Chapitre 0

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Arc 0 : introduction

shiro — le damné

[ Cet arc 0 ne commence pas directement l'histoire. Il a seulement pour objectif de présenter brièvement les personnages principaux, quelques éléments du lore et de l'intrigue. ]


The prism prologue

L’histoire s’ouvre dans un monde silencieux et ravagé. Sous un eucalyptus tordu par le vent, deux êtres au visage millénaire tiennent dans leurs bras deux nourrissons.

— Sōzō, qu’allons-nous faire !? s’écrie la femme, la voix fêlée d’inquiétude.

— Hélas, Jinsei… j’ai peur qu’il n’y ait rien à faire.

Le couple enlace les enfants comme s’ils pouvaient les cacher à l’univers. Le ciel gronde sans bruit. Une lumière blanche et dévorante déchire l’horizon.

Et tout recommence

CHAPITRE 0 : SHIRO

An 216 du calendrier Kretis — (ville de Nthi ) 'jour 24'

Le premier élément visuel montre une enseigne : Axim boutiquier

À l'intérieur, la boutique d'Axim s’éveille lentement.
Quelques rais de lumière filtrent à travers les volets mal fermés.
Sur les étagères , des vieux café, les cartons mouillés, et un peu de savon bon marché.

Shiro est accoudé au comptoir, la tête posée sur son bras. Il ne dort pas, mais somnole.
Ses cheveux lui tombent sur les yeux. Il respire doucement.

Axim, en arrière-boutique, fait couler un café.
Il passe une main sur sa calvitie, attrape deux tasses, puis revient dans la pièce principale.

AXIM
(posant une tasse devant Shiro)
— Tiens. C’est pas bon, mais c’est chaud.

Shiro lève les yeux, cligne deux fois.
Il attrape la tasse sans parler, souffle dessus, puis boit une gorgée.

SHIRO
(voix rauque)
— c'était quoi ! J'ai rêvé !?

AXIM
(moqueur)
— J’vois ça. Ça fait deux semaines t'a pas dormis ! Ça va aller tu crois ?

dehors, des coups de klaxon au loin, suivis d'un bruit de balai sur le trottoir accompagné des voix troubles.

AXIM
(tranquille)
— Quand t’as fini ton café, prends le panier.
Va livrer chez madame Bolo, puis tu passes chez Malick pour le reste.

Shiro hoche la tête. Il regarde le fond de sa tasse.

— Elle va encore me parler de son chat.

— Tant mieux. Ça te fera de la compagnie.

Shiro sourit, à peine.

Il se lève, s’étire. Un craquement d’épaule, attrape le panier de pain.
La porte claque doucement derrière lui.

AXIM (pensif, le regardant partir) : j'espère qu'il me ramènera autre chose aujourd'hui appart des ennuis....

Shiro descend les marches de la boutique, panier au bras.
L’air du matin est tiède, humide.
Le ciel est gris clair.
Quelques passants traînent les pieds. Des vendeuses installent leurs étals.
Un gamin court en criant après un pneu.

SHIRO
— C'est toujours aussi crades.
Hum… y a pire comme réveil.

Il passe devant une fresque murale à moitié effacée : une grande figure peinte à la bombe, yeux vides, lèvres cousues.
Shiro s’arrête une seconde. Il fixe l’image.

Puis il continue. Il emprunte des raccourcis entre flaques qu’il évite, un chien qui aboie... La routine quoi.

Une fois chez Madame Bolo

Elle ouvre la porte avant même qu’il ne frappe.
Robe de nuit, bigoudis roses, sourire déjà fatigué.

MBOLO (rigolant)
— Mon Shiro ! T’as mis du temps aujourd’hui, j'ai cru que tu viendrais pas !

SHIRO
(sourire en coin)
— J’ai hésité. Mais j’me suis dit que votre chat me le pardonnerait pas.

Le félin surgit aussitôt. Un gros truc blanc aux yeux bizarres. Il grimpe dans le panier sans demander la permission.

