Chapitre 4 Destination Machu Picchu
Nous sommes arrivés à l'hôtel qui nous hébergera pendant notre séjour. L'enseigne est très attrayante et l'on peut lire son nom écrit en grosses lettres lumineuses : « PICCHU VIEW ».
Alors que James entrait dans le hall de l'hôtel pour récupérer nos clés de chambres, Anthony s'approcha de moi et me chuchota à l'oreille :
— Djenna, tu es certaine d'avoir fait le bon choix ?
— Oui... Pourquoi me demandes-tu cela ? répondis-je avec un regard interrogateur.
— C'est-à-dire que... j'ai l'impression que tu hésites à chaque fois que ton loup-garou se comporte de façon romantique avec toi, dit-il en regardant la porte du hall.
— N'importe quoi ! Je n'hésite pas le moins du monde. Je n'ai simplement pas l'habitude, c'est tout, lui rétorquai-je en lui tournant le dos.
— Si, je le sens bien. Tu n'as pas pu oublier les sentiments que tu avais, ou que tu as peut-être encore pour moi. C'est pour cela que tu m'as appelé et demandé de t'accompagner, lança Anthony en m'enlaçant par derrière.
Je sentis mes joues s'empourprer à son geste. Heureusement, il s'écarta rapidement dès que James réapparut.
Le soir de notre premier jour, nous nous installâmes dans notre chambre. Elle était très grande, avec une pièce principale contenant un lit pour deux personnes. J'avais deviné que cette pièce était destinée à James et moi.
Anthony, lui, dormirait dans l'autre chambre, séparée de la nôtre par la salle de bain et équipée de deux lits simples.
Après avoir rangé nos affaires, nous redescendîmes au restaurant de l'hôtel. Nous commandâmes notre repas puis, une fois celui-ci terminé, nous remontâmes dans nos chambres afin d'aller nous coucher.
Avant d'entrer dans la nôtre, je voulus souhaiter bonne nuit à Anthony :
— Bonne nuit !
— Merci. À toi aussi, ma belle, et fais de beaux rêves, ajouta-t-il avec un sourire sublime.
Nous rentrâmes ensuite chacun dans notre chambre.
À peine entrée, je vis que James avait déjà pris sa douche. Je partis donc prendre la mienne.
Quand je revins et me recouchai à côté de mon loup-garou, qui regardait un téléfilm, je sentis que l'atmosphère était particulièrement lourde, comme pendant le repas.
Je me tournai vers lui et lui demandai :
— Qu'est-ce qu'il y a ?
— Rien... Ne t'inquiète pas, répondit-il d'un ton sec.
— Si, je vois bien que quelque chose te tracasse, lui dis-je en posant ma main sur son torse.
— Eh bien... je voudrais juste savoir une chose, demanda-t-il doucement.
— Vas-y, tu peux me demander ce que tu veux.
— Quelle est la véritable raison pour laquelle tu as invité l'autre ?
Sa voix était empreinte de doute.
— Je l'ai invité parce qu'il peut nous être utile dans notre quête et parce qu'il est mon ami, répondis-je très sérieusement.
— Tu en es sûre ? Parce que tout à l'heure, j'ai vu une scène qui ne m'a pas du tout plu, lança le loup-garou avec une pointe de colère.
— Attends, James, ce n'est pas ce que tu crois. C'est lui qui s'est approché de moi et qui m'a enlacée, déclarai-je avec assurance.
— Et tu t'es laissée faire ! hurla-t-il.
— Ne crie pas après moi, s'il te plaît. Je t'assure que tu es le seul que j'aime, le seul qui arrive à me calmer pendant mes crises et... je ne pourrais pas...
Je ne pus terminer ma phrase.
James posa alors ses lèvres sur les miennes dans un long baiser passionner. Toute la tension qui régnait entre nous sembla disparaître peu à peu.
Je sentis son étreinte se resserrer tandis que nous nous rapprochions l'un de l'autre. À cet instant, plus rien n'existait autour de nous. Il n'y avait que nous, nos battements de cœur et ce lien si fort qui nous unissait. Il descendit avec douceur une de ses mains sur mes hanches me caressant la joue avec l’autre. Puis il descendit sa main entre mes cuisses remontant lentement vers mon clitoris avec lequel il joua quelques instants afin de me titiller. Mes cris s’intensifièrent au moment où James entra d’un coup à l’intérieur de moi et entama des vas et viens de plus en plus rapides. Plusieurs minutes plus tard, il jouit à l’intérieur de moi me faisant pousser un soupir d’extase.
