CHAPITRE 52 : La Baleine-Lumière

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Ils quittèrent le bâtiment principal en riant, l’ambiance légère et agréable.

Léo marchait devant, visiblement impatient, presque électrique.

Léo : Allez, suivez-moi ! Vous allez adorer !

Charlotte : Léo… Tu pourrais au moins nous dire ce que c’est…

Léo : Non ! Ça ne serait plus une surprise sinon.

Fripon sourit.

Fripon : J’adore les surprises… sauf celles qui explosent.

Léo : Celle-là n’explose pas !

Il réfléchit une seconde.

Léo : Enfin… normalement.

Charlotte blêmit légèrement.

Ils traversèrent le grand hall, puis sortirent du bâtiment principal.

L’air marin les enveloppa aussitôt, frais et vivifiant.

Devant eux, les ponts en fleurs reliant les différentes îles de Revery s’étendaient comme des chemins de lumière.

Fripon : On dirait un tableau… C’est trop beau.

Charlotte : Revery est construite sur plusieurs îles flottantes… C’est pour ça que les ponts sont renforcés par du mana.

Fripon : Je veux vivre ici, c’est décidé.

Il regarda le vide sous le pont.

Fripon : Enfin… pas sur le pont.

Léo éclata de rire.

Ils traversèrent un pont plus étroit, celui-ci en bois, perdu loin de tout, et arrivèrent sur une île plus petite, plus sauvage.

Ici, les arbres étaient immenses, leurs feuilles d’un vert presque brillant.

Un sentier de pierre serpentait entre les racines, comme un chemin oublié.

Charlotte : Léo… Tu es sûr que c’est autorisé ?

Léo : Oui ! Je pense… Personne ne m’a jamais dit non.

Fripon : Logique imparable !

Ils s’enfoncèrent dans la végétation.

Le bruit de l’académie disparut peu à peu, remplacé par le chant des oiseaux et le souffle du vent.

Après quelques minutes de marche, Léo s’arrêta net.

Léo : On y est.

Fripon et Charlotte s’approchèrent… puis leurs yeux s’écarquillèrent.

La forêt s’ouvrait brusquement sur une falaise naturelle.

Et au-delà…

Un panorama immense.

La mer s’étendait à perte de vue en dessous d’eux, d’un bleu profond, parsemé de reflets argentés.

Les autres îles de Revery flottaient comme des joyaux suspendus, reliées par les ponts de fleurs.

Le soleil baignait tout le paysage d’une lumière dorée, presque irréelle.

C’était…

Magnifique.

Fripon : … Woa…w.

Il resta bouche bée.

Fripon : C’est… incroyable…

Charlotte posa une main sur sa bouche, émue.

Charlotte : Je… Je ne savais même pas que cet endroit existait…

Léo sourit, fier comme jamais.

Léo : C’est mon endroit préféré.

Il s’assit au bord de la falaise.

Léo : Et maintenant… c’est le nôtre.

Fripon s’assit à côté de lui, les jambes dans le vide.

Fripon : Je comprends pourquoi tu voulais pas nous le dire… Ça valait la surprise.

Charlotte s’assit à son tour, un peu plus prudemment.

Charlotte : C’est… apaisant.

Un silence doux s’installa.

Le vent soufflait doucement, portant avec lui l’odeur de la mer et de la forêt.

Pour la première fois depuis son arrivée…

Fripon put réellement se détendre.

Fripon : Et sinon, c’est quoi cette île ? Je pensais que toutes les îles ici avaient leur utilité, non ?

Léo s’allongea dans l’herbe, les mains derrière la tête.

Léo : De ce que j’ai pu comprendre, c’était censé être un parc de détente. Un endroit pour que les élèves se reposent entre deux cours. Mais je crois qu’ils ont abandonné l’idée. Les profs disaient que les élèves préfèrent rester dans les zones sûres.

Fripon : Zone sûre ?

Il regarda autour de lui.

Fripon : On dirait le lieu le plus paisible du monde.

Charlotte : C’est vrai que… c’est étonnant.

Elle observa les arbres, les fleurs, la lumière.

Charlotte : On dirait que la nature a… tout repris. Mais d’une belle façon.

Fripon inspira profondément.

L’air était pur et doux, le vent faisait onduler les feuilles comme une vague verte.

Fripon : Je comprends pas pourquoi personne ne vient ici…

Il sourit.

Fripon : Moi, je pourrais y rester des heures.

Léo : Pareil !

Il se redressa d’un coup.

Léo : Et attendez… c’est pas tout.

Charlotte : Comment ça… pas tout ?

Léo : - pointant du doigt l’horizon - Regardez bien, ça va commencer.

Fripon et Charlotte fixèrent la mer, un peu confus.

Pendant quelques secondes, rien ne se passa.

Puis…

Une vague de lumière traversa la mer.

Pas une lumière normale.

Une lueur douce, bleutée, qui se déplaçait comme un souffle vivant.

Elle fit scintiller toute la surface de l’eau, comme si des milliers de lucioles bleues s’étaient réveillées d’un coup.

Charlotte : Oh… C’est… magnifique.

Fripon : C’est quoi ça ?

Léo : La traversée de la Baleine-Lumière.

Fripon cligna des yeux, bouche entrouverte.

Fripon : La… quoi ?

Léo sourit, fier de l’effet dramatique.

Léo : La Baleine-Lumière. Une créature gigantesque faite entièrement de mana. Elle passe sous cette île une fois par jour.

Il pointa la mer du doigt.

Léo : Ce que vous voyez là… c’est son passage.

Charlotte resta figée, fascinée.

Charlotte : Une… baleine de mana… C’est tellement beau…

Une seconde vague lumineuse traversa l’eau, plus intense que la première.

Cette fois, la mer entière sembla vibrer, comme si quelque chose de colossal glissait juste en dessous de la surface.

Fripon sentit un frisson lui parcourir le dos.

Fripon : On dirait qu’elle… respire.

Léo : C’est exactement ça ! La légende dit qu’elle n’est pas vivante comme un animal normal… mais elle n’est pas non plus juste un phénomène magique. C’est un peu les deux.

Charlotte observa la mer, les mains serrées sur ses genoux.

Charlotte : Je n’ai jamais rien vu d’aussi… pur.

Fripon, lui, ne quittait plus l’horizon des yeux.

La lumière bleutée se déplaçait lentement, majestueusement, comme une silhouette immense sous l’eau.

Fripon : On peut la voir… vraiment ? Genre… sortir de l’eau ?

Léo secoua la tête.

Léo : Non. Personne ne l’a jamais vue entièrement. Mais certains disent qu’elle fait la taille d’une île.

Fripon resta bouche bée.

Fripon : Une île ?! C’est pas une baleine, c’est un continent !

Charlotte rit doucement, apaisée par l’ambiance.

Charlotte : Peut-être que… c’est mieux comme ça. Si elle est vraiment aussi grande… la voir en entier serait sûrement… effrayant.

Léo hocha la tête.

Léo : Ou incroyable.

Fripon se laissa tomber en arrière dans l’herbe.

Fripon : Je crois que c’est le plus bel endroit de Revery, et je suis content d’être venu avec vous.

Charlotte : Moi aussi.

Léo bomba le torse, fier de lui.

Léo : Normal ! Je suis un guide exceptionnel !

Fripon éclata de rire.

Léo et Charlotte rirent à leur tour.

La lumière bleutée finit par disparaître lentement, comme si la mer se rendormait.

Le vent se calma.

Le silence revint.

Ils reprirent la route pour l’académie, la journée n’étant pas finie.

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