Chapitre 4 : Soucis

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Soucis

Je sortis de la douche et enfilai un vêtement. Je ne portais qu'un simple boxer. Pieds nus, je me dirigeai vers mon lit où je m'y allongeais. Je regardais au passage le réveil qui affichait deux heures cinq du matin. Après être rentré chez moi, j'avais eu besoin de me changer les idées et j'avais ainsi passé trois heures à taper sur mon sac de boxe et à me défouler dans la salle de sport.

Suite à cette journée, je n'avais pas réussi à trouver le sommeil, mon esprit revenait sans cesse sur Anémone. Je n'avais rien pour occuper ma pensée, personne à qui parler, alors j'avais passé le début de la nuit à me rappeler chaque sourire de ma partenaire.

Je me sentais terriblement mal à l’aise suite à mon comportement chez elle. Si elle n'avait pas réagi, il est fort probable que je l'aurais ramenée chez moi afin de continuer notre baiser. Je me touchai doucement les lèvres, une seule fille y avait goûté et il s'agissait de mon ex-copine. Je m'étais promis de ne plus jamais les donner à une fille avant d'être certain de ses intentions.

La plupart, comme mon ex, ne me voulaient que pour ma beauté et mon argent (même si en réalité, j’aimais m’en vanter). Elles se fichaient royalement de mon intelligence (plus élevée que la moyenne) ou même de mes passions - le combat en était une - voilà pourquoi je ne pensais plus aux filles depuis deux ans déjà. Pourtant, en une journée, mon corps avait débordé d'envie pour celle-ci.

Mon cerveau pensait tellement à elle que je me demandais si elle aussi, pensait à moi en ce moment. On n'avait passé qu'une seule journée ensemble, alors pourquoi nos corps réagissaient-ils ainsi ? Pourquoi à chacun de ses sourires, j'avais eu envie de posséder ses lèvres ? Le pire était que j’avais laissé mon corps prendre le dessus, poussé par ce désir, il était devenu indomptable.

Anémone m’attirait grandement et je n’en comprenais pas la raison. Elle était belle, mais son visage pouvait tout aussi bien devenir celui d’une enfant capricieuse ou au contraire celui d’une femme indépendante et fière en l’espace de quelques secondes. En réalité, elle avait un très beau corps ; je ne pouvais que l’admettre. Néanmoins, j’avais déjà rencontré des femmes encore plus séduisantes qu’elle. Alors pourquoi est-ce que je la trouvais aussi ravissante ?

Cette petite folle possédait maintenant des pouvoirs et j'avais hâte de la voir évoluer. Je n'avais aucune idée de la prochaine fois que je la verrai, mais mon cœur battait déjà à toute allure rien que d'y penser.

Je me levai POUR aller me chercher à boire. J’avais besoin de penser à autre chose que cette attirance pour elle. Me dirigeant dans la cuisine, je pris un verre et de l'eau froide. Alors que je le portais à mes lèvres, quelque chose tambourina de toutes ses forces contre la porte. Les coups étaient brutaux et rapides. Je posai le verre. Méfiant, je me préparais à réagir a moindre danger Je m'approchai doucement de la porte, puis j'entendis une voix m'appeler. Je la reconnus immédiatement.

J'ouvris la porte, que j’avais fermée à clé, et vis Anémone, essoufflée, se tenir devant moi. Elle respirait difficilement et ses yeux semblaient affolés. Elle me poussa et entra dans la maison où elle se rua vers mon verre. Avant que je n'eus le temps de réagir, elle le vida d’une trait et se resservit plusieurs fois.

J'allumai la lumière. Anémone était vêtue d'un pyjama d'été : un petit short bleu assorti à un haut légèrement trop grand, me permettant d'avoir une jolie vue sur sa poitrine si je m'approchais. Sa bretelle étant tombée, je la remontais pendant qu'elle buvait à grandes gorgées. Quand elle eut enfinfini, elle s'empara de mes bras et me toisa du regard :

— Tu sais où est Stix ?!

Sa voix était cassée et haletante. Je secouai la tête, n'ayant aucune idée d'où se trouvait l'arbre. Elle se mit de nouveau dos à moi (une habitude aujourd'hui) et releva son haut de pyjama.

— Tu vois quoi ?! Me lança-t-elle, visiblement pressée et inquiète.

