Une porte sur les saisons
J’avais des pierres dans mon jardin
Des marbres veinés de suie où glissait la pluie
Des calcaires tendres et purs effrités par les hivers
J’étirais quelques herbes folles
À moitié perdues dans les ronces
J’avais une source cachée
Que nul n’a su tarir
Des galets arrondis glissants comme des anguilles
Et l’écume des mauvais jours
S’accrochant aux rives instables pour y mourir
J’avais des nuages espiègles
Des brumes chuchoteuses de sorts fantasques
Que les oiseaux fendaient de leurs becs voraces
Quand les vignes se teintaient d’or
Et que la cloche de l’école dansait au bout de sa corde
J’avais l’ivresse de découvrir
Et j’ai eu la chance inouïe d’avoir un Maître
Avec un cœur de guide et des mains pleines d’espace
Il a ouvert mes barrières
Et gravé les pierres, l’eau, la brume et le chant des oiseaux
Quand j’ouvre la porte sur hier
J’y trouve toujours un visage aux couleurs d’automne
Des marches usées et des démarches enjouées
Des pages de promesses à tenir
Et des fleurs incomprises qui me parlent des saisons

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