille lui grimper à son tour dessus. Il entama alors la descente jusqu’au village.
Vahélor : Sérieusement… Je me demande si je suis aventurier ou porteur.
Aliénore tira gentiment sur la joue de Vahélor en lui faisant un grand sourire.
Aliénore : N’oublie pas que ça s'appelle de la galanterie.
Vahélor : Je t’en ficherai, moi, de la galanterie…
Ils continuèrent ainsi le retour au village.
Une fois arrivés, Vahélor remonta sur son cheval tandis qu’Aliénore monta sur le sien avec la princesse.
Ils entamèrent donc le retour à la capitale qui prit trois jours entiers. Cela permit à Elemethia de découvrir le mode de vie des aventuriers, ce qui l’amusa beaucoup. Évidemment, elle était très proche d’Aliénore, par contre avec Vahélor… la relation était un peu plus tendue.
Ce n’est qu’une fois rentrés à Vardecia que leurs routes se séparèrent. La fillette fut raccompagnée au château par les gardes pendant que nos deux aventuriers retournèrent à l’auberge.
C’est deux jours plus tard qu’ils furent convoqués au palais pour clôturer officiellement leur mission.
Edmond Sardonovak : Vahélor et Aliénore. Pour avoir retrouvé et sauvé ma fille, et pour vous être fièrement battus contre une wyverne de roche, je vous accorde à tous deux le rang de Platine au sein des aventuriers. De plus, Vahélor, je vous nomme chef d’une nouvelle grande famille du pays !
Vahélor et Aliénore : Merci infiniment, Votre Majesté.
La porte de la salle du trône s'ouvrit en trombe et une fusée fonça à toute allure sur nos deux aventuriers.
Elemethia Sardonovak : Grande sœur Ali !
La jeune Elemethia se jeta dans les bras d’Aliénore, qui lui rendit son étreinte en lui caressant affectueusement le haut du crâne.
Aliénore : Et bonjour à toi, ma petite Ele.
Vahélor : ( Ali ?! Ele ?! Il m’a fallu cinq ans avant de pouvoir lui donner ce surnom ! Et en prime, elle ne m’en a jamais donné à moi ! Sale petite peste… voleuse… )
Après ces événements, Aliénore vint au palais trois fois par semaine pour passer du temps avec Elemethia et pour l'entraîner. Vahélor, quant à lui, continua de progresser et finit par atteindre le rang Saphir. Bien sûr, il ne s’arrêta pas de maudire dans ses pensées la princesse, jaloux de la proximité qu’elle avait avec Aliénore.
Cinq ans plus tard, Aliénore annonça la nouvelle à la petite Elemethia : elle allait se marier avec Vahélor et mettre fin à sa carrière d’aventurière, ce qui, par conséquent, la ferait devenir matriarche de la famille Charlorieux.
Mais ce n’est encore que deux ans après que les deux plus belles nouvelles du monde pour Elemethia tombèrent. Tout d’abord, son père prit sa retraite et elle fut donc nommée Reine de Sardon. Mais surtout, elle apprit que celle qu’elle considérait comme sa sœur était enceinte de jumeaux et qu’elle deviendrait donc leur marraine.
De retour dans le présent, Elemethia se tenait toujours près de la fenêtre. Le soleil avait complètement disparu quand elle reprit ses esprits et essuya une larme qui ne voulait pas couler.
Elemethia Sardonovak : En effet… Il n’y a rien de plus étrange que de voir le fils d’Aliénore fuir devant les gobelins qu’elle déteste tant… - dit elle un sourire nostalgique sur les lèvres -
Pendant que la reine se remettait de ses émotions, loin, très loin, dans un monde composé uniquement d’un ciel et de nuages à perte de vue, dans un énorme palais qui ressemblait à un temple romain, entouré de jardins luxuriants et reposant sur un immense nuage, on entendit un rire enfantin briser le silence, résonnant dans les couloirs.
Dieu : ILS ONT FUI ! ILS ONT FUI CONTRE UN SIMPLE HOBGOBELIN !!! - se roule de rire au sol -
Raphaël : Voyons, Votre Grandeur… ressaisissez-vous…
Dieu : Excuse-moi, Raphaël, mais je n’ai jamais autant ri de ma vie ! Les réincarner était la meilleure décision de ma vie !
Raphaël : En dehors de cela… Nos recherches sur Astranova n’ont toujours rien donné.
Un silence de marbre s’installa dans la grande salle du trône. Le sourire qu’il affichait s'effaça instantanément et c’est avec une voix grave, qui ne correspondait pas du tout à celle d’un enfant, qu’il répondit.
Dieu : Cela fait mille ans que je vous demande de retrouver cette salope. Alors comment cela peut-il être possible que vous n’y arriviez pas !
À ce simple haussement de voix, l’entièreté des vitres de la salle vola en éclats.
Raphaël : Je suis vraiment confuse, seigneur Aldébaran… Mais il semblerait qu’elle se cache drôlement bien de vous…
Aldébaran : Je m’en contrefous ! Si vous ne la retrouvez pas rapidement… Je considérerai que les dix séraphins sont des incapables. Et je me ferai un plaisir d’effacer vos existences ainsi que celle de la race des anges tout entière !
Raphaël, la commandante des neuf séraphins et la dixième séraphine s'inclinèrent plus bas que terre.
Raphaël : Nous allons faire au mieux, Votre Majesté.
Elle quitta la pièce en se téléportant.
Dieu, de son vrai nom Aldébaran, claqua des doigts, ce qui répara instantanément les fenêtres. Il alla ensuite s'asseoir sur son trône de cristal.
Aldébaran : Décidément, ces incapables ne savent rien faire. Si cette garce retrouve ses pouvoirs… me débarrasser d’elle risque d’être compliqué. Je dois absolument lui mettre la main dessus rapidement.
Il reprit alors son ton enfantin et un sourire se redessina sur son visage. Il fit apparaître une boule de cristal dans sa main et regarda à travers pour y voir les jumeaux.
Aldébaran : Quant à vous deux… Continuez de me divertir. Comme on dit dans la cour d’un roi, il faut des soldats, des ministres, oui… Mais il faut aussi des bouffons pour le divertissement.
Un sourire maléfique se dessina sur son visage enfantin.
Aldébaran : Après tout, c’est mon droit, en tant que Dieu, de décider de votre misérable existence.
Un rire sombre résonna alors dans tout le palais… Non… Ce rire de pure malice résonnait à travers tout ce monde nuageux… Car après tout, la voix d’un Dieu résonne en toute chose et en tout lieu.

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