Je soulevai davantage son haut et vis deux bosses dans son dos. Entre ses deux omoplates, elles étaient là et semblaient bouger. Je les touchai et Anémone trembla. Ignorant - pour une fois - l'alchimie, je me concentrai sur son dos. Les bosses bougèrent sous ma main et je ne sus si je devais être dégoûté ou apeuré.

— Euh... Je dirais que tu as deux ailes de poulet dans le dos...

Elle rigola brièvement, infichue de résister à ma blague. Elle remit son haut correctement et se tourna vers moi.

— Sérieusement, ce n'est pas le moment de rire, je ne sais pas ce qui m'arrive...

Elle regardait autour d'elle, paniquée, cherchant désespérément l'arbre. Le visage encore rougi par l’effort, elle échappa ses inquiétudes à toute vitesse :

— J'ai fugué ! J'ai paniqué ! Si ma famille se rend compte de mon absence, ils vont se douter de quelque chose ! Je fais quoi ? Konrad, je fais quoi ? s’exprima-t-elle en prenant sa tête entre ses mains.

Elle marchait en rond dans la pièce, tout en profanant diverses choses incompréhensibles. Son expression m’informait très distinctement qu’elle avait réagi sans réfléchir, se laissant aller à la panique et à l’angoisse.

Je l'attrapai doucement par le bras pour tenter de la calmer. Je réalisai que cette dernière avait probablement pédalé jusqu’ici, seule, dans le noir total. Elle était totalement paniquée, essoufflée et ses yeux – jusque-là toujours souriants – exprimaient une grande peur. Ce changement soudain qui se déroulait en elle la terrifiait énormément. D’une voix douce et apaisante, je tentai de trouver une solution à notre problème :

— L'arbre communique en toutes circonstances avec les autres plantes ?

Elle réfléchit un moment, puis hocha la tête. Je l'amenai vers l'entrée, lui donnai une veste et en enfilai une moi aussi.

— Tu veux faire quoi ?

— On va dans la forêt, répondis-je en ouvrant la porte et en la poussant dehors.

Je pris la direction de la forêt près de chez moi. Il y avait un chemin que j'avais réalisé grâce à mes nombreux allers-retours quand j'étais petit. J'y avais même construit une cabane qui tenait toujours debout grâce à mes talents d’architecte et d’ingénieur. Du coin de l'œil, je vis Anémone s'arrêter. Je me tournai vers elle : ses yeux exprimaient une incompréhension totale.

— On va appeler l’arbre. Si les autres plantes sont connectées en permanence avec lui, elles lui communiqueront notre message et il finira par venir.

Elle ne réagissait toujours pas, alors je l'attrapai par la main et la traînai de force dans la forêt.

— Tu sais où tu vas ?

— Évidemment, je connais cette forêt par cœur, révélai-je en essayant de la rassurer.

Je lui souris, et elle me répondit par un sourire délicat. Elle me suivit, cette fois-ci, sans discuter. Ma main ne lâchait pas la sienne, et elle n'en avait d'ailleurs pas l'intention. Une fois au cœur de la forêt, je me mis à hurler, ce qui la fit sursauter. J'éclatai de rire, puis continuai de crier :

— STIX, ON A UN PROBLÈME !

Anémone m’observait, perplexe. Après avoir poussé plusieurs cris, on attendit silencieusement dans le noir. Sa main moite, due au stress, serrait fortement la mienne. Après plusieurs minutes, un craquement retentit. Je la tirai vers moi, craignant qu’un sanglier, attiré par mes hurlements, ne surgisse. Dans mon dos, Anémone regardait en direction du bruit. Il s'intensifia et elle recula, prête à fuir dans le sens opposé. Je la tirai de nouveau vers moi – elle n'était vraiment pas courageuse.

Soudain, le bruit ne fut plus qu'à quelques centimètres. Dans ce noir total, nous ne distinguions presque rien. Ce fut Anémone la plus intelligente : elle sortit un briquet de la poche de ma veste - ne me demandez pas pourquoi il était là - et me le tendit. J'allumai la flamme afin de distinguer la chose qui filait droit sur nous.

L'arbre sortit du noir et se précipita vers Anémone.

— Où est le problème ? demanda-t-il en plantant ses branches dans le corps froid d'Anémone, qui parut rassurée par sa présence.