Cette nuit-là fut particulière pour nous deux. Nous nous découvrîmes davantage, avec tendresse et confiance. C'était un moment intime, rempli d'émotions, que je savais déjà inoubliable.
Lorsque tout fut terminé, nous restâmes allongés côte à côte, encore essoufflés, profitant simplement de la présence l'un de l'autre dans le calme de la nuit.
Le lendemain matin, en me réveillant, un sourire illumina mon visage. Mais en me tournant de l'autre côté du lit, je ne vis pas mon loup-garou, ce qui me rendit aussitôt triste.
Je décidai donc de prendre ma douche, de m'habiller et d'aller au restaurant de l'hôtel pour reprendre des forces avant notre périlleuse aventure à la recherche de l'origine de mes pouvoirs.
En entrant dans la salle, je repérai James et Anthony en pleine discussion animée. Lorsqu'ils me virent arriver, ils s'interrompirent immédiatement. Anthony se leva et s'éloigna.
C'est alors que je demandai :
— De quoi étiez-vous en train de parler avant que j'arrive ?
— Oh ! De rien d'important, mon amour, répondit James en essayant de paraître naturel.
— N'essaie pas d'esquiver la question. Tu vas me dire ce qui s'est passé ?
— Je ne pourrai pas y échapper, c'est ça ? dit mon loup-garou en s'avouant vaincu.
— Non, tu ne pourras pas. Alors, qu'est-ce qui s'est passé entre vous deux ?
— Eh bien... disons que ton ami Anthony a tout entendu de notre soirée d'hier et qu'il n'a pas vraiment apprécié, répondit-il avec un sourire amusé.
— Et vous étiez en train de vous disputer pour ça ? C'est vraiment gamin, vous le savez ?
— Oui, je sais. Mais ça prouve qu'on a gardé notre âme d'enfant.
— Peut-être, mais il faut qu'on y aille maintenant. Alors bouge tes fesses, d'accord ?
— D'accord, d'accord, j'arrive, mon amour, répondit-il avant de me donner une petite tape discrète.
Après être sortis du restaurant, nous remontâmes dans notre chambre afin de préparer nos affaires pour l'expédition.
En arrivant dans le hall, je vis Anthony déjà prêt. Il portait un débardeur noir qui mettait parfaitement sa silhouette en valeur ainsi qu'un bermuda beige qui lui allait très bien.
Lorsque je m'approchai de lui, il se retourna et me lança un simple :
— Bonjour...
— Bonjour, Anthony. Peux-tu te retourner, s'il te plaît ? demandai-je calmement.
— Non, je ne peux pas. Sinon, ton cher loup-garou risque de me tuer. Enfin... si vos soirées passées à faire l'amour ne le font pas avant, répondit-il d'un ton mêlant sarcasme et colère.
— Tu n'as rien à craindre de James. Il ne te fera aucun mal tant que tu resteras mon ami. Et je suis désolée que tu aies entendu ce qui s'est passé hier soir. Ce n'était pas prévu. Mais au moins, tu as pu constater à quel point j'aime mon petit ami.
— Je n'en suis toujours pas convaincu... et je peux même le prouver ! déclara Anthony avec une lueur malicieuse dans les yeux.
— Ah oui ? J'aimerais bien voir ça, répondis-je avec provocation.
Avant même que je comprenne ce qu'il allait faire, Anthony s'approcha brusquement de moi.
Surprise, je restai figée quelques secondes avant de me reculer immédiatement.
— Anthony ! Ça ne va pas ou quoi ? lançai-je, choquée.
Il croisa les bras.
— Tu vois ? Tu réagis différemment quand c'est moi.
— Parce que tu viens de dépasser les limites. Je t'apprécie beaucoup, mais cela ne change rien à ce que je ressens pour James.
Anthony détourna le regard, visiblement contrarié.
— Peut-être... murmura-t-il.
À cet instant, James arriva.
— Qu'est-ce que j'ai manqué ? demanda-t-il en passant un bras autour de ma taille.
— Rien du tout ! répondîmes-nous à l'unisson.
— Dans ce cas, nous pouvons y aller, reprit-il avec un sourire.
Avant de monter dans la voiture, je vis Anthony me faire un clin d'œil, ce qui me fit rougir malgré moi.
