Chapitre 5 : La Danse

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Dans le Velmor, la légende des Marcheurs n'était pas une simple matière de théâtre. Apprise dès l'enfance, chantée dans les fêtes, rejouée jusqu'à prendre l'épaisseur d'un rite, elle imposait ses limites. Même les moqueurs savaient où commençait la faute : on ne brisait pas n'importe comment une scène de Marcheurs.

Dans ces récits, le masque ne dissimulait pas seulement un visage. Il autorisait une autre manière d'exister. Les Velmoriens prêtaient à leurs anciens ennemis une étrangeté presque sacrée, et cette aura avait gagné leur théâtre. Derrière le masque, un personnage pouvait devenir grotesque, séduisant, inquiétant, ridicule ou sublime, sans jamais se réduire au comédien dessous.

La danse ajoutait au trouble. Elle approchait pour mieux se dérober et semer l'hésitation. Nul besoin de règle écrite : assez de maîtres, de parents et d'élèves avaient grandi avec ces récits pour retenir leur souffle devant certains gestes.

Olen avait paru idéal pour Ishtal : il portait déjà, malgré lui, ce mélange de ridicule et de grâce. Liam, lui, ne possédait pas cette évidence. Il lui fallait le masque pour disparaître assez longtemps derrière le rôle.

Quelques secondes gagnées entre un geste et le verdict des regards. Parfois, c'était tout ce qu'un masque pouvait offrir.

***

Ishtal n'avait plus d'arme.

Sous le masque, Liam entendait encore le bâton glisser sur les planches. Il aurait dû se jeter à sa suite, interrompre la scène, demander qu'on recommence. Aucune de ces issues ne prit forme.

Il ne bougea pas.

Après la mort d'Olen, les adultes avaient déjà parlé à sa place. Ils avaient expliqué, conclu, décidé ce qu'il fallait comprendre.

Rien d'utile.

Sur scène, cette impuissance lui revint avec une netteté cruelle.

De nouveau, d'autres décideraient du sens de ce qui venait d'arriver : Jean, Dame Ua, les maîtres, le public. Liam pouvait rester là, vidé de son rôle, pendant que les autres achevaient la scène sans lui.

Non.

Ishtal balayait la foule du regard. La plupart demeuraient silencieux ; certains riaient, d'autres laissaient percer leur confusion. Quelques-uns commençaient déjà à se lever. Orange, elle, gardait les bras immobiles, les yeux fixés sur lui. Elle attendait la suite.

Pour la première fois depuis longtemps, la mort d'Olen recula. L'accident du bâton aussi.

Alors il éclata de rire et se plia en deux.

Jean marqua un temps d'arrêt.

Son rire emplissait l'estrade. Trop haut. Trop libre. Impossible à ranger dans la chorégraphie. Sous son armure, Jean resserra les doigts autour de son arme. Sa garde monta d'un cran.

Il attaqua.

Pas pour punir. Pas encore. Pour reprendre le fil.

Alors Ishtal accomplit le premier geste véritablement spectaculaire de la pièce. Il esquiva l'attaque d'un mouvement net, puis se redressa dans un enchaînement d'une agilité presque insolente. Liam sentit son corps retrouver les appuis appris sous les arbres : chaque muscle, chaque pas suspendit le souffle autour de lui. Les gradins s'étaient rassis.

Jean s'arrêta. Il se reprit. Puis, presque imperceptiblement, il sembla lui céder une part du contrôle. Liam laissa mourir son rire et se mit à danser. Ce n'était pas prévu dans la chorégraphie. La danse faisait partie des usages chez les Marcheurs : on les décrivait comme des combattants élégants, dont l'art martial se confondait parfois avec le mouvement rituel. Mais ce que Liam exécutait ne semblait familier à personne. Peut-être y avait-il, finalement, des limites à l'improvisation. La Dame Noire se leva.

Liam sentit presque aussitôt son regard peser sur lui.

La bouche serrée, les doigts trop blancs sur le rebord devant elle.

Ishtal interprétait, à sa manière, la danse de l'Astre Noir. Celle que Liam avait espionnée, certaines nuits durant l'année, dans le bois. Celle-là même qui reposait désormais dans sa Pierre.

Liam ne pourrait jamais l'exécuter avec la précision de Lamora, même aidé par cet outil. Alors il la tordait. Trop ample à certains endroits, trop sèche à d'autres. Une caricature.

Ce n'était pas seulement une audace : c'était une salissure.

Dame Ua s'était raidie. Il exposait le secret en le déformant, assez pour maintenir la foule entre admiration, malaise et rire.

Lamora bougea près d'elle.

Elle lui saisit aussitôt le poignet. Un geste sec, sans regard pour lui. Lamora avait déjà le corps tourné vers l'estrade, prêt à monter. Elle le retint. Pas un mot. Rien qu'une pression blanche autour des os, et son visage fermé, tourné vers Liam.