Je fus plus rapide qu'elle et répondis donc à sa place :

— Elle a des ailes de poulet dans le dos.

Elle me jeta un regard quelque peu agacé, et je lui tirai la langue. Cela la détendit : elle me sourit, lasse face à mon comportement enfantin.

— Rentrons, fit l'arbre.

Toujours main dans la main, nous prîmes les chemin du retour. L’arbre resta sur l’épaule d’Anémone, tandis que, éclairé par les rares étoiles présentes dans le ciel, je nous guidai vers la maison. Elle me passa le briquet, que je gardai allumé tout le long. Il n’était pas question de se heurter à une branche sur la route (sans mauvais jeu de mot avec Stix).

— On est vraiment passé par là ? me demanda-t-elle en regardant les alentours.

— Certain. Pourquoi ?

— Non, rien. Je suis juste nulle en orientation.

— Alala...

Elle voulut m'asséner un coup de pied, mais je l’évitai facilement. Elle me fit finalement un doigt d'honneur, auquel je répondis par une tape derrière la tête.

— Ah oui, c'est vrai, se rappela-t-elle.

— Pas de comportement grossier avec moi, la sermonnai-je.

La maison réapparut, et nous y entrâmes sans plus attendre. L'arbre nous demanda de nous installer quelque part. Je l'amenai donc dans ma chambre, cette fois-ci rangée. Elle ne jeta même pas un coup d'œil, attendant impatiemment le verdict de l'arbre. Je retirai nos deux manteaux : il faisait bien assez chaud dans la maison.

Assis sur mon lit, elle lâcha finalement ma main, et je fus tenté de la récupérer. Finalement, je la laissai tranquille : elle devait être épuisée par cette journée, aussi bien mentalement que physiquement.

— Bien. Pas de panique. C'est simplement ton corps qui réagit au pouvoir, prononça enfin l'arbre.

— C'est quoi dans mon dos ? chercha à comprendre Anémone, inquiète.

— Des ailes, répondit l’arbre. Elles sont en train de pousser. Je pense qu'il faudra quelques jours pour qu'elles atteignent leur taille adulte.

— Comment on les enlève ? On peut les cacher ? continua-t-elle de demander.

Sa main droite arrachait la peau autour des ongles de sa main gauche. Je m'emparais de sa main afin qu'elle cesse cette torture. Elle me regarda sans sourire, puis plongea ses yeux dans ceux de l'arbre.

— Tu apprendras à les cacher, comme dans les films : tu pourras rétracter tes ailes. Seulement, tu dois attendre qu'elles aient fini leur croissance. Pour l’instant, c’est impossible.

— QUOI ?! Mais je dois rentrer ! Je ne peux pas rester comme ça ! Comment je vais faire ?! s'écria-t-elle d'effroi.

Sa jambe se mit à trembler, et je posai mon autre main sur celle-ci pour tenter de l'apaiser. Elle retira sa jambe, me fixa avec colère, avant de me réprimander :

— Bon, Konrad ! Merde à la fin ! Ce n'est pas le moment !

— Doucement. Je n'y suis pour rien, ne t'en prends pas à moi, répondis-je impassible face à son ébullition soudaine.

Elle dévia le regard, puis s'excusa.

— Le mieux serait que tu restes la semaine chez Konrad, continua l’arbre, toujours imperturbable. Le pouvoir réagit différemment selon l'individu, et le tien a préféré manifester sa présence par la croissance d'ailes. On va devoir trouver un mensonge pour que tu restes une semaine loin de tout contact humain.

— Je suis doué pour mentir, révélai-je. D'ailleurs, j’ai déjà une petite idée en tête.

Anémone me sourit, soulagée. Il y a deux minutes, elle était à deux doigts de me faire la peau, et voilà qu’à présent, j'étais devenu son sauveur.

J'étais vraiment heureux. Ses ailes ne pouvaient pas mieux tomber ! On allait devoir passer une semaine ensemble, ce qui nous laisserait donc largement le temps d'apprendre à nous connaître.

**Anémone**

— C'est quoi ton idée, Konrad ? me renseignai-je, impatiente.

Mon pouls battait à cent à l'heure, et toutes mes tentatives pour le calmer étaient inopérantes.