Quelques heures plus tard, nous arrivâmes enfin devant le Machu Picchu.
En contemplant l'immense site qui s'étendait devant nous, je sentis le stress monter peu à peu.
James, qui remarqua immédiatement mon inquiétude, me serra contre lui et murmura à mon oreille :
— Tu n'as pas à avoir peur. S'il arrive quoi que ce soit, je serai toujours là. Et Anthony aussi. Alors détends-toi.
— Merci pour ton soutien, mon amour. Je suis prête maintenant.
— C'est bien. Nous te suivons, répondit-il d'un ton encourageant.
Avant de commencer l'ascension, je jetai un coup d'œil à Anthony, qui était resté silencieux depuis un moment.
Lorsque nos regards se croisèrent, il détourna immédiatement les yeux, ce qui provoqua un étrange pincement dans ma poitrine.
Arrivés au sommet, nous observâmes les alentours à la recherche d'un indice.
Puis, soudain, je poussai un cri de joie :
— Hourra ! Enfin trouvé ! Regardez !
Je pointai du doigt une petite ouverture dissimulée dans la roche.
— Magnifique, ma chérie ! Tu es la meilleure, dit James en m'embrassant sur le front.
— Oui, bien joué, Djenna, ajouta Anthony.
Je décidai alors d'entrer seule dans la grotte en me glissant par l'étroite ouverture.
Après avoir traversé un long tunnel, une voix résonna dans l'obscurité :
— Bonjour, ma chère Djenna. Comment vas-tu ?
— Bonjour, monsieur... Comment connaissez-vous mon nom ? Je vais bien, merci, répondis-je, troublée.
— Je suis un sage. Il est donc normal que je te connaisse. Je sais également pourquoi tu es venue jusqu'ici.
Sa voix était douce et apaisante.
— Je vois... Dans ce cas, je n'ai plus besoin de vous expliquer ma présence. Pouvez-vous m'aider ?
— Avant toute chose, tu dois me dire sincèrement ce que tu attends de tes pouvoirs, ce que tu souhaites en faire. Ensuite seulement, je pourrai t'apprendre à les maîtriser.
Je réfléchis quelques instants avant de répondre :
— Je ne sais pas vraiment ce que je veux en faire. Je n'y ai jamais réfléchi. Mais je voudrais qu'ils me permettent d'aider les personnes que j'aime, pas de leur faire du mal.
Le vieil homme sourit.
— Je n'attendais pas moins de toi, mon enfant. Tu possèdes un cœur généreux.
Puis il ajouta :
— Et cesse de m'appeler « monsieur le sage ». Appelle-moi simplement Shanalum.
— D'accord... monsieur Shanalum.
Il éclata de rire.
— C'est un début.
Je souris à mon tour.
— Bien. Nous commencerons ton entraînement demain, si tu le souhaites. Et tu pourras faire entrer tes deux amis avec toi.
— Merci, Shanalum, répondis-je avec gratitude.
Le vieux sage inclina légèrement la tête tandis que je me préparais à rejoindre James et Anthony pour leur annoncer la nouvelle.
Je ressortis de la grotte avec le sourire, rejoignant les deux garçons qui attendaient en trépignant d'impatience.
En me voyant revenir, James accourut vers moi, suivi de près par Anthony, qui baissait la tête afin d'éviter mon regard. Serait-ce à cause de ce qui s'était passé tout à l'heure ?
Pendant ce temps, mon petit ami m'enlaça et me chuchota à l'oreille :
— Tu as l'air ailleurs. Est-ce que tout va bien ?
— Oui, ne t'inquiète pas. C'est juste ma fatigue qui est devenue bien plus forte. Il faut que je me repose, dis-je en feignant une fatigue passagère.
— Je t'aime. Si quelque chose te tracasse, dis-le-moi, me répondit mon copain en resserrant un peu plus son étreinte.
Son geste me toucha beaucoup, et cela se vit immédiatement sur mon visage, qui devint tout rouge après sa petite déclaration.
Le lendemain, nous repartîmes voir Shanalum afin qu'il m'apprenne à contrôler mes pouvoirs. En arrivant devant l'entrée de la grotte cachée, les garçons s'arrêtèrent, croyant qu'ils n'étaient pas les bienvenus.
Alors je leur dis :
— Vous pouvez venir avec moi cette fois. Shanalum me l'a dit hier, expliquai-je simplement.
