Sans titre

2 minutes de lecture

24 janvier 2026

Aujourd’hui, j’ai su.

Pas par lui.

Par elle.

J’ai appris qu’il était sorti de prison par l’intermédiaire de cette fille, comme une information qui ne m’était pas destinée mais qui m’a quand même trouvée. Ça n’a pas fait l’effet que j’imaginais autrefois. Pas de chute brutale, pas de tremblement incontrôlable. Juste un silence intérieur, dense, presque étonnant.

Depuis que j’ai mis un terme, il n’y a plus rien. Plus de message. Plus de signe. Plus d’ombre qui se glisse discrètement dans mes journées.

Il est sorti, et pourtant il est absent comme il ne l’a jamais été. Et c’est étrange, parce qu’avant, même enfermé, il occupait encore un espace en moi. Aujourd’hui, libre, il n’y est presque plus.

Je ne dirai pas que ça ne me fait rien. Ce serait mentir. Il y a eu un bref vertige — cette pensée automatique : il pourrait m’écrire maintenant. Mais elle est passée. Elle n’a pas insisté.

Je crois que quelque chose a réellement changé. Pas d’un coup, pas de manière spectaculaire.

Plutôt comme une marée qui se retire lentement, sans bruit, en laissant derrière elle un sol encore humide mais stable. J’avance. Doucement. Avec précaution. Sans chercher à courir, ni à prouver quoi que ce soit.

Je ne ressens plus ce besoin urgent de savoir. Savoir ce qu’il fait, ce qu’il pense, s’il a pensé à moi en sortant, s’il a hésité, ne serait-ce qu’une seconde. Ces questions existent encore, mais elles n’ont plus le même pouvoir. Elles ne gouvernent plus mes journées. Elles passent, comme passent beaucoup d’autres pensées.

Mettre un terme n’a pas été un geste de colère. C’était un geste de survie.

Et aujourd’hui, je commence à en voir les effets. Je respire mieux. Mon esprit est moins encombré. Il y a encore des absences, oui — mais elles ne font plus mal de la même façon. Elles sont devenues des espaces vides, pas des plaies ouvertes.

Ce qui me frappe le plus, c’est ça : il est sorti de prison, et moi, je suis sortie de l’attente.

Je ne sais pas encore exactement où je vais. Je sais juste que je n’y vais plus en me retournant sans cesse. Que je n’espère plus un signe comme on attend une bouée. Et que, pour la première fois depuis longtemps, son silence ne m’empêche plus d’avancer.

Peut-être que c’est ça, finalement.

Pas l’oubli.

Mais le moment où l’on cesse d’être enfermée dans l’histoire de quelqu’un d’autre.

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