Sans titre
2 juillet 2025
Hier, il m’a recontactée.
Comme ça. Sans prévenir. Avec cette facilité déconcertante qu’il a toujours eue pour revenir dans ma vie.
On parle.
C’est fluide.
Trop fluide peut-être.
Comme si ces soixante-dix et quelques jours d’absence j’avaient jamais existé. Comme s’il n’y avait jamais eu le silence, l’angoisse, ni les nuits sans sommeil.
Ce soir, il m’a dit que je lui avais manqué. Juste ça. Quelques mots au milieu de la conversation, presque glissés comme une évidence. Et j’ai ressenti un truc bizarre : pas vraiment de joie, pas vraiment de colère. Un mélange de surprise, d’envie de croire… et de lucidité.
Parce que la vérité, c’est ce que je ne sais pas ce que je ressens. Je laisse aller. Je réponds, je discute, comme si de rien n’était.
Mais au fond, je ne lui fais pas confiance. Je pense que je n’y arriverai plus. Il a trop disparu. Trop menti. Trop laissé d’espaces vides derrière lui.
Et pourtant, le piège est là : c’est facile de replonger quand il revient.
Sa façon de parler, de me raccrocher à des souvenirs, à des choses qu’on était seuls à partager.
C’est ça qui est traître.
Je ne sais pas où ça va. Je ne sais même pas si je veux savoir.
Pour l’instant, je le laisse revenir. Mais je garde une distance, même si elle est minuscule d’apparence.
Parce que j’ai bien trop appris que la confiance, avec lui, ça se paye cher.

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