Je m'étais réveillée en plein milieu de la nuit à cause d'une douleur dans le dos. Sentant quelque chose me déranger, je m'étais levée pour analyser le problème dans mon miroir. Lorsque j'avais vu ces deux bosses, j'ai immédiatement réagi. Je m’étais précipitée dans le garage en chaussettes et avais pris mon vélo pour aller chez Konrad. Deux choses incroyables s’étaient produites : premièrement, je ne m’étais pas perdue ; deuxièmement j'avais pédalé extrêmement vite pendant quarante minutes.

Je ne sais pas si cela venait de l'adrénaline du moment, mais en tout cas, j'avais tenu le rythme. Du moins, si on oubliait les dix verres d’eau qui avaient suivi...

— Aujourd'hui, tu devais être avec une amie, n'est-ce pas ? Tu dis simplement que ton amie t'a invitée à dormir chez elle toute la semaine. Cela peut passer, notifia-t-il.

— Impossible ! Mes parents voudront sûrement des preuves et même me déposer chez elle ! spécifiai-je d’une traite, au bord du désespoir.

— Mets simplement ton amie dans le coup. Pas besoin qu'ils voient ses parents, ton amie suffira.

Je me levai irritée par tous ces évènements désastreux.

— Tu ne connais pas mes parents, toi, l'attaquai-je.

— Parce que tu as une meilleure idée ?!

Sa voix monta légèrement d'un ton, mais suffisamment pour me calmer. Je ne répondis pas, je n'avais aucune solution. J'étais piégée. Dès le premier jour, j'allais tout gâcher.

— Konrad a raison, s'interposa Stix. Je n'ai pas le droit de modifier la pensée des êtres humains, par contre, j'ai l'autorisation de l'influencer en cas d'urgence. Je pourrais faire en sorte que tes parents soient plus enclins à accepter.

— Et pour mon amie ? Je vais lui dire quoi ? continuai-je.

Konrad se leva à son tour, et son sourire effaça instantanément la colère en moi.

— Nous dirons simplement la vérité à ton amie. Tu lui dis qu'un ami à toi t'a fait rencontrer un garçon, et que vous vous entendez super bien. Ensuite, tu lui expliques également ton mensonge d'aujourd'hui : tu as prétendu passer la journée avec elle, alors qu’en réalité tu étais avec ce garçon. Finalement, il t'a invité à passer la semaine dans une maison de campagne. Tu lui demandes donc de mentir pour toi, car tu sais que tes parents refuseraient pour que tu y ailles.

« Vous vous entendez super bien », je m'étais arrêtée là dans sa longue explication. Le fait qu'il parlait de lui à la troisième personne m'avait légèrement déstabilisée. Je lui demandai donc de répéter son idée, et il éclata de rire avant de récapituler. Cette fois, tout me parut plus clair. Je ne pus qu’admirer son ingéniosité.

— Mais oui ! Ça devrait passer ! Tu es formidable ! Merci !

Je le serrai involontairement dans mes bras, submergée par l’excitation qui avait remplacé la peur. Je le sentis frissonner à ce contact soudain. Son odeur m'envahit immédiatement,et la chaleur de son corps me réconforta. Finalement, nous nous assîmes sur son lit, toujours enlacés. Ses bras s'enroulèrent autour de moi, et tout le stress que j'avais accumulé disparut précipitamment pour laisser place à l'habituelle atmosphère dans laquelle il m'invitait. Je fermai les yeux, appréciant ce moment de calme et de douceur. Sa tête se posa sur la mienne, tandis que sa main glissait doucement dans mon dos afin de m'apaiser davantage. Il était torse nu, et ma main, inconsciemment, suivit sa musculature, parcourant chaque recoin. Si l’air frais de l’extérieur m’avait légèrement frigorifié, j’étais maintenant presque en ébullition.

J'avais envie que ce moment ne s'arrête jamais, que le temps suspende sa course pour nous laisser nous enlacer encore plus longtemps. Nous restâmes ainsi plusieurs minutes, à respirer l'odeur apaisante de l'autre. Quand le moment vint de nous séparer, il nous fallut beaucoup de détermination.

À peine avais-je senti ses bras doucement me relâcher qu'une envie puissante m'y blottir à nouveau m'avait submergé. Il en valait de même pour lui, car ses mains agrippaient fermement le lit, comme pour résister à la tentation.