Jean suivit le mouvement des yeux.

Son regard alla de Dame Ua à Lamora, revint vers Liam, puis glissa aux gradins. La foule ne suivait plus seulement le duel. Elle guettait Liam. Son rire. Ses pas. Ses écarts. Même les silences lui appartenaient peu à peu.

Jean recula d'un demi-pas.

Trop visible.

Il corrigea aussitôt sa posture, releva son arme et avança. Son visage resta lisse, mais sa mâchoire se durcit. Cette fois, son attaque coupa court à la danse.

Ishtal tournait encore autour de lui. Puis, soudain, ses appuis cessèrent de le sauver. Il encaissa l'attaque de plein fouet. Pire encore : il s'y jeta.

Jean avait frappé trop fort.

Le choc arracha le masque d'un côté, le déchira de l'autre. Une marque apparut sous l'œil de Liam. Presque aussitôt, le sang tomba sur l'estrade, goutte après goutte.

Jean vit le sang, et sa garde descendit.

Le masque venait de céder. Derrière Ishtal, Liam était de retour. Il le lut dans ce recul, dans cette main arrêtée trop bas, dans cette seconde où Jean ne chercha plus à poursuivre. Le garçon auquel il avait présenté des excuses se tenait devant lui, l'arcade ouverte. Finie, l'hilarité. Autrefois, Liam savait absorber la douleur physique, s'y dissoudre presque. Mais celle-ci rouvrit autre chose : la terre, les coups, La Brute.

Son regard chercha un point fixe dans les gradins.

Il tomba sur Ymir.

Il revit son rire sur la place, la main de Lamora sur son épaule. Cette fois, elle ne riait pas. Elle ne détournait pas les yeux non plus.

Sur l'estrade, le sang gouttait toujours. Ymir gardait les yeux fixés sur Ishtal, ou sur ce qu'il en restait : une tunique noire, un masque brisé, celui de Liam dessous.

Pas de pitié visible. Pas de recul. Pas ce regard qu'il connaissait trop bien, celui qu'on pose sur une chose ratée.

Liam arracha le dernier fragment de masque qui pendait encore. Leurs regards se croisèrent. Ni l'un ni l'autre ne détourna les yeux.

Le tumulte lui battait dans le crâne, et la Pierre semblait le traverser avec lui. Sa présence suffisait presque à contenir le chaos.

Une blessure, sur scène, n'aurait pas toujours suffi à tout arrêter. Mais ici, le sang tombait au milieu d'une scène déjà trop instable. De nouveau, une excitation parcourut le public. Dame Ua debout, Lamora retenu au bord de l'estrade : la pièce sortait de ses cadres habituels.

Liam serra les dents.

Il n'était plus seulement blessé, ni seulement l'ancien exclu qu'on regardait tomber. Pas devant elle. Pas devant eux.

La douleur n'eut plus sa place. L'échec non plus. Liam se jeta vers Jean, avec ce qu'il restait d'Ishtal pour élan. Bientôt, ses coups cessèrent d'être froids, presque scolaires. L'instinct les gagnait, et la colère avec lui.

Le tumulte lui ouvrit une marge. Il recula d'un pas dansé vers le bord de l'estrade, attira Jean avec une feinte trop large, puis pivota au dernier moment. L'épée passa près de lui. Sa main descendit vers les premiers rangs, là où son bâton avait fini sa course, et s'y referma.

Il le ramena contre lui d'un coup sec.

Liam prenait l'avantage, sans élégance ni maîtrise. Chaque coup partait trop vite, trop fort, sans économie. En face, Jean perdit une fraction de sa netteté. Sa défense se resserra. Son regard chercha les gradins, revint vers Liam, repartit vers les premiers rangs.

Personne ne venait.

Liam recula d'un pas dansé, leva son bâton récupéré comme une arme de parade, puis salua Jean d'une courbette grotesque.

Un rire nerveux éclata dans les premiers rangs.

Jean se figea.

Ce rire ne suivait plus Ishtal. Il tombait sur lui. Sur le meilleur combattant de l'Académie, peut-être son élève le plus accompli, réduit à subir les caprices d'un garçon blessé, le visage en sang, debout seulement parce que personne n'osait l'arrêter.

Jean chercha son mentor, sans trouver ni signe ni ordre.

Sa mâchoire se durcit. Sa main glissa sur la poignée de son arme, puis s'y referma plus fort. Le rire s'était déjà éteint, mais l'attente demeurait. Plus lourde. Plus cruelle.

Jean pouvait encore reculer. Lever une main. Rendre l'accident visible.

Il ne le fit pas.

S'il reculait, il reculait seul. S'il baissait son arme, le sang sur le visage de Liam devenait une preuve : le meilleur élève de l'Académie avait perdu le duel, perdu son calme, perdu son rôle.

