CHAPITRE 48 : Quand la cloche sonne à Revery

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Les deux jumeaux se retrouvèrent devant la salle de classe après avoir entendu la cloche retentir. La classe se trouvait au rez‑de‑chaussée du château, là où les première et deuxième années avaient cours.

Fripon inspira profondément.

Fripon : Bon… C’est parti.

Ils poussèrent la porte.

La salle était spacieuse, bien plus grande que ce qu’ils imaginaient. Il s’agissait d’un amphithéâtre circulaire, dont les gradins descendaient en demi‑cercle vers une estrade en bois sombre. De larges fenêtres laissaient entrer la lumière du soleil, mais celle‑ci était adoucie par un enchantement : un voile magique flottait devant les vitres, diffusant une lueur blanche et stable, parfaite pour étudier.

Les murs étaient recouverts de tableaux affichant des schémas de cercles runiques, de formules, de silhouettes en posture de combat et aussi des constellations.

Certains dessins s’animaient lentement, comme s’ils respiraient. D’autres changeaient de couleur selon l’affinité magique qu’ils représentaient.

Au plafond, plusieurs sphères lumineuses flottaient en silence, se déplaçant lentement comme des lucioles géantes.

Les bureaux, eux, étaient disposés en arc de cercle.

Chaque place était équipée d’un pupitre en bois clair, d’un encrier intégré et d’un petit cristal transparent servant à canaliser le mana lors des exercices pratiques.

Les sièges semblaient confortables, mais un enchantement subtil empêchait quiconque de s’y affaler.

Quelques élèves étaient déjà installés. Certains discutaient, d’autres lisaient, d’autres encore observaient les nouveaux venus avec une curiosité à peine dissimulée.

Un murmure parcourut la salle.

– C’est eux ?

– Les nouveaux de deuxième année ?

– Ceux qui ont sauté la première année ?

– Le gars aux cheveux d’argent a l’air normal…

– Et l’autre ? Pourquoi il reste debout ?

Fripon sentit ses joues chauffer.

Fripon : (Super… J’adore être le centre de l’attention…)

Yuri, lui, resta impassible, comme si les regards glissaient sur lui. (Même s’il mourait de gêne intérieurement.)

Ils allèrent s’installer à leurs places attitrées pendant que le reste des élèves arrivait dans la salle. Fripon s’assit au centre du demi‑cercle, Yuri juste derrière lui, debout.

La porte claqua soudainement.

Un silence immédiat tomba sur la classe.

Un homme entra, grand, mince, vêtu de l’uniforme de Revery à deux détails près. Le premier étant une longue cape noire ornée de deux épaulettes couleur or. Le deuxième était qu’au lieu d’avoir des barres brodées, il s’agissait d’une étoile et d’un cercle reliant les quatre branches de cette dernière.

Ses cheveux bruns légèrement en bataille, sa peau azalée et ses yeux noisette en faisaient un homme séduisant dans la trentaine.

Il monta sur l’estrade sans un mot, posa un livre épais sur le bureau, puis se tourna vers les élèves.

??? : Bien ! Je vois que tout le monde est là.

Sa voix était calme, mais portait une autorité naturelle.

Il balaya la salle du regard, comme s’il évaluait chaque élève en un instant.

??? : Je suis le professeur Adriann Vael. Responsable de votre classe pour cette deuxième année.

Il posa une main sur son bureau.

Professeur Vael : Avant de commencer le cours, nous allons procéder aux présentations. Et… Il semblerait que nous ayons deux nouveaux visages parmi nous.

Il tourna lentement la tête vers Fripon. Puis vers Yuri. Puis de nouveau vers Fripon, comme s’il comparait quelque chose.

Professeur Vael : Vous. Debout.

Fripon sursauta.

Fripon : Hein ? Ah– oui, oui !

Il se leva d’un bond, manquant de renverser son pupitre.

Quelques rires étouffés se firent entendre.

Yuri, lui, se redressa simplement, mains derrière le dos, posture impeccable.

Le professeur croisa les bras.

Professeur Vael : Commençons par toi, jeune homme aux cheveux blancs. Nom, prénom, affinité, et… tout ce que tu juges utile pour que tes camarades sachent à qui ils ont affaire.

Fripon sentit son cœur s’emballer.

Fripon : Euh… Bon… Bonjour ! Je m’appelle Fripon Charlorieux, j’ai douze ans, et… Je suis… Euh… Nouveau.

Yuri : (Dites‑moi que c’est un cauchemar…)

Un silence.

Puis un élève au fond lâcha un petit rire nerveux.

Professeur Vael : Votre affinité, Charlorieux.

Fripon : Ah ! OUI ! Affinité… euh… Lumière, EUH NON !! Le feu et la terre ! Je crois…

Un nouveau murmure parcourut la classe.

– Deux affinités !

– À son âge ?

– C’est rare…

– Autant que la vice‑présidente ?

Le professeur hocha la tête, comme s’il notait mentalement quelque chose.

Puis posa son regard sur Yuri.

Professeur Vael : À ton tour de te présenter.

Yuri : (Oh pitié… Achevez‑moi…)

Yuri s’inclina légèrement avant de se redresser.

