Chapitre 21 : Paris-Vienne (Pichu)

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Le 26 janvier 2022 au matin dans la chambre du Lotus Bleu.

Je me retourne et viens me coller au corps chaud qui me tient compagnie. J’adore ce moment, où mon cerveau encore à moitié endormi, laisse mon instinct animal prendre le contrôle. Impossible de me rappeler quelle poulette j’ai levée hier soir, mais pas de doute, elle est drôlement bien gaulée. Je plaque mon sexe bandé contre ses fesses et je commence à embrasser délicatement sa nuque. Rien de tel qu’une bonne baise torride au réveil. Un petit remake de la veille au soir, pour être sûr que la belle se souvienne à jamais de m’avoir rencontré. Ma main s’attarde un moment sur son ventre et descend vers sa toison qu’elle doit avoir épilée il y a quelques jours, car je sens quelques poils qui repousse. Elle frémit, mais désireux de la faire languir j’abandonne l’endroit, pour remonter m’occuper d’une autre zone érogène. Je donne quelques coups de rein, pour quelle sente bien mon sexe de belle taille coulisser entre ses fesses, et en même temps je commence à titiller ses tétons qui réagissent immédiatement. Je suis surpris par le manque de forme de sa poitrine, moi qui les aime plutôt généreuses. Qu’à cela ne tienne, je commence à redescendre lentement mes doigts le long de son torse, pour rejoindre une fente qui doit déjà commencer à être bien humide. Je suis sur le point d’atteindre mon but, lorsqu’un raclement de gorge m’interrompt. Merde ! Quelqu’un d’autre dans la pièce ? On a donc fait ça à trois hier soir ! Cette nouvelle n’est pas pour me déplaire. Je me retourne pour faire signe à la coquine qui nous observe de venir nous rejoindre dans le lit.

— Putain !

La coquine en question a un costume dans chaque main, une fine moustache au-dessus de ses lèvres et me salue en inclinant légèrement son buste.

— Désolé de déranger Monsieur Tom et son ami. Je pose vos costumes ici et je vais chercher votre petit déjeuner. À moins que ces messieurs préfèrent que je ne revienne un peu plus tard…

— Bordel de merde !

— Non, pas de souci Lian. Vous pouvez amener le repas. Je ne crois pas que mon ami ait envie de pousser l’exploration plus loin.

Je me retourne et me trouve nez à nez avec un Tom qui essaie vainement de contenir un fou rire.

— Putain de tête de gland ! Et je suis sûr que t’es réveillé depuis un bon moment, c’est dégoutant !

J’essaie de rester le plus digne possible, alors que mon camarade à des larmes au bord des yeux à force de rigoler, et je quitte le lit pour rejoindre les toilettes.

— Dommage pour toi qu’on ait été interrompus, tu ne sais pas ce que tu perds !

Au moins, j’aurai eu le dernier mot.

*

Après notre brunch, digne d’un hôtel quatre étoiles et une douche rapide, je ressors en costume de la salle de bain et retrouve Tom déjà habillé dans la chambre.

— Y-a pas à dire ils ont l’œil ces chinetocs, ces fringues me vont à ravir !

— Mike !

— Quoi ? c’est un compliment !

— T’es con ou quoi ?

— Oh, ça va ! tu préfères quoi : asiate ?

— Merde ! Tu peux avoir un peu de respect…

Je lui fais mon petit sourire moqueur et lui coupe la parole.

— Pour un grand mage, t’es quand même vachement facile à manipuler ! Après, c’est limite vexant que tu puisses me prendre pour un gros beauf raciste.

— Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire… et puis aussi… vu la façon dont tu parles des femmes…

— Pour ça non plus, t’es pas très perspicace… Bon, si on s’occupait plutôt de notre voyage pour Stuttgart ?

— J’ai regardé, il y a un TGV qui part à quinze heures.

— Laisse tomber le TGV, pas assez discret. Cherche plutôt un train de nuit.

— Tu ne crois pas que t’exagères un peu ? ce n’est pas non plus la CIA…

— J’sais pas qui ils sont, mais en tout cas je pense qu’ils sont vachement plus puissants que ce qu’on croit. Et puis, il est déjà treize heures quinze et j’ai envoyé un message à Jérimimi pour lui dire qu’on passerait pour leur laisser ta carte de crédit.

— Pourquoi la mienne ?

— Parce que moi j’suis prof, au cas où tu aurais oublié !

J’hésite un moment, je ne sais pas si je dois inquiéter plus que ça mon camarade, mais cette affaire pue de plus en plus les services secrets à moins que ce soit une organisation criminelle ultra puissante.

— Note que même la carte de crédit, je ne sais pas si c’est prudent. Je crois qu’il faudrait plutôt qu’on retire un max de liquide et qu’après on évite de s’en resservir. Ton pote Ly, il peut pas s’occuper de nous procurer les billets ?

Tom me regarde et ouvre la bouche, hésite un moment avant de la fermer, pour finalement l’ouvrir à nouveau :

— Si, sans doute… Maître Ly peut beaucoup de choses…

Le 26 janvier 2022 vers 15h03 à la cité U.

Tout a été réglé en à peine une heure, et le chauffeur de notre bienfaiteur nous pose à l’instant à un petit kilomètre de la cité universitaire. Nous faisons le rester du trajet à pied, inutile d’attirer l’attention en débarquant dans une limousine.

