CHAPITRE 2

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Il me regarde. Ses yeux de jades semblent voir au plus profond de moi, là où même moi je peine à voit tant mon âme est noircie par toutes les conneries que les gens m'ont fait, bon je m'égare là. Il semble me connaitre et moi aussi.

Mais où avons nous pu nous croiser? Faisons une liste à la Kiara.

-Ici, à la salle de boxe? Pas possible personne ne semble le connaitre

-Au Lycée? il semble trop vieux pour être encore en cours

-En boite peut être? mmh je pense pas, je ne le reconnaitrai pas si facilement

Putain, ce gars là me donne du fil à retordre.

Alexander fronce les sourcils et regarde dans la direction de son adversaire, à la seconde où il me voit ses yeux reflètent sa confusion. Il finit par profiter de l'absence de réaction de son adversaire et le frappe de plein fouet. L'homme masqué se ressaisit et se déchaîne. Les coups pleuvent, chaque coup plus fort que le précédent.

Je reste là à regarder.

Mon regard fixé sur ce ring. Mes yeux ne veulent pas quitter le combat comme aimanté vers eux.

Je dévie mon regards vers les cris de la foule qui n'en ai pas vraiment une, il doit y avoir une vingtaine de personnes, se font de plus en plus fort.

-Allez Alexander, cris Ash

-Tabasse le, hurle Shawn à son tour

A ces mots, Alexander perdit sa concentration, il doit se demander si Shawn parler à lui ou à son adversaire. Ce fut malheureusement, la réflexion de trop.

Le combat s'interrompt net après un uppercut parfaitement placé, qui déstabilise son adversaire.
Il l'achève d'un crochet du droit, suivi d'un uppercut fulgurant dans la mâchoire d'Alexander.
Tout est allé si vite... comme s'il était apparu de nulle part. En quelques secondes, notre meilleur combattant est à terre.

Ce type est étrange. Je ferais mieux de me méfier. On ne sait jamais.
Je préfère garder mes distances quand quelque chose ne me semble pas clair. Tant que je n'en sais pas plus sur lui, je resterai à au moins cinq mètres.

Il se glissa sous la première corde, se laissa rouler et atterrit sur ses deux pieds, sans un regard en arrière. Comme si rien ne venait d'arriver. Il traversa la salle d'un air nonchalant, les épaules complètement détendues et un léger sourire narquois sur les lèvres. Pitié que ce ne soit pas un de ces vantards qui se droguent avec du dopage constant.

Il est bizarre lui genre il a pas mis un gars KO, c'est peut être un fou, ouais ça doit être ça.

Tandis que tout le monde se remet à ses occupations, moi je reste à côté du ring, figée. Il avait un regard familier. Ces yeux verts, je les ai déjà vus...mais où ?

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Le lendemain, je me réveille tranquille, toujours sans me presser sauf que, bah, y a plus mon réveil, ouais il s'est vraiment fracassé cette fois. Comme tous les jours, les même habitudes, s'habiller, manger, partir en cours...en retard et j'm'en moque, on ne pourra en rien changer cette routine.

J'enfourche ma moto et prends la direction de la superette pour grignoter mes snacks préférés. Je roule, grille un feu rouge et manque de renverser un gars ivre en passant.

-Salope, hurle-t-il

-Désolé tu dois me confondre avec ta mère fils de pute, lui répondis sur le même ton avant d'accélérer, ma voix étouffée par le casque, j'ai l'impression d'être une radio tellement il y a d'interférence

je tourne à gauche et gare ma moto sur une place voiture, la superette est toujours là, en face du parc, avec sa devanture orange pâle et son nom débile, chez poil de carotte. la porte s'ouvre sur un déballage de rayon, mais sérieusement, qui appelle son magasin poil de carotte en vendant plus de tout et n'importe quoi mais pas un seul légume ?

J'entre et salue le caissier, John. On se connait depuis gosses, il m'appelle le sang parce que quand on devait avoir je crois quinze ans, je m'étais teinte les cheveux en rouge sang et depuis ça me colle à la peau, ce petit surnom me fait toujours sourire.

-Oh le sang, tu dates, lance-t-il

-Ouais ça faisait longtemps, enchainais-je

-Je te met comme d'habitude, demande-t-il

-yes

Il me tends un sachet de chips gouts paprika, mes préférés!

-Merci le sang, finit je par dire en lui tendant un billet de cinq, garde la monnaie pour la prochaine fois que je viens

-C'est réglé, à la prochaine Kiara

-Ciao John

Je mange en conduisant et finit par atteindre ma prison depuis maintenant trois ans, le bahut.

Dans les couloirs désert, je me faufile espérant ne pas croiser un surveillant, et si j'en apercevait un, j'userais des angles et des ombres pour l'éviter et rester dans son dos avec une expertise qui ferais douter n'importe qui. J'arrive finalement en cours, celui de monsieur Fernandez, en retard bien sûr.