Jean releva son arme.

Son visage resta presque lisse. Presque. La mâchoire, elle, ne suivait plus. Il ne regardait déjà plus Liam comme un garçon blessé.

Il regardait l'obstacle.

À travers le sang, Liam crut le voir choisir un point ailleurs que la tête. Un endroit plus acceptable. Jean ne voulait pas ressembler à La Brute. Peut-être. Mais sa posture disait autre chose : il allait frapper quand même.

Pas pour détruire : pour remettre les choses en ordre.

La façon dont Liam refusait de rentrer dans le rang le poussait, peu à peu, dans ses retranchements. Une large part de la foule s'était levée. Deux spectateurs avançaient déjà vers l'estrade.

Liam céda davantage de place à Ishtal.

Il tourna sur lui-même, leva son bâton dans un salut grotesque, puis reprit ses pas autour de Jean. Des mains retombèrent. Un parent tira son voisin par la manche. Une maîtresse resta debout, bouche ouverte, sans franchir le premier rang.

Liam sentit l'espace s'ouvrir, infime, entre le danger et le rôle.

Il recula, pivota, força Jean à revenir dans son cercle. En face, l'endurance de Jean ne montrait aucune faille. Liam, lui, commençait à manquer d'air. Le silence s'épaississait autour d'eux. Depuis un moment déjà, aucun des deux comédiens n'avait prononcé la moindre réplique. Alors Liam s'en improvisa une, volontairement vague, presque générique.

Son visage était découvert. Sans le masque, Ishtal perdait sa forme. Il ne lui restait que le bâton pour parler.

Shlack !

Son corps le lâchait. Dans les gradins, des gens se levaient.

Shlack !

Dame Ua avait relâché le poignet de Lamora. Son disciple s'était avancé jusqu'au premier rang, au bord de l'estrade, pour observer la fin de la « scène ».

Shla-aaack !

Au dernier coup, le bâton se fracassa contre l'épée. Le bois éclata. Dans les légendes, les véritables bâtons des Marcheurs, forgés dans leur célèbre substrat, étaient réputés presque incassables.

Le sien était brisé.

Il ne restait plus aucune trace d'Ishtal. Liam ne pouvait même plus s'accorder l'étrange luxe de danser. Un sourire mauvais passa sur le visage de Jean : pas tout à fait de la méchanceté, plutôt le soulagement d'avoir repris quelque chose. Cette expression rendit à Liam un vieux souvenir. Ils avaient été plusieurs à lui rendre la vie difficile, à des degrés divers. Jean en faisait partie. Il avait même été le premier. Peut-être était-ce là le plus grave. Quelque chose se rompit.

Liam se jeta sur Jean sans plus rien chercher de beau. En face, l'autre avait perdu son aplomb.

Il le percuta d'un coup de tête d'une violence brute.

Puis il chuta en arrière, étourdi. Il resta étalé au sol, incapable de bouger. Sa vision se brouillait ; la silhouette de Jean n'était plus qu'une masse incertaine. Une seule certitude lui resta : il l'avait sonné. Le temps s'étira. Puis, peu à peu, un bruit sourd s'imposa, écrasant tous les autres.

— Personne ne bouge ! Qu'Ishtal finisse ce qu'il a commencé ! s'écria Dame Ua.

L'ordre tomba sur les gradins avec une violence sèche. Des mains déjà levées s'immobilisèrent. Un élève, au bord de l'estrade, recula d'un pas sans quitter Liam des yeux.

Dans les gradins, la Dame Noire restait debout, droite, noire, le bras encore tendu vers l'estrade. Elle fixait Liam comme une tache faite à la scène.

Pas une seconde elle ne regarda la blessure. Ses yeux restaient sur le désordre de la scène.

Un adulte posa un pied sur les planches. Liam le vit à travers le sang. Avant même que l'autre pied suive, Dame Ua tourna la tête.

— Vous voulez briser une scène de Marcheurs ? demanda-t-elle, plus bas. Devant eux tous ?

L'homme s'arrêta.

Le sang était impossible à manquer. Pourtant, autour de lui, les visages se fermaient déjà. Des parents tenaient leurs enfants par l'épaule. Des élèves se penchaient, puis se ravisaient. Une maîtresse porta la main à sa bouche sans avancer.

Le pied de l'homme resta suspendu au bord de l'estrade. Une seconde de plus, et il aurait dû choisir : le garçon au sol, ou le rite devant tout le village.

Il recula.

Personne ne rit. Personne ne protesta. Pour Liam, ce recul pesa plus lourd qu'un ordre.

