Le seuil
Les souvenirs glissent entre ses doigts tel l’eau qui ruisselle,
laissant juste la sensation de froid mais incapable de s’aggriper.
Si près qu’il en perçoit l’odeur — métal, terre, ozone, une trace de chair vivante —,
il en devine le goût sur sa langue, se le réinvente,
un avant-goût de vérité qu’on lui aurait volé.
Mais quoi qu’il fasse ou tente, son passé se rebelle.
Il sait qu’il touche au but, aux fils de sa destinée passée.
Mais dès qu’il avance, contre sa volonté le sol s’érode.
Dès qu'il s'approche de ses réminiscences, elle se dérobent
et s’évaporent avant même qu’il n’ait pu les effleurer.
A l’instar d’une plaie qui suinte sous la peau,
sans qu’on en voie la coupure.
Une folie douce, à la fois berceuse et lame
qui le protège et le torture,
jusqu’au tréfond de son âme.
Invisible, un feu qui gèle jusqu’aux os.
Il a appris à vivre avec, à se convaincre qu’il dort,
alors qu’il est plus éveillé que jamais.
Un réveil comme tous les jours, debout sur le seuil,
avec ce doute qui emplit sa réalité.
« This is the end, my only friend, the end... »
(Jim Morrisson 1967)
un chant sortie d’outretombe, un fantome,
incapable de reconnaitre, se rappeler et pourtant ...
Cette chanson semblait se jouer tout près,
S’en suit un bruit fracassant, les mécas et leur dogme,
des tirs, destructions puis plus rien, déja l’instant d’après.
Sont interdits tous les éléments qui viennent d’un autre temps.

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