CHAPITRE 40 : Le Soir des Héritiers

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Après de longues minutes enlacés, les Charlorieux finirent par se séparer, encore secoués par l’intensité du combat. L’arène, elle, retrouvait peu à peu son calme. Les gradins se vidaient, et le soleil commençait déjà à descendre, teintant le ciel d’un orange profond.

Riwalo inspira lentement.

La douleur dans ses côtes s'était atténuée, mais la fatigue, elle, restait bien présente.

Fripon, toujours collé à lui, oscillait entre fierté, soulagement… et une inquiétude mal dissimulée.

Ils quittèrent les environs de l’arène ensemble, suivis de leurs parents.

Pour la première fois depuis le début du tournoi, une véritable pause leur était accordée.

Quelques heures pour souffler.

Quelques heures pour se remettre de leurs émotions.

Quelques heures avant que le destin ne les place, eux deux, face à face.

Fripon : Bon, on va manger ?!

Aliénore : Très bonne idée ! Vahélor payera.

Riwalo : J’approuve.

Vahélor : Pourquoi devrais-je payer ?!?!

Riwalo : Je suis infirme.

Aliénore : Je suis une femme.

Fripon : Euh… Je squatte ?

Vahélor soupira.

Vahélor : Bon d’accord, je paierai seulement pour Aliénore.

Fripon et Riwalo : Père indigne…

Vahélor : Je vous rappelle que ce soir l’un de vous deux va gagner 200 pièces d’or ?

Riwalo : Oui… Sauf que Fripon a fait sauter l'auberge.

Fripon : C’est la faute de Riwalo, et puis c'était seulement la chambre, pas l’auberge, il y a nuance.

Aliénore : Vous êtes des cas désespérés.

Fripon et Riwalo : C’est sa faute ! (Puis telle mère, tel fils.)

La famille continua de parler de tout et de rien et arriva enfin au restaurant.

Le bâtiment, coincé entre deux grandes maisons de pierre, dégageait une odeur irrésistible de viande grillée et d’épices. À l'intérieur, l’ambiance était chaleureuse, des lanternes suspendues diffusaient une lumière dorée, les tables en bois massif vibraient sous les conversations animées, et des serveurs couraient dans tous les sens, les bras chargés d’assiettes fumantes. Les Charlorieux s’installèrent dans un coin un peu à l’écart, près d’une fenêtre donnant sur la rue.

Riwalo s’affala sur sa chaise comme si son âme quittait son corps, tandis que Fripon, lui, observait la carte avec la même intensité qu’un stratège préparant une guerre. Aliénore savourait enfin un moment de calme, et Vahélor, résigné, regardait déjà sa bourse comme si elle agonisait.

Les plats arrivèrent rapidement : viandes juteuses, légumes rôtis, sauces épaisses, pain encore chaud… un véritable festin. Pendant un instant, tout sembla simple. Pas de tournoi. Pas de magie. Pas de menaces impériales. Juste une famille bruyante, affamée, et étrangement heureuse.

Lorsque le soleil disparut complètement derrière les toits, l’heure du repas toucha à sa fin. Les rues s’étaient refroidies, et une brise légère annonçait la tombée de la nuit. Les Charlorieux quittèrent le restaurant, repus, reposés… et silencieux.

Ils prirent la route du retour. La ville était sombre et aucun passant ne l’animait. Ils arrivèrent à l'arène et ici presque toute la capitale était réunie, le combat entre les deux frères était pour la ville étoile la chose la plus importante à voir.

Aliénore : Bon, il est temps. Riwalo, prends cette fiole, il s’agit d’une potion de restauration de mana, tu en as besoin.

Riwalo : Oui, merci ! - buvant la fiole directement -

Vahélor : Mes garçons, ce combat n’est pas une guerre, ne vous entretuez pas, prenez du plaisir, dans tous les cas vous vivez ensemble alors la récompense n’est pas le plus important !

Fripon et Riwalo : On le savait…

Ils entrèrent dans la salle de préparation en abandonnant leurs parents.

L’arène, illuminée par des dizaines de cristaux magiques, semblait encore plus immense que d’habitude. Les gradins débordaient de monde, les spectateurs trépignaient d’impatience, et l’air vibrait d’une tension presque électrique.

Le mage-arbitre, posté au centre, leva son micro enchanté.

Mage-Arbitre : MESDAMES ET MESSIEURS… LE MOMENT QUE VOUS ATTENDIEZ TOUS… EST ARRIVÉ ! CE SOIR, LES DEUX FRÈRES CHARLORIEUX S’AFFRONTENT EN FINALE !

Un rugissement de la foule secoua l’arène.

Mage-Arbitre : J’appelle à me rejoindre, Fripon Charlorieux !

