CHAPITRE 2

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Il me regarde. Ses yeux de jades semblent voir au plus profond de moi, là où même moi je peine à voit tant mon âme est noircie par toutes les conneries que les gens m'ont fait, bon je m'égare là. Alexander fronce les sourcils et regarde dans la direction de son adversaire, à la seconde où il me voit ses yeux reflètent sa confusion. Il finit par profiter de l'absence de réaction de son adversaire et le frappe de plein fouet. L'homme masqué se ressaisit et se déchaîne. Les coups pleuvent, chaque coup plus fort que le précédent.

Je reste là à regarder. Mon regard fixé sur ce ring. Mes yeux ne veulent pas quitter le combat comme aimanté vers eux.

Le combat se termine lorsque l'homme masqué met K.O. son adversaire d'un crochet du droit suivi d'un uppercut bien placé. Il est littéralement venu de nulle part et a mis notre meilleur combattant au sol. Il est bizarre ce gars, je devrais me méfier, on sait jamais.

L'homme masqué descend du ring et part, comme si rien ne venait d'arriver. Il est bizarre lui genre il a pas mis un gars KO, c'est peut être un fou, ouais ça doit être ça.

Tout le monde se remet à ses occupations et moi je reste à côté du ring, figée. Il avait un regard familier. Ces yeux verts, je les ai déjà vus...mais où ?

Le lendemain, je me réveille tranquille, toujours sans me presser sauf que, bah, y a plus mon réveil, ouais il s'est vraiment fracassé cette fois. Dans les couloirs désert, j'aperçois un surveillant, je me faufile derrière celui-ci et passe d'un couloir à un autre avec une expertise qui ferais douter n'importe qui. J'arrive finalement en cours, celui de monsieur Fernandez, en retard bien sûr.

-Oh, quelle surprise, mademoiselle Lopez, déclare-t-il d'un faux ton enjoué
-Oh, monsieur Fernandez, je vous ai manqué ? enchainai-je sur le même faux ton enjoué
-En permanence! hurle-t-il à mon intention
-Avec plaisir, répondis je avec entrain.

Mais au lieu de sortir, je pars à ma place habituelle, son regard dans le mien, ses sourcils se froncent et mes yeux brillent de défis. Les élèves me lancent des regards surpris, d'autres des regards admiratifs, mais je fais semblant de ne rien voir, comme si c'était tout à fait normal d'arriver en retard et de contredire le prof, ce qui est vrai dans ma façon de pensée.

Je m'assieds et le regarde avec mon éternel sourire arrogant.

-Donc, en plus d'être en retard, tu ne comprends pas le français ?
-Sí, hablo francés, répondais je dans un parfait espagnol.
-No hables español en mi clase, déclare-t-il lui aussi en espagnol, ce qui pour ma gouverne ne me surprends pas du tout, les Fernandez sont connus en espagne.
-Okay, professor, finis je par déclarer

Il lève les yeux au ciel tellement fort que ça en devient comique avant de reprendre son cours. Je crois que je l'ai fatigué vu son air lasse mais ça ne reste qu'une supposition

Le soir venu, j'étais tranquille quand, d'un coup, le téléphone sonne et me fait sursauter. Bien sûr, je décroche après une minute d'hésitation, qui peut bien sonner à une pareille!

-Ouais, allo ?,
-Allo, je suis bien chez la famille Lopez ?dis une voix à l'autre bout du fil
-Oui, vous êtes qui ? demandais je
-Tu ne reconnais pas ma voix ? me dit il d'un ton taquin, je sais pas t'es qui mais tu m'énerve connard.
-Attendez... Monsieur Fernandez ? bordel, pas lui encore!
-Eh oui, tu peux...

Je le coupe sans ménagement, bah oui mes questions sont primordiale donc passe avant en fait:

-Où est passé votre vouvoiement ? demandai-je sérieusement
-Figure-toi qu'il est resté en classe, plaisante-t-il, haha très drôle, c'est ce que je disais, il percerait jamais en tant qu'humoriste
-Très drôle. Bon, qu'est-ce que vous voulez ? finis je par demander
-Peux-tu me passer un de tes parents ?
-Non, ils...ils ne...balbutiai je

Je raccroche brusquement et respire vite. Trop vite. Mon souffle s'accélère. Mes yeux deviennent humides.

Non. Pas maintenant. Pas encore, bordel pas ces fichus larmes, pas encore!

Je sens quelque chose d'humide couler sur mes joues. Je lève lentement une main vers ma joue.

Et là, pour la première fois depuis cinq ans, je pleure.

J'essaie de ravaler mes larmes, en vain. Je prends la lampe de chevet et la jette, elle se fracasse contre le mur. Je me déchaine, les larmes coulant toujours sur mes joues, mon salon est saccagé et je m'écroule et reste allongée à regarder le plafond en attendant que ça s'arrête, mais ça semble infini. J'en peux plus de ces putains de larmes, je suis pas une faible je devrais contrôler mes émotions et non les laisser me contrôler.

Alors je me lève d'un coup et monte sur ma moto.

Et là, je roule.

Où ? J'en sais rien, mais je fonce.

J'accélère encore et encore. Plus vite. Les rues sont désertes, le seul son est le grondement de ma moto. Le vent fouette mon visage et putain j'ai oublié mon casque, mes cheveux volent de part et d'autre de mon visage. Je roule encore, trop vite. Vite. Toujours plus vite.

Soudain, à un carrefour, j'aperçois la lumière des phares d'une voiture et le bruit d'un dérapage. Mon corps heurtent un mur après avoir heurter la voiture. Puis... rien. Le noir complet.

J'essaie de toucher mon visage mais je n'y arrive pas. Je sens quelque chose d'humide sur tout mon corps. Je vois flou. Les contours de ma vision se floutent puis s'obscurcissent jusqu'à que je ne puisse distinguer mes doigts ensanglantés. Petit à petit, mes dernières forces me lâchent.

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