— Je dois rentrer avant qu'on ne remarque mon absence, prononçai-je doucement, à moitié endormie. Mes ailes ne se voient presque pas pour l'instant. Avec une veste, ça devrait passer, je pense...

Je manquai de m'endormir. En une fraction de seconde, cette accolade avait détendu chaque partie de mon corps.

— Je te raccompagne, décida Konrad. On prend ma moto.

Il attrapa nos vestes posées sur son bureau et me fit signe de le suivre tandis que j’enfilai le vêtement. Stix s'empressa de monter sur mon épaule. Je suivis mon partenaire, un sourire aux lèvres.

— Et pour mon vélo ? lui demandai-je une fois dehors.

— Je te le ramènerai. ¨Personne ne remarquera son absence.

Il disait vrai : cela faisait des années qu'on ne s’était pas préoccupé des vélos.

J'enfilai mon casque et montai sur sa moto. Sa présence m'apaisait, à tel point que je m'endormis sans le vouloir à plusieurs reprises sur le trajet. À chaque fois qu'il sentait ma prise se relâcher, il tapotait sur mes mains afin de me réveiller. Nous arrivâmes très vite chez moi. Je n’avais aucune idée de la vitesse à laquelle il roulait, mais il ne respectait clairement pas les limitations. Stix entra en premier dans la maison, vérifiant que toute la famille dormait profondément. Quelques secondes plus tard, il me fit signe de le suivre. Je me dirigeai vers le garage après avoir ôté mon manteau. Alors que je partais, j’entendis Konrad murmurer :

— À tout à l'heure, petite folle !

Sa moto redémarra et il disparut dans l’obscurité. Une pointe au cœur, je rentrai et partis me coucher. Je m'endormis rapidement, trop épuisée par cette journée chargée en émotions. Entre l’arrivée de Stix hier, ma rencontre avec Konrad, l’alchimie évidente entre nous, la révélation de ce pouvoir et toutes les informations données par Stix, je ne savais plus où donner de la tête !

Le lendemain, je mettais donc mon mensonge à exécution. Tout d'abord, je partis dans le jardin, là où personne ne risquait de m’entendre, pour appeler mon amie Noanne. Je lui racontais mon mensonge. Elle accepta volontiers de m'aider, ravie d’apprendre que j'avais « trouvé un copain ». Je lui promis de tout lui expliquer en détail une prochaine fois, car dans l'immédiat, je n'avais pas beaucoup de temps : le départ pour le voyage était prévu pour ce soir.

Ensuite, j'envoyai un message à Konrad – Stix avait ajouté son numéro – et l'informai que mon amie était partante.

Il ne restait donc plus qu'à convaincre mes parents.

J'allai voir ma mère et lui exposai ma demande. Je lui expliquai que le frère de Noanne ne partait plus en voyage avec eux suite à un imprévu, et qu'en conséquence, ils m'invitaient à les accompagner. Le départ était prévu en fin d’après-midi, je devais donc donner rapidement ma réponse. Ma mère eut beaucoup de mal à accepter. Heureusement, je m’approchai d’elle autant que possible durant notre discussion, la touchant parfois avec mon genou, ma main ou mon coude afin que Stix puisse se brancher à elle. Je lui précisai que je rentrerais mercredi prochain, soit dans huit jours. Finalement, elle accepta après de nombreuses questions et hésitations.

Soulagée, je partis au plus vite faire ma valise et envoyai un message à Noanne et à Konrad. Mes ailes continuaient de pousser, et je redoublais d’efforts pour les cacher. Je me tenais le plus possible de face et je cachais mon dos en le collant contre le mur.

Ma mère téléphona à mon père pour le prévenir de la situation. Il accepta, mais souhaita savoir s'il devait venir me chercher. Je les rassurais en leur informant que les parents de Noanne passeraient me prendre et me ramèneraient.

Grâce à Stix, lorsque Konrad vint me chercher, me parents ne sortirent même pas dehors pour venir saluer les « parents » de Noanne. Je leur mentis en leur disant qu'ils étaient pressés, car il fallait être au gîte avant la tombée de la nuit.

Je montai sur la moto, heureuse que le plan ait fonctionné. Nous nous empressâmes de partir, ma semaine promettait d’être longue : j'allais devoir rester enfermée chez Konrad en attendant que la croissance de mes ailes arrive à son terme.

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