MBOLO
(soupire)
— Ce monstre t’aime plus que moi. Tiens, prends ça.

Elle lui tend un petit beignet encore chaud.

SHIRO (sincère)
— Merci, maman Mbolo.

Une voix en font, chuchotant : qu'est ce qui a pris Axim de recueillir ce gamin ? À cause de lui, l'autre jour j'ai failli...[vision d'une maison en carabote qui brûle]

Shiro marche lentement. Il mord dans le beignet, croque doucement.
Des enfants jouent au foot avec une bouteille.
Une radio grésille quelque part.
Un vieux fume en silence, yeux dans le vague.

SHIRO
— J'aime bien cette vie. Se faire insulter par un inconnu, bouffer un truc sucré, livrer des pains...

Il lève les yeux vers le ciel.
Un avion passe, minuscule, loin.

Il ferme les yeux une seconde. Inspire. Expire.

— ça ne me dis toujours pas qui je suis .... deux semaines que je me suis réveillée devant la boutique Axim, mais toujours aucun souvenir...

il s'apprête à repartir. Son regard croise des poubelles éventrées. Les murs crevassés.

Il soupire, — je suppose que ça viendra comme c'est parti.

Lève les yeux. Le ciel est gris, sans nuance.
Il continue d’avancer. Un pas. Deux. Trois.

「De l'autre côté de la ville」

Un souffle suivi d'un cri.

Un vieux court. Son cœur cogne dans sa poitrine. Il serre un petit sac usé contre lui.

Derrière lui, des pas. Rapides mais légers et multiples.

Le vieux jette un regard paniqué derrière lui.
Trois silhouettes. Jeunes et furtives.
Leur souffle est calme, leur regard, acéré. Tandis que lui, halète déjà.

— Vieil homme (essoufflé)

Faut pas… faut pas qu'ils me rattrapent…

Un virage à gauche.
Il s’engouffre dans une ruelle étroite.
Les murs y sont couverts de graffitis et d’insultes.
Une canalisation rouillée suinte sur sa tête.
Mais il ne s’arrête pas.

Ses poursuivants glissent dans la ville comme des fantômes.

Dans son champ de vision,
Un ancien terrain de jeu :
Des balançoires rouillées qui grincent au vent,
Des carcasses de voitures dépecées,
Des enfants qui jouent au milieu du chaos

Un gamin le pointe du doigt.
— “mattez ça ! Un vieux fou qui court !”

Rires.

Le vieux saute par-dessus un mur effondré, atterrit lourdement sur une plaque de béton.
Sa cheville craque.
Il trébuche, manque de tomber.
Les pas derrière lui… se rapprochent plus proches et plus rapides.

Il remonte une volée de marches.
Une cage d’escalier ouverte sur un immeuble éventré.
Des rats s’enfuient.
De la moisissure, du sang et trace d'urine ornent le bas des murs.

Allez... plus vite… plus vite !

Il traverse un couloir lugubre, éclairé par une ampoule clignotante.
Des ombres, des voix derrière les murs.
Il entend un rire.
Puis un craquement.

Il sort de l’autre côté — une terrasse effondrée.
Vue plongeante sur la ville.
Un labyrinthe de tôle, de ruines et bâtiments perdues.

Il descend une échelle en métal, rouillée. Chaque barreau tremble sous son poids.
Ses mains saignent.

Dernier sprint.
Il débouche sur une grande rue où le soleil écrase tout.
Les marchés improvisés s'étendent à perte de vue, les haut-parleurs brise les tympans.

Mais le vieillard… ne voit que son ombre allongée devant lui.

Et soudain —
Une main surgit.
Sèche. Rapide.

La main d'un des poursuivants est à un souffle du vieil homme... Quand un choc se fait entendre.

[BOOM]
Deux corps s’entrechoquent brutalement.
Le vieil homme tombe sur les fesses.
Le poursuivant vient de heurter un jeune garçon, un plateau en équilibre sur la tête.
Le plateau virevolte dans les airs.... avant de s’écraser au sol dans un bruit sec.