Nous arrivons enfin devant la porte de notre petit étudiant. Je frappe trois coups rapides, puis deux longs sous le regard intrigué de Tom.

— Vous avez convenu d’un code ?

— Non, mais j’adore l’idée de penser qu’on l’a fait !

C’est Alexis qui nous ouvre la porte.

— Jérémie est sous la douche.

Je lui tends mon poing droit pour checker. Il hésite un moment avant de venir frapper mes phalanges dans un mouvement identique au mien. J’avance rapidement dans la pièce pour laisser un peu d’intimité aux deux zigotos qui se regardent comme deux pucelles sur le point de se faire dézinguer pour la première fois.

Alex attrape Tom par le bras et ils sortent discuter dans le couloir. C’est ce moment que choisit Jérémie pour sortir de sa salle de bain, une serviette autour de la taille. Il est super maigrichon et puis il a ce truc qu’il essaie vainement de dissimuler, surpris de se retrouver devant moi.

— Pectus excavatum. T’as pas besoin de le cacher, je connais. On a vu ça à la fac. Et puis ça faut ce que ça vaut, mais si je kiffais le rectum des petits minets, j’adorerais m’occuper du tien… Enfin, t’es un beau p’tit mec quoi !

Bon, je crois qu’il a capté le compliment car il s’approche de moi pour me prendre dans ses bras et me murmurer à l’oreille :

— Merci mec, mais je fais pas dans le quarantenaire !

— Putain, mais j’ai pas…p’tit con !

— Euh, on vous dérange les gars ?

Alexis, nous regarde d'un air moqueur. Tom et lui sont revenus dans la chambre, et ils semblent tous les deux apaisés.

Je sors les deux billets d’avion de ma poche, et avant de leur les donner, je sors la tirade que j’ai préparé dans la voiture en venant ici.

— Euh… les mecs je voulais vous parler d’un truc vachement bizarre… vous avez regardez les infos depuis hier, à la télé ou sur vos phones ?

Ils m’observent tous les trois intrigués, ne comprenant pas ou je veux en venir. Tom me fait signe de la tête de continuer.

— Ce matin, j’ai zappé sur les chaines d’info pendant que Tom se faisait tout beau et puis j’ai surfé sur le net… Rien, absolument rien, pas une image, pas un mot sur notre sortie de l’immeuble de Céline ! Putain les gars, il y a eu des coups de feu de tous les cotés et j’ai défoncé trois murs et retourné deux voitures en pleine rue ! Au bas mot, il y a dû y avoir une trentaine de témoins. À une époque où tout le monde filme n’importe quoi en espérant le revendre à n’importe qui, et ou chacun rêve d’avoir son petit moment de célébrité, pas un mot nulle part ! Bordel de merde, je ne sais pas quelle organisation est derrière tout ça mais qui peut réussir à garder un truc comme ça secret et comment ils s’y sont pris ?

Le 26 janvier 2022 20h00 dans le train

Tom et moi venons juste de nous installer, lorsque le convoi démarre. Il est à peine vingt heures. Nous avons laissé Jérémie et Alexis depuis bientôt trois heures, mais nous avions convenu d’arriver à la gare au dernier moment.

Ly nous a procuré des billets sur le train de nuit qui relie Paris à Vienne, ce qui nous a permis d’avoir une cabine rien que pour nous et ce qui devrait aussi nous garantir un voyage tranquille. Même si d’une manière ou d’une autre, les connards qui ont enlevé Céline, anticipent notre venu à Stuttgart, ils ne nous chercheront pas à bord d’un convoi qui ne s’arrête pas dans cette ville. Enfin, qui ne s’y arrête pas, en principe… Parce que lorsque Tom dit que Ly peut presque tout, il sait de quoi il parle. Il ne nous a pas dit clairement comment il s’y était pris, “des amis qui me devaient un service, mais ne vous inquiétez pas de ça…”, mais en tout cas, nous aurons quinze secondes dans la gare allemande pour descendre du wagon.

— Tu crois qu’on trouvera une piste intéressante au congrès ?

La question de Tom me sort de mes rêveries. J’hésite à lui répondre, car je n’étais franchement pas très enthousiaste à l’idée de me rendre là-bas. Encore moins après les visions de Jérémie. Je voulais qu’on accompagne les deux petits en Argentine, là où Céline se trouve sans doute.

— Tu penses qu’ils vont s’en sortir sans nous ? Et s’ils trouvaient Céline et qu’ils se fassent coincer eux-aussi ?

— Ne les sous-estime pas Mike, ils ont des ressources dont tu n’as pas idée, et si vraiment ils trouvent quelque chose, ils suivront les consignes de prudence et se contenteront d’une surveillance discrète, en attendant qu’on les rejoigne. De toute façon, c’est trop tard pour faire machine arrière, et de notre coté, j’espère que les quelques alliés que Céline a dans l’assemblée pourront nous aider à y voir plus clair.

— Ouai… t’as peut-être raison. N’empêche que tu ne m’enlèveras pas de l’idée qu’ils manquent un peu de… enfin tu vois quoi...

Je gonfle mes biceps, mais devant le sourire moqueur de Tom, je décide d’en rester là. D’autant plus qu’une association d’idée m’a emmené de mes biceps à des haltères, puis à un énorme steak.

— J’ai faim moi, on devrait aller faire un tour au wagon-restaurant !

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