Chapitre 15 -Génération Nesquik

3 minutes de lecture

Le problème de cette génération, c’est qu’elle veut vivre des nuits légendaires avec une résistance psychologique de yaourt à boire.

Tout le monde veut :

l’intensité,

la décadence,

le frisson,

la sexualité sauvage,

les émotions fortes,

les afters jusqu’au matin…

…mais sans jamais assumer biologiquement ce que ça produit derrière.

Résultat : à 23h31, certains êtres humains sont déjà dans un état neurologique qui ferait hésiter un vétérinaire équin.

Les soirées modernes ressemblent à des documentaires animaliers tournés après une fuite chimique.

Tu regardes autour :

maquillage qui fond,

regards dissociés,

types qui transpirent la frustration sexuelle fermentée,

filles qui rient comme des chaudières sous protoxyde,

conversations devenues impossibles après trois vodka-pastèques et une montée d’ego artificiel.

Et tout le monde appelle ça : “vivre sa jeunesse.”

Franchement parfois on dirait moins une génération qu’un élevage intensif de traumatismes sous néons violets.

Le plus fascinant, c’est la vitesse de dégradation.

À 21h12 :

“Non mais moi je suis hyper exigeante.”

“Je veux un homme intelligent.”

“L’énergie est importante.”

À 00h47 : la même personne embrasse un type torse nu nommé Bryan qui vient d’expliquer sérieusement que les pyramides ont été construites par des lézards interdimensionnels.

Le féminisme, Carl Jung et la dignité humaine viennent tous de faire un AVC collectif dans les toilettes du club.

Et attention : les hommes sont pires.

Des mecs qui passent :

deux heures à la salle,

trois heures à choisir une chemise,

quatre heures à jouer les prédateurs alpha…

…pour finir complètement détruits à manger un kebab assis sur un trottoir en demandant à un lampadaire : “Frérot t’as déjà aimé toi ?”

Même les animaux regarderaient certaines soirées humaines avec inquiétude.

Tu mets :

de l’alcool,

de la cocaïne,

des frustrations affectives,

des réseaux sociaux,

des hormones,

et de la musique assez forte pour dérégler les satellites européens…

…et tu obtiens : la parade nuptiale occidentale moderne.

Le pire, c’est cette obsession du : “profiter.”

Les gens disent : “Il faut profiter tant qu’on est jeunes.”

Oui.

Mais profiter de quoi exactement ?

D’oublier son prénom dans une cuisine à 4h du matin pendant qu’un type déguisé mentalement en sanglier sous MDMA essaye de citer Friedrich Nietzsche avec un accent de Seine-et-Marne ?

L’époque entière confond :

liberté,

destruction,

impulsivité,

et absence totale de colonne vertébrale intérieure.

Parce qu’en réalité beaucoup ne cherchent même plus le plaisir.

Ils cherchent : l’anesthésie.

Faire taire :

l’anxiété,

le vide,

la solitude,

l’impression d’être perdu,

le sentiment de ne pas savoir où va leur vie.

Alors ils boivent. Ils couchent. Ils dansent. Ils hurlent. Ils recommencent.

Comme des astronautes émotionnels dérivant dans une boîte de nuit infinie sans gravité morale.

Et le lendemain ?

Les mêmes reviennent sur Instagram avec :

un café,

des lunettes noires,

une citation pseudo-profonde,

et : “Only good vibes ✨”

Non Jennifer.

Hier tu étais possédée par l’esprit d’un gobelin des mines de la Moria sous tequila-fraise.

Restons honnêtes historiquement.

Mais le plus violent dans tout ça…

ce n’est même pas la débauche.

C’est l’absence totale de direction intérieure.

Avant les gens faisaient parfois n’importe quoi… mais ils construisaient quelque chose derrière :

une famille,

une œuvre,

un métier,

une vision,

une colonne vertébrale.

Aujourd’hui beaucoup flottent.

Ils expérimentent leur propre existence comme des bêta-testeurs sous alcool.

Et plus ils flottent… plus ils cherchent des sensations fortes pour oublier qu’ils n’ont aucun axe réel.

Voilà pourquoi “se baiser d’abord” devient presque révolutionnaire.

Parce que ça veut dire : arrêter de se dissoudre dans le chaos collectif juste pour ne pas se sentir seul cinq minutes.

Ça veut dire : être capable de rentrer chez soi avec sa lucidité intacte pendant que le monde entier transforme son cerveau en smoothie émotionnel à la vodka Red Bull.

Et honnêtement ?

Dans certaines soirées modernes…

le seul adulte sobre mentalement ressemble effectivement à Bouddha coincé dans un DLC dégénéré du Seigneur des Anneaux.

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