[Bruit de pas des passants aux alentours.]

Au milieu de l'agitation :
Shiro.

Jeune, mince, cheveux en bataille, regard noir.
Son visage est figé. Son regard... poser sur le plateau.
Ses poings tremblent.
Ses veines palpitent, rougissent à vue d’œil.

— poursuivant 1 (agressif)

"Regarde où tu vas, abruti !"

[Silence.]

— poursuivant 2 (insistant)

"Libère le passage, clochard !"

[Silence encore plus lourd.]

Le troisième, trop nerveux, gifle Shiro.

Alors, sans hésiter
Shiro pivote comme un ressort.
Attrape son agresseur puis le projette contre un mur parallèle .

(Le mur s'effondre, les passants affolés, s'écarte.)

Les deux autres reculent.
Un des deux sort un petit couteau, la main tremblante.

— Shiro (voix calme mais menaçante)

"À ta place... j’oublierais cette idée."

— poursuivant 1 (flippé et désespéré)

"Vas-y ... plante-le !"

Shiro disparaît un instant.

Réapparaît derrière le type armé.
Esquive facile, puis lui brise le poignet.

Son assaillant crie.

Un coup de genou dans l'entrejambe du troisième. Et les voilà ko.

Les trois sont au sol.

— Shiro (sèchement, moqueur) "Bande de bouffon ! Je vous avais prévenus."

le vieil homme lui, s'approche

Il halète. Ses yeux brillent de gratitude et de larmes contenues.

— Vieil homme (touché, sincère) "Merci infiniment, jeune homme.
D'avoir stopper ces malfrats. Ils étaient sur le point de...."

— Shiro (l’interrompt froidement) "Désolé de briser vos espoirs, vieux monsieur…"

Il baisse les yeux.
Regarde son plateau au sol. La colère remonte en lui.

Sans prévenir —
Il shoote dans la tête d’un voleur à ses pieds, l’envoyant s’éclater contre le même mur que son pote.

[Silence à nouveau.]

Il ramasse ce qu’il reste de son plateau.
Le tapote. Soupire. Le regarde avec grande déception.

— Shiro (voix grave, calme)

"Je déteste qu’on touche à mes affaires.
Ces cons ont mérité ce qui leur arrive.
La prochaine fois... protégez activement vos biens."

Sur ces mots, le vieillard reste stupéfait, tandis que shiro lui, Il disparaît dans la foule.

「Pendant ce temps — Quelque part dans une forêt」

Le vent souffle doucement entre les arbres.
Les rayons de lumière filtrent à travers les branches hautes.

Tout en haut est perché sur la branche la plus haute d’un chêne centenaire… Uzzi Kertis.
Silhouette fine.
Cape noire qui virevolte avec le vent.

En bas, une voix sèche fend le silence : calme, bien trop calme

— Tok tok.

Lance un jeune homme, appuyé contre le tronc, cheveux blancs plaqués en arrière, vêtements légèrement froissé.
Peau pâle. Regard tranchant. Lui cest Herma, sourire en coin.

Uzzi incline à peine la tête.
Puis, se laisse glisser le long de l'arbre.

Il atterrit. Face à Herma.

— Herma.
— Uzzi.

Leur échange glacial.

Puis soudain

Une silhouette surgit de derrière un autre arbre.
Elle sautille, presque en dansant.

Mei Léa.
Son lock est dépareillé, un chewing-gum rose éclatant à la bouche le tout accompagné d'un ordinateur à écran flottant dans les mains.

— Léa (surexcitée)
''Chef ! Je l’ai trouvé !''

Elle brandit l’écran.
Les yeux d’Uzzi balaient les données. Il hoche la tête.

Herma s’approche. Sa voix se durcit

— Je confirme. Le spectre énergétique est le même. Flennel est passé par ici. Récemment.

Léa fronce le nez, plisse les yeux vers la cime des arbres.

— Léa (ironique)
''Hihi... comment il a fait pour atterrir dans un endroit pareil ?''