-Oh, quelle surprise, mademoiselle Lopez, déclare-t-il d'un faux ton enjoué

-Oh, monsieur Fernandez, je vous ai manqué ? enchainai-je sur le même faux ton enjoué

-En retenue! hurle-t-il à mon intention

-Avec plaisir, répondis je avec entrain.

À la place de sortir, je pars à ma place habituelle, son regard dans le mien, ses sourcils froncés et mes yeux brillant de défis. Les élèves me lancent des regards surpris, d'autres des regards admiratifs, mais je fais semblant de ne rien voir, comme si c'était tout à fait normal d'arriver en retard et de contredire le prof, ce qui est vrai dans ma façon de penser.

Je m'assieds et le regarde avec mon éternel sourire arrogant.

-Donc, en plus d'être en retard, tu ne comprends pas le français ?

-Sí, hablo francés, répondais je dans un parfait espagnol.

-No hables español en mi clase, déclare-t-il lui aussi en espagnol, ce qui pour ma gouverne ne me surprends pas du tout, les Fernandez sont connus en espagne.

-Okay, professor, finis je par déclarer

Il lève les yeux au ciel tellement fort que ça en devient comique avant de reprendre son cours. Je crois que je l'ai fatigué vu son air lasse mais ça ne reste qu'une supposition

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Après les cours, alors que j'étais installée tranquillement dans ma chambre, une sonnerie me fit sursauter, le téléphone. Je regarde l'heure sur mon horloge murale, vingt deux heures passées. Mais quel est le con qui peut appeler à une heure pareille... toujours est-il que je décroche, après une longue minute d'hésitation....

-Ouais, allo ?

-Allo, je suis bien chez la famille Lopez ?dis une voix à l'autre bout du fil

-Oui, vous êtes qui ? demandais je

-Tu ne reconnais pas ma voix ? me dit il d'un ton taquin,

Je sais pas t'es qui mais tu m'énerve connard. Ce salaud veut jouer au devinette? Je vais péter un plomb, sa voix me dis un truc mais j'ai la flemme de chercher à qui est cette voix

-Je te donne un indice, Lycée, me dit la mystérieuse voix

-Attendez... Monsieur Fernandez ? bordel, pas lui encore

-Eh oui, tu peux...

Je le coupe sans ménagement, bah oui mes questions sont primordiales donc passe avant en fait:

-Où est passé votre vouvoiement ? demandai-je sérieusement

-Figure-toi qu'il est resté en classe, plaisante-t-il, haha très drôle, c'est ce que je disais, il percerait jamais en tant qu'humoriste

-Très drôle. Bon, qu'est-ce que vous voulez ? finis je par demander

-Peux-tu me passer un de tes parents ?

-Non, ils...ils ne...balbutiai je

Je raccroche brusquement et respire vite. Trop vite. Mon souffle s'accélère. Mes yeux deviennent humides. Non. Pas maintenant. Pas encore, bordel pas ces fichus larmes, pas encore! Je sens quelque chose d'humide couler sur mes joues. Je lève lentement une main vers ma joue.

Et là, pour la première fois depuis cinq ans, je pleure.

J'essaie de ravaler mes larmes, en vain. Je prends la lampe de chevet et la jette, elle se fracasse contre le mur. Je me déchaine, les larmes coulant toujours sur mes joues. Je prends le premier truc et le jette et recommence encore et encore. Putain! Je casse tous les tableaux accrochés au mur. Je jette tout et n'importe quoi, fragile ou pas. Je casse un vase et hurle à plein poumons.

Mon salon est saccagé et je finis par m'écrouler et reste allongée à regarder le plafond en attendant que ça s'arrête, mais ça semble infini. J'en peux plus de ces putains de larmes, je suis pas une faible je devrais contrôler mes émotions et non les laisser me contrôler.

Alors je me lève d'un coup et monte sur ma moto.

Et là, je roule.

Où ? J'en sais rien, mais je fonce.

La brise fraiche me caresse le visage, putain j'ai oublié le casque. La lune comme seul éclairage, je me laisse porter par le vent. Les étoiles brillent de mille feux ce soir comme si elles me narguaient de là haut.

J'accélère encore et encore. Plus vite. Les rues sont désertes, le seul son est le grondement de ma moto. Le vent fouette mon visage et putain j'ai oublié mon casque, mes cheveux volent de part et d'autre de mon visage. Je roule encore, trop vite. Vite. Toujours plus vite.

Soudain, à un carrefour, j'aperçois la lumière des phares d'une voiture et le bruit d'un dérapage. Mon corps heurtent un mur après avoir heurter la voiture. Puis... rien. Le noir complet.

J'essaie de toucher mon visage mais je n'y arrive pas. Je sens quelque chose d'humide sur tout mon corps. Je vois flou. Les contours de ma vision se floutent puis s'obscurcissent jusqu'à que je ne puisse distinguer mes doigts ensanglantés. Petit à petit, mes dernières forces me lâchent.

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