Fripon sortit des loges d’un pas énergique, un sourire carnassier aux lèvres. Il avança dans l'arène en saluant une foule invisible, avant de se rendre compte que la foule, elle, était bien réelle… et hurlait son nom à pleins poumons. Il leva les bras, fier comme un coq, et accéléra le pas jusqu’au centre du terrain.

La lumière des cristaux magiques se reflétait sur son aura rouge bordeaux, qui vibrait déjà d’excitation.

Il se plaça à sa position, gonfla la poitrine, et fit craquer sa nuque comme s’il s'apprêtait à détruire une montagne. (Enfin, il pense pouvoir le faire…)

Mage-Arbitre : Et maintenant… veuillez accueillir son adversaire… Riwalo Charlorieux !

Le rugissement de la foule redoubla d’intensité.

Riwalo sortit à son tour, mais contrairement à Fripon, il marchait d’un pas lent, calme, presque nonchalant. Les mains dans les poches, les yeux mi-clos, il avançait comme si tout cela n’était qu’une formalité administrative. Pourtant, chaque pas qu’il faisait semblait secouer l’air autour de lui. Son aura bleutée, discrète mais dense, ondulait comme un cours d’eau.

Il rejoignit Fripon au centre de l’arène.

Les deux frères se retrouvèrent face à face, à quelques mètres l’un de l’autre.

La foule se tut d’un coup. Un silence lourd, presque sacré, s’abattit sur l’arène.

Fripon sourit, un sourire large, impatient, brûlant d’envie d’en découdre.

Riwalo, lui, ouvrit légèrement les yeux.

Juste assez pour laisser apparaître une lueur glaciale, concentrée, sérieuse.

Pour la première fois depuis le début du combat, les deux frères se regardaient comme deux adversaires.

Mage-Arbitre : Finalistes… Saluez-vous !

Fripon leva la main, enthousiaste.

Riwalo leva la sienne, sans énergie apparente.

Les deux mains se rencontrèrent dans un claquement sec.

Un souffle de mana explosa entre eux, soulevant un léger nuage de poussière.

La foule retint son souffle.

Mage-Arbitre : QUE LE COMBAT… COMMENCE !

Un claquement sec résonna dans l’arène, suivi d’un souffle.

Fripon disparut.

Littéralement.

Un éclair rouge bordeaux traversa le sable, soulevant une traînée de poussière derrière lui. Riwalo n’eut même pas le temps de cligner des yeux qu’un poing enflammé lui explosa dans la mâchoire. Il eut juste le temps de placer de l’eau devant son visage pour encaisser les flammes.

Le choc le projeta en arrière, ses pieds labourant le sol avant qu’il ne parvienne à se stabiliser.

Riwalo : (Hein ?)

Fripon ne lui laissa aucun répit. Déjà sur lui, prêt à frapper.

Fripon : T’es trop lent Riwa !!

Un deuxième coup, dans les côtes cette fois.

Puis un troisième dans l’estomac.

Puis un quatrième, un cinquième, un sixième–

Riwalo ne faisait que parer, il ne pouvait rien faire d’autre de toute manière.

Une pluie de coups, un déluge, un orage rouge qui s’abattait sur Riwalo sans qu’il puisse reprendre son souffle.

Chaque impact résonnait comme un tambour de guerre.

Chaque explosion de mana faisait trembler le sol de l’arène. Chaque frappe soulevait un nuage de poussière.

La foule hurlait.

Riwalo tenta de lever un bras pour bloquer, mais Fripon attrapa son poignet et le tordit dans un mouvement sec, le forçant à se pencher.

Fripon : TU BLOQUES PAS ! TU PRENDS !!

Il lui écrasa le genou dans le torse.

Riwalo fut projeté en arrière, roulant sur plusieurs mètres avant de s’arrêter dans un nuage de sable, la bouche en sang, le visage légèrement défiguré, la vision trouble et le souffle court.

Riwalo : (... Il… tape vraiment fort aujourd’hui.) Hydromancie Érudite : Eau répa–

Fripon le frappa avant même qu’il finisse son sort, lui faisant cracher une giclée de sang, le projetant en arrière, à terre. Il tenta de se relever, mais Fripon était déjà au-dessus de lui.

Fripon : PYROMANCIE ROYALE : POING—

Riwalo : (Fait chier…)

Fripon : —EXPLOSIF !

Le poing enveloppé de mana rouge bordeaux s’abattit comme une météorite.

Une explosion retentit, soulevant un panache de fumée qui fit trembler les gradins.

Le sol se creusa sous l’impact, formant un cratère autour de Riwalo qui fut propulsé à 20 mètres de Fripon, contre le mur de l’arène.

Son corps retombant inerte sur le sol.

Fripon : - haletant - Et merde…

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