— Herma ( l'interrompt d'un ton sérieux) ''je l'ignore. Par contre, je détecte une anomalie. Léa, peux-tu analyser ça pour moi.''

Léa soupire.
Ses doigts dansent sur l'écran flottant.

— Un Toumbouris ?
— Non la signature énergétique n'est pas rouge.
— Un Damné ?
— Toujours pas. Elle n'est pas noir non plus
— C’est peut-être un… hamster mutant ?

Herma (exaspéré)
— C’est toi l’analyste ! Fait ton boulot et arrête de me poser des questions idiotes !

Léa du tic au tac :
— ça c'est parce que t'es bon qu'à jouer les lanternes : "éclaireur". Avant d'éclater de rire.

Uzzi, immobile.
Il rouvre les yeux. Un soupir léger. Puis sa voix calme, posée, mais lourde d’autorité :

— On se calme, les enfants.

Il tourne le dos.
Les mains dans les poches.
Marche dans l’ombre de la forêt.

''Notre mission est de retrouver Flennel et sécuriser la Clef de Vérité. Fini de jouer.''

[Silence.]

Herma grogne. Léa sourit.

Ils suivent leur chef.
Et tous trois disparaissent entre les troncs sombres de la forêt

「De retour chez Axim」

La clochette tinte.
Shiro entre. Le souffle court. Front trempé.
La porte derrière lui claque.

Axim : ''ah c'est toi shiro alors déjà de retour ?'' Puis lève les yeux. Ses sourcils tracent un éclair noir sur son front.

Axim (sec, coupant) :
— mais qu'est ce qui ?
[..... ]
— Dans quel bordel t’es encore allé foutre les pieds ?

Shiro baisse les yeux. Une tache de sang sèche sous sa mâchoire.
Il tente un pas vers le comptoir.

Axim (voix montant, presque hystérique) :
— Tes vêtements sont en charpie. Et je pari que, comme d'hab tu as louché la recette d'aujourd'hui.
(Puis, il aperçoit le panier vide, les pains broyés.) Et hurle de colère.

Shiro (voix rauque) :
— C'est que je…

Axim (ironique) :
— Non! Laisse moi deviner. Une embuscade d'extraterrestres mangeurs de pain, c’est ça ?

Shiro (sourire en coin, amer) :
— À peu près. Ils avaient des couteaux aussi.

Silence. Axim soupire. Longuement.
Sa voix se brise sur le bord.

— Parle-moi, Shiro. Qu’est-ce qui déconne chez toi ?

— Je... Je me débrouille. Patron !

Axim (plus doux, mais aussi plus fatigué) :
— Quand je t'es pris en bas de ma porte, on avait un deal. Je t'héberge et tu taf pour moi. Rien de bien sorcier. Mais voilà ! Deux semaines. Zéro gain à ton actif. Juste des cicatrices, en plus, ma boutique en prend un coup.

「multiples flash: Dans l'un on voit shiro briser un vase ; dans l'autre mettre le feu à la boutique, la suivante, une inondation de la cuisine, shiro avait oublié de fermer le lavabo」

Shiro relève la tête. Le regard dur, mais voilé.

—Dois-je comprende que ?

Axim (résigné) :
— La charité à ses limite. Je suis désolé gamin !

Un battement. Pas un mot.

Shiro (murmure) :
— Je pense que ça peut pas être pire. Je vais dormir, oublier !, et espéré me relever un autre jour... Qui sait ?

Il se retourne. Marche lentement. Pas après pas.

Juste avant la porte, un sac de pain vole dans les airs.
PAF et tombe à ses pieds.

Axim ne dit rien. Son regard reste figé sur le sol.

Axim (pensée, à peine audible) :
— Il doit me haïr… mais mon bisseness avant tout...

Shiro s’accroupit. Ramasse le sachet. Ne se retourne pas.

Puis, il sort.
Et le monde dehors continue de tourner, comme si rien n'avait explosé à l'intérieur.

A SUIVRE …

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