— Tu en es sûre, mon amour ? me demanda James.
— Oui, et j'aurai besoin de votre force et de votre soutien à tous les deux.
— Nous viendrons avec toi alors, n'est-ce pas Anthony ? demanda mon loup-garou, tout excité, avant de m'embrasser tendrement.
— Oui..., répondit le maître des éléments d'une voix à peine audible, tout en baissant la tête.
Je sentais bien sa gêne et je ne comprenais pas pourquoi il se comportait de cette façon.
Les semaines passèrent et la fin de mon entraînement arrivait à grands pas. Je contrôlais de mieux en mieux mes pouvoirs. J'étais soutenue par James, et c'était ce qui me donnait le plus envie de me dépasser.
Cependant, j'avais l'impression qu'Anthony s'éloignait de moi. Chaque jour, il nous accompagnait, mais restait dans son coin. Lorsque je remarquais qu'il me regardait, il détournait aussitôt les yeux.
Je ressentais alors une immense douleur dans la poitrine. Mon cœur me faisait mal, tout aussi mal que le jour où James m'avait dit qu'il m'aimait mais que nous ne pouvions pas être ensemble.
Un soir, après mon entraînement, Shanalum prononça ces mots :
— Djenna, ma petite, tu es devenue plus forte et je suis très fier de toi.
— Merci, maître. Vous m'avez beaucoup appris, lui répondis-je.
— Il ne te reste plus beaucoup de jours pour t'entraîner. À la fin de ton apprentissage, tu devras faire un choix important, me dit-il avec un magnifique sourire.
Nous le quittâmes donc et retournâmes à l'hôtel.
Une fois arrivés, James reçut un appel important. Il s'isola pendant que je regardais la télévision. Anthony, lui, s'était directement enfermé dans sa chambre sans dire un mot.
Lorsque James revint, il posa son téléphone sur la commode avant de s'approcher de moi et de m'embrasser sur le front.
— Ma chérie, je dois partir pendant deux jours auprès de ma famille qui vit à Cuba. Je n'ai pas envie de te laisser, mais c'est vraiment important.
— Tu es sûr que tu ne peux pas attendre la fin de mon entraînement ? Je vais me sentir seule sans tes encouragements, lui dis-je tristement.
— Je sais. Tu vas énormément me manquer pendant ces deux jours, mais fais de ton mieux pour progresser, me chuchota-t-il au creux de l'oreille.
— D'accord..., répondis-je avec inquiétude.
Puis nous échangeâmes plusieurs baisers tendres avant de nous endormir, épuisés par notre longue journée.
Le lendemain du départ de James, je poursuivis mon entraînement jusqu'au soir. Anthony m'accompagnait toujours, mais ne m'adressait presque plus la parole.
Lorsque nous rentrâmes à l'hôtel, je décidai enfin de lui parler.
— Dis-moi, qu'est-ce qui t'arrive depuis que j'ai commencé mon entraînement ?
— Rien du tout ! lâcha-t-il presque en colère.
— Je ne te crois pas. Tu ne serais pas dans cet état sinon, répondis-je en essayant de contrôler ma propre colère.
— Ne t'inquiète pas pour moi. Tu es heureuse avec ton loup-garou, alors je suis heureux pour toi, dit-il finalement en se rapprochant.
— Je... je suis désolée...
— Pour quoi ? demanda-t-il, intrigué.
— Pour tout... Pour t'avoir fait souffrir... Pour ne pas pouvoir te donner ce que tu souhaites..., murmurai-je.
— Je vois..., répondit-il en soupirant.
Il s'approcha encore davantage.
— Alors laisse-moi faire une chose.
— Quoi donc ? demandai-je en sentant mon souffle devenir irrégulier.
Il était tellement proche que je ne remarquai même pas le moment où ses lèvres se posèrent sur les miennes.
Lorsque le baiser prit fin, il me regarda longuement avant de murmurer :
— Peu importe ce qui arrive, sache que je tiens à toi plus que tu ne l'imagines.
Puis il me rapprocha de lui avant de descendre sa main vers les boutons de mon pantalon, de le déboutonné et d’y glisser sa main. Je sentis ses doigts entrés en moi et me procurer une sensation des plus agréable. Après m’avoir allongé sur le lit il descendit son pantalon, sa verge durcit apparut devant moi avant d’entrer à son tour en moi, me faisant pousser des cris de plaisir.