Plus loin, Dame Nihiline tenta de se frayer un passage. Liam la reconnut par éclats : une manche claire, une voix nette, deux mains qui repoussaient des épaules. Mais l'accès à l'estrade s'était refermé : élèves figés, parents debout, banc renversé, adultes trop serrés pour avancer sans écraser ceux de devant. Elle appela deux noms. On lui répondit peut-être. Liam n'entendit qu'un mouvement confus.

Quelqu'un cria son prénom, ou il crut l'entendre.

Liam rassembla juste assez de force pour essuyer le sang qui lui coulait dans les yeux. Le dernier choc avait rouvert la plaie. Autour de l'estrade, le public formait un cercle tremblant.

Il chercha ses parents parmi les visages brouillés. Sa mère était debout, trop loin, une main plaquée contre sa bouche. Son père avait quitté sa place ; il restait au bord d'une rangée, les épaules raides, bloqué par la masse ou par autre chose. Leurs regards croisèrent peut-être le sien. Liam n'en fut pas sûr.

Il chercha Kvöt aussi. Une petite silhouette bougea entre deux rangées, disparut derrière un dos, reparut plus loin, trop loin.

Jean avançait déjà. De plus en plus vite. Puis il s'arrêta, comme rappelé à l'ordre par un dernier reste de discipline. Les yeux de Jean quittèrent Liam pour chercher l'épée en bois tombée plus loin. Sans elle, il n'y avait plus de duel. Sans duel, il n'y avait plus de scène.

Jean fit un détour, ramassa l'arme, puis revint vers Liam. Pas tout à fait droit sur lui : droit vers la fin. Sa mâchoire tremblait d'effort, de honte ou de colère. Peut-être des trois. Liam détourna la tête, cherchant à se soustraire à l'instant. Dame Ua avait les yeux fixes.

Liam n'arrivait plus à bouger. Ses doigts tressaillirent, puis rien. Chaque tentative de mouvement déclenchait une douleur fulgurante. Aussitôt, il renonçait.

*Quel gâchis.*

Il n'avait pas peur de Jean. Ce qui l'obsédait, en revanche, c'était son incapacité à se relever pour en finir avec cette ordure.

*Bon sang… sois lucide.*

*Comment faire ?*

*Incapable.*

Puis :

*Je sais*.

La Pierre brûla contre sa hanche.

Rien ne se répara, rien ne guérit. Pourtant Liam se releva. Sans effort apparent. Il alla même jusqu'à s'étirer. Et il sourit. Le sang troublait encore sa vision, mais jamais son corps ne lui avait paru si léger. Autour de lui, la foule retenait son souffle. Jean se tenait en face. Les yeux écarquillés, il peinait à conserver son sang-froid.

Jean attaqua le premier. Pas comme un bourreau : comme un comédien revenu trop tard à sa tâche, décidé à imposer enfin une forme à ce désastre. Comme un garçon humilié aussi.

Liam encaissa de sérieux coups. Jean évita la tête, trop nettement pour que ce soit un hasard. Mais, pour le reste, il n'épargna rien.

Ce n'était pas la violence de La Brute. Pas de joie sale dans ses yeux, seulement cette raideur : l'arrêter, reprendre la scène, remettre le public du bon côté. Il frappait encore.

Pourtant, il venait de le frapper durement. Liam tint. Puis il parvint à le désarmer. D'un geste ample, à deux mains, Liam projeta l'épée de toutes ses forces. L'arme fila vers un espace vide, loin des premiers rangs. Les visages encore visibles se figèrent.

Il n'avait laissé échapper aucune grimace. Il tenait toujours debout. Il bondit. Une ultime lutte s'engagea, chaotique et presque anti-spectaculaire. Le poing de Jean s'abattit sur la hanche de Liam. Un cri strident retentit. Pour la première fois, Jean recula. Sa voix monta, brisée avant même le premier mot.

— Ma main ! Ma main !

Il avait frappé quelque chose de dur… de brûlant.

— Ma main !

Dame Ua intervint enfin, se précipitant vers Jean. Le cercle se rompit : on sépara les corps, on tenta de soigner les blessés.

Le premier à l'atteindre fut Kvöt.

Liam se débattit contre les bras du vieil homme. Même là, même blessé, il supportait mal que son mentor le « sabote » ainsi. Le vieil homme ne répondit pas. Son regard tomba sur la poche de Liam, là où le tissu fumait presque contre sa hanche.

La Pierre brûlait encore.

Kvöt jeta un regard vers la foule. Trop d'yeux. Trop près.

Il dut l'arracher avec un pan de tissu. Liam sentit la peau tirer, comme une information froide, presque extérieure. Ce qui lui arracha un cri, ce fut autre chose : le flux rompu d'un coup, la Pierre retirée, le chaos revenu trop vite dans son corps.

Le vieil homme enveloppa l'objet sans le toucher directement, puis le fit disparaître contre lui avant que les premiers adultes n'arrivent. Après cela, Liam ne garda plus rien.

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