Chapitre 13 - Le vrai danger ce n’est pas le désir. C’est de se mentir assez longtemps pour appeler ça de l’amour.

3 minutes de lecture

Le problème n’a jamais été le sexe.

Le sexe est simple.

Biologique. Instinctif. Animal. Parfois magnifique. Parfois catastrophique. Parfois les deux dans le même Airbnb avec climatisation cassée.

Non.

Le vrai problème commence quand l’être humain essaye de transformer :

son manque,

sa solitude,

son besoin de validation,

ses fantasmes,

ses blessures,

ou sa peur du vide…

…en grande histoire d’amour cosmique.

Là commence le grand cirque pinder... éléphants, tigres et girafes, all inclusive.

Parce qu’évidemment…

si c’était uniquement physique, beaucoup coucheraient avec :

la moitié de leur immeuble,

leur coach de sport,

deux collègues,

un serveur tatoué à Lisbonne,

et probablement une pharmacienne gentille un soir de fatigue émotionnelle.

L’humain est câblé pour désirer.

Fin du débat.

Mais il y a autre chose derrière.

Quelque chose de beaucoup plus rare.

Le besoin :

de paix,

de sécurité,

de vérité,

de stabilité,

de silence confortable,

d’un endroit où le cerveau arrête enfin de se battre contre lui-même.

Et ça… c’est infiniment plus difficile à trouver qu’un corps attirant.

Parce qu’un fantasme est immédiat. La paix, elle, demande une lucidité monstrueuse.

Voilà pourquoi tant de gens confondent :

excitation et compatibilité,

obsession et amour,

intensité et vérité.

Une personne peut te rendre complètement fou chimiquement… et être une catastrophe absolue pour ta vie.

Mais le cerveau adore les incendies émotionnels.

Le chaos donne l’impression d’être vivant.

Une relation stable, saine, calme ? Le système nerveux moderne trouve ça presque suspect.

Parce qu’on a élevé des générations entières dans :

le bruit,

la dopamine,

l’instabilité,

les réseaux,

les notifications,

les montagnes russes affectives.

Alors quand quelqu’un arrive avec :

du calme,

de la cohérence,

de la présence,

de la douceur stable…

…beaucoup disent : “Je m’ennuie.”

Non.

Tu es juste tellement habitué au chaos que ton cerveau confond désormais paix et absence d’amour.

Nuance gigantesque.

Le pire, c’est les projections.

Mon Dieu les projections.

Les gens ne tombent même plus amoureux de quelqu’un.

Ils tombent amoureux :

d’une possibilité,

d’un fantasme,

d’une version imaginaire construite dans leur tête comme un architecte hyperactif construit Dubaï.

Tu rencontres une personne trois fois et déjà ton cerveau écrit :

le mariage,

les voyages,

les enfants,

la maison,

la playlist Spotify du couple,

et le chien qui s’appellera Néo.

Alors que l’autre mange peut-être des glaçons à 3h du matin en regardant des vidéos de reptiliens.

Tu ne connais pas cette personne.

Tu connais : ton fantasme d’elle.

Et c’est là que “se baiser d’abord” devient essentiel.

Pas comme slogan narcissique Instagram.

Comme système de survie mentale.

Se baiser, ça veut dire : rester lucide même quand le désir brouille le cerveau.

Être capable de dire : “Oui cette personne m’attire énormément… mais est-ce qu’elle apporte réellement de la paix à ma vie ?”

Question adulte. Très rare.

Parce que beaucoup préfèrent :

souffrir intensément,

plutôt qu’être sereinement heureux.

Le chaos flatte l’ego.

La stabilité demande de la maturité.

Et la maturité est beaucoup moins sexy en réalité.

Le plus dur dans la vie, ce n’est pas de trouver quelqu’un.

C’est de ne pas se perdre soi-même dans ce que quelqu’un réveille en toi.

Parce qu’à partir du moment où :

ton humeur dépend d’un message,

ton estime dépend d’un regard,

ta paix dépend d’une présence,

ton identité dépend d’un désir…

…tu n’aimes plus.

Tu négocies ton équilibre psychique.

Et c’est exactement comme ça que les gens pètent les plombs.

Ils prennent :

le fantasme pour une destinée,

la chimie pour une vérité,

la dépendance pour de l’amour,

et l’intensité pour une preuve.

Alors qu’en réalité…

l’amour le plus mature est souvent beaucoup moins spectaculaire que ce qu’on nous vend.

Parfois l’amour ressemble juste à quelqu’un avec qui :

tu peux respirer,

penser clairement,

rester toi-même,

et ne pas devenir fou.

Et honnêtement ?

Dans cette époque sous amphétamine numérique permanente…

c’est déjà quasiment un miracle biologique.

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