Anthony jouit en moi avant de se relever et de me dire :
— Bonne nuit, Djenna.
Avant que je puisse répondre, il quitta la chambre et retourna dans la sienne, me laissant seule avec mes pensées.
Le matin fit son apparition et, en me levant, je me souvins de la nuit dernière. Je rougis à la fois de honte et de plaisir.
Ce que j'avais fait était très injuste envers James. Je venais de le tromper avec l'autre garçon qui faisait battre mon cœur. Pourtant, le moment que j'avais passé avec Anthony avait été intense et inoubliable. Je n'avais jamais ressenti un tel sentiment, même avec mon loup-garou.
D'ailleurs, James devait rentrer cet après-midi et nous rejoindre près de la rivière, non loin du Machu Picchu. Je devais absolument demander à Anthony de ne rien lui révéler de ce qui s'était passé entre nous. Je voulais être celle qui lui annoncerait la vérité, même si cela risquait de me faire perdre l'un des deux.
Le lendemain, comme à notre habitude, je pris mon petit-déjeuner avec Anthony et profitai de ce moment pour lui parler.
— Anthony, je dois te demander une faveur.
— Qu'est-ce que c'est, ma belle ? demanda-t-il.
— Je voudrais que tu ne parles pas de ce qui s'est passé entre nous à James, du moins pas avant que je ne le lui dise moi-même.
— D'accord, mais à une condition.
— Laquelle ?
— Que tu reconnaisses que cette soirée a compté pour toi.
Je baissai les yeux quelques secondes avant de répondre :
— Oui... Je reconnais que ce moment a été important pour moi.
Anthony esquissa un sourire satisfait.
L'après-midi arriva rapidement et mon entraînement avançait à grands pas. J'arrivais désormais à mieux contrôler mes pouvoirs ainsi que mes émotions.
Lorsque James arriva, il me prit immédiatement dans ses bras avant de déposer un baiser passionné sur mes lèvres.
— Djen, tu m'as horriblement manqué ! s'exclama-t-il.
— Toi aussi, tu m'as manqué, répondis-je avec un sourire.
Mais son expression changea brusquement.
— Djenna... quelque chose ne va pas ?
Je baissai les yeux.
— Je dois t'avouer quelque chose... Quelque chose que j'aurais dû te dire tout de suite.
— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il, soudain inquiet.
— James... je t'ai trahi.
Le silence qui suivit fut terrible.
— Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda-t-il d'une voix tendue.
Je pris une profonde inspiration.
— Pendant ton absence... j'ai commis une erreur avec Anthony.
Le visage de James se décomposa.
— Non... Dis-moi que ce n'est pas vrai.
— Je suis désolée...
Anthony, qui se trouvait non loin de nous, intervint alors :
— Elle te dit la vérité.
James se tourna vers lui, les poings serrés.
— Toi...
— Arrêtez ! criai-je. Tout est de ma faute ! Je suis la seule responsable !
La tension était devenue insupportable.
Shanalum, qui observait la scène depuis plusieurs minutes, s'apprêtait à intervenir lorsque soudain un bruit sec fendit l'air.
Une flèche.
Le vieux sage vacilla avant de s'effondrer au sol.
— Maître ! hurlai-je.
Je me précipitai vers lui et pris sa tête entre mes mains.
— Maître, répondez-moi ! Je vous en supplie !
Sa respiration était faible.
— Djenna... tu es prête maintenant...
Des larmes coulèrent sur mes joues.
— Non... ne dites pas ça...
— Combats avec ton cœur... et non avec ta colère...
Sa voix s'éteignit peu à peu.
Puis il rendit son dernier souffle.
Je restai figée quelques secondes, incapable d'accepter ce qui venait de se produire.
Autour de nous, le silence semblait irréel.
Finalement, je déposai doucement la tête de Shanalum sur le sol et me relevai.
Les larmes avaient cessé de couler.
À leur place brûlait désormais une détermination nouvelle.
Je me tournai vers James et Anthony.
Peu importe nos conflits.
Peu importe nos blessures.
L'ennemi était là.
Et nous allions devoir l'affronter ensemble.
Mais au moment où je m'apprêtais à avancer, une étrange sensation parcourut tout mon corps.
Ma vision se brouilla.
Mes jambes cédèrent.
Et je m'effondrai dans l'obscurité.
à Suivre...

Annotations