Yuri : Je me nomme Yuri Mercury, je suis le majordome de maître Charlorieux. Mon affinité est l’eau. Mais on m’a aussi appris le combat à mains nues. Malgré les difficultés sociales de mon maître, j’espère que vous vous entendrez bien avec lui. Merci pour votre écoute.

Il finit sa phrase avec un doux sourire avant de se replacer droit comme un piquet derrière Fripon.

À peine mit‑il fin à son discours que de nouveaux murmures se firent entendre.

– Un domestique aussi doué ?

– C’est possible ?

– Pourquoi il parle comme ça ?

– Il a l’air plus sérieux que son maître…

– Il est plutôt mignon pour un majordome.

Yuri : (Oh l’enfer… Je veux m’enterrer quelque part…)

Le professeur ne broncha pas.

Professeur Vael : Très bien. Votre présence ici est assez inhabituelle, je suppose que vous le savez. Mais si Dame Rosethorn vous a placés en deuxième année, c’est qu’elle a ses raisons.

Mais encore une fois, des chuchotements se firent entendre, bien plus prononcés, sous le choc.

– Dame Rosethorn en personne ?

– Le dernier, c’était le président non ?

– Ils l’ont forcément payée !

– Dis pas de bêtises ! Elle ne se laisserait pas avoir.

– Ils doivent être forts…

– Comment un esclave peut être invité par la directrice ?!

Le professeur Vael claqua des doigts et les sphères lumineuses du plafond s’éteignirent.

La salle fut plongée dans une semi‑pénombre, éclairée seulement par les fenêtres.

Professeur Vael : Bien. Maintenant que tout le monde est calmé… Nous allons pouvoir commencer.

Yuri : (Mon instinct d’otaku me dit que c’est l’heure du test d’aptitude comme dans tout bon isekai qui se respecte !)

Fripon : (Oui… Mon instinct ne me trompe pas… Yuri a dû ressentir la même chose que moi. C’est l’heure du du‑du‑du‑duel !)

Le professeur descendit de l’estrade et fit un signe de la main.

Professeur Vael : Rangez vos affaires. Nous sortons.

Fripon blêmit et murmura à Yuri.

Fripon : Sortir ? Pourquoi sortir ? On est bien là non ? Pourquoi on ne peut pas faire un test NORMAL, assis, tranquille, sans mourir ?

Yuri posa une main sur son épaule.

Yuri : Si c’est un test de combat, je vous protégerai, jeune maître.

Fripon : C’est justement ça qui m’inquiète ! Tes protections sont… déprotectionneuses !

Yuri : Je protège très bien. Et arrêtez d’inventer des mots… Ça ne vous rend pas plus intelligent…

Professeur Vael : En file indienne, direction l’île du terrain d’entraînement… Euh… Le numéro trois, je crois. Mercury et Shreya, vous restez avec moi. Les domestiques ne se mélangent pas aux élèves. Heureusement, vous êtes seulement deux dans cette classe.

Yuri : (Bonjour la discrimination…) À vos ordres, Professeur.

Alizée Shreya : Oui… Oui, Monsieur…

Une jeune fille blonde, aux oreilles de loup et à la queue touffue, des yeux bleu ciel, habillée en soubrette, se positionna timidement à côté de Yuri.

Yuri : (Cette domestique… C’est celle de… Oh… Je dois garantir une bonne relation avec elle.) Enchanté, je me présente à nouveau, Yuri Mercury.

Alizée Shreya : Oh… Euh… Alizée Shreya… Enchantée, Monsieur Mercury…

Yuri : - un doux sourire aux lèvres - Inutile d’être honorifique. Nous avons le même statut social, alors tâchons de bien nous entendre.

Alizée : D’accord, Mons— Euh, je veux dire Yuri… (Il a l’air gentil…)

Les autres élèves se levèrent, certains excités, d’autres terrifiés.

Fripon se leva à son tour, le désespoir lui dégoulinant des yeux.

Ils traversèrent un long couloir, puis sortirent un peu plus loin en retournant au niveau de l’entrée principale, au sommet de l’arbre.

Professeur Vael : Bien, nous descendons jusqu’à cette île que vous voyez là‑bas. - pointant du doigt l’île -

Fripon : (Oh le marathon…)

Ils descendirent de l’arbre, puis traversèrent l’île principale, empruntant le pont de fleurs menant au terrain d’entraînement.

Professeur Vael : Nous allons au numéro trois.

Tout le monde suivit Vael. Ce n’est qu’une fois arrivés au terrain en question que la nature du test fut identifiée. La zone d’entraînement numéro 3 était un rectangle de sable, idéal pour des combats. Il y avait également une table avec la liste des élèves ainsi qu’une sphère de cristal.

Professeur Vael : Le test se divise en deux parties. La première : je vais évaluer votre quantité de mana. La deuxième sera constituée de combats amicaux pour jauger votre niveau de combat.

Yuri : (C’est ce que je craignais… La suppression de mana permet uniquement de dissimuler le mana… Pas de le rendre inexistant… Il n’y a absolument aucun moyen de trafiquer la première partie du test… Ça va malheureusement attirer l’attention… Mais je suppose que si on y passe, c’est que Sylthra a estimé que ça ne risquait rien.)

Professeur Vael : Bien, commençons cette évaluation.

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