A
Seule, éprise d'une envie soudaine de pleurer, je retiens les quelques gouttes de couler. Comme moi, elles n'ont pas le droit de fléchir, un pas de plus et elles tomberont, elles aussi, dans l'oublie, a plus total à travers les méandres. Des bribes de souvenirs éparpiller un peu partout à travers cette boite à musique cassée, torturer par mon âme en souffrance et mon corps à l'abandon. C'est si facile d'oublier, mais cet éclat que tu perds toi-même, tu n'es pas sûr de le revoir un jour, tu auras beau l'attendre patiemment, il se fera toujours attendre, même quand tu en auras le plus besoin.
Les gens aussi sont comme des bribes de souvenirs, un temps, tu t'en souviens l'autre tu en oublies une partie pour l'effacer à tout jamais. Tu perds quelques choses de précieux, mais à quoi faire face à la fatalité que tu as subie ? C'est une vie bien merveilleuse que tu dépeins, c'est elle qui m'a amenée à écrire ici.
Ceci est bête et pourtant, j'y trouve un réconfort quelque part au loin une petite voix qui m'appelle pour me faire dormir et ne plus rien penser, juste oublier et fermer les yeux. Tomber dans l'obscurité à jamais, sans pouvoir y faire quelque chose ou attraper une main tendue, car elles ne sont plus là pour te les tendres. Non, elles sont toutes parties chercher une personne qui mérite qu'on la sauve de l'ombre, une personne méritante de leurs bontés.
Si seulement je l'ai mérité, alors je pourrai sortir de cette froideur qu'est cet endroit, remplie d'effroi, de douleur et d'amertume plein la bouche. Ce n'est que l'odeur de la décomposition que je sens, ni fleur, ni arc-en-ciel, juste un ciel écorché, d'un rouge vif sang que les peintres essayent de reproduire. Une douleur si aigüe qu'elle transperce ta chair, tes organes, mais également tes os, d'une atrocité monstrueuse que parfois quand tu vois ton reflet, tu le confonds avec le vrai monstre. Tu en trembles de peur, mais pourtant insuffler la peur, c'est ce que tu aimes, instaurer le respect, qu'on te voue honneur et gloire.
Voilà la possession qui arrive, celle dont tu ne te réveilleras plus jamais, elle te prend et te garde jusqu'à que tes yeux se ferment et s'ouvre sur un monde de flamme et d'enfer. Une folie qui t'angoisse, te prends à jamais dans ses bras pour t'étouffer de sa chaleur, voici le monde dans lequel je tombe chaque nuit.
Il n'y a plus le temps pour l'émotion, elle aussi elle est partie avec ceux qui nous barrés le chemin, maintenant je suis prête, prête à monter dans les nuages qui m'attendent à ce jour.
Je suis tombée dans mes abysses.

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