Psaume : Chant de la Harpe V

21 minutes de lecture

Le mauvais temps persiste. Le monde bascule vers une nouvelle scène. Ce n'est pas une réunion, pas un moment de deuil, pas un bus bondé. Juste un homme. Debout devant un bâtiment colossal, gris sidéral, métal brut exposé, un parking désert s'étend à ses pieds, chaque goutte de pluie martelant le sol dans un rythme incessant.

Il reste immobile, cigarette à la main gauche. Son regard se perd à l'horizon, plongé dans un silence intérieur profond. Le long manteau noir tombe droit sur ses épaules.

Ses cheveux courts, impeccablement taillés, laissent quelques mèches disciplinées sur son front. Sa carrure athlétique impose sa présence malgré la rigidité de son expression.

Son téléphone vibra dans son long manteau. Mettent une main dans sa poche, il coupa net le vibrement.

A côté de lui, une petite fille est là tenant sa main droite froide à la sienne.

— Papa ? On y va ? Demande-t-elle serrent légèrement sa main.

Il aspire une dernière bouffée, puis tend la main gauche pour écraser le cylindre dans le cendrier. Mais, il s'interrompt, immobile, quelques secondes, le regard fixé sur la cigarette. Finalement, il la lance plus loin. Elle tournoie dans l'air. Il tourne la tête et croise le regard de sa fille. Un sourire tendre, complice, se dessine sur ses lèvres, l'expression d'un amour profond et silencieux.

Au même moment, les portes automatiques s'ouvrent. Une femme habillée en tenue d'infirmière ouvre la voie, un dossier à la main.

— Excusez moi, Monsieur « Meigreth » vous avez oublié ceci. Dit t'elles tendent le dossier.

En saisissant le dossier, une bourrasque soulève les feuilles. Le froissement du papier devient le seul bruit. Il fixe l'infirmière. Son regard est implacable. Sa poigne ferme le dossier comme un message silencieux. Elle comprend immédiatement. Monsieur Meigreth n'a pas besoin de mots : elle a déjà croisé ce regard, senti cette poigne. Elle lâche le dossier, fait un pas en arrière, inclinant légèrement la tête en signe de respect.

— Je vous souhaite bon retour à vous... Murmure-t-elle, les mains tremblantes.

— Merci.

L'homme se retourne, prends sa petite fille dans ses bras.

— Tu veux tenir le parapluie mon cœur ? Demande-t-il d'une voix douce.

— Oui ! Oui ! Dit-elle prennent le parapluie avec ces petites mains froides.

Ils avancent vers la voiture, le manteau noir claquant au rythme du vent. Un gros plan sur son pied : il écrase la cigarette qu'il tenait encore. Arrivé à la portière arrière, il installe sa petite fille avec douceur et soin, l'attachant correctement, tandis que la pluie frénétique s'abat autour d'eux.

— On rentre à la maison ! Dit-il fessent un bisou sûr son front.

Un frisson d'amour inconditionnel traverse la petite. Son père représente pour elle un bonheur pur, un sentiment que seuls les enfants peuvent comprendre. Il ferme la portière et contourne le véhicule. Sa main droite se crispe sur la portière conducteur, un spasme secouant son bras, refus du corps face au geste.

Soudain, des flashs : des images éclatées, instables, envahissent son esprit. 10 minutes plus tôt, dans les toilettes, il était vidé, s'adossant au mur comme si ses jambes refusaient de le porter. Sa respiration est saccadée. Il avance en titubant, les néons clignotent, s'éteignent, se rallument. Il s'accroche au lavabo, ses mains frappant le rebord. Dans le miroir, son reflet est terne, cendré, comme si le temps avait déjà laissé sa marque.

Se tenait la poitrine avec sa main droite tremblante. Il murmure face à lui-même.

— Ce cycle... Ça n'en finira jamais...

Ses yeux glissent vers sa main droite, immobile sur le rebord du lavabo. La bague argentée enroulée autour de son doigt capte la lumière. Il ferma ses paupières. Aussitôt, ses pensées s'entrelacent. Les flashbacks affluent. Des moments précis, qu'il revoit avec une clarté troublante de son ancienne vie.

Et pourtant.

— Papa ?

— Qu'est-ce que tu regardes ?

Il ouvre les yeux. Revenant à la réalité, face à son véhicule. La main toujours face à cette poignet. Il décide d'ouvrir la porte rapidement, et s'assoit. Sa petite fille a l'arrière, ses yeux émerveillés par la présence de son papa.

L'homme tourne le regard, tendent sa main sur celle de sa petite fille.

— A la maison, je vais te préparer le repas que tu aimes !

— Le filet mignon mariné ?! Jubile t'elles en agitent des bras.

— Oui ! Celle que grand-père fessait tout les étés ! Ajouta-t-il fessent une inclinaison de la tête, sourire aux lèvres.

OUIIIIIIII !!! Sauta la petite de joie.

Il tourne le contact, et le moteur ronronne. Après plusieurs minutes de route, il entre dans le centre-ville de L'Hémarche. Cité majeure de L'Empire Impériale Cerpestien.

la circulation est dense. Ciel sombre, pluie persistante, chaussée brumeuse et glissante. Les néons traversent le pare-brise, se reflétant sur le visage de la petite. Un regard empreint de tendresse se pose sur sa petite fille, profondément endormie. Fixant la route, il remarque que  son téléphone émet plusieurs lueur de lumière sur le tableau de bord. Une personne l'appelle en continue. Une suite de chiffres sur son écran : « 22 222 33 ».

Hésitant.. La main droite se tend pour ignorer l'appel. Il relève brièvement le regard vers le rétroviseur et contemple sa fille totalement endormie. Il finira donc par accepter l'appel. Une voix d'homme perce le silence de l'habitacle.

— « Salut, Je te dérange ? »

— Je suis en week-end...

— « Je sais. Dis-moi, tu fais actuellement quelque chose ? »

— Je suis sur la route pour rentrer, pourquoi ? Dit-il cherchent des écouteurs dans la boîte à gant.

— « Es-tu avec t'a fille ? »

— Je suis avec. Mais, j'aimerais bien savoir ce que tu veux s'il te plaît. Si c'est pour le boulot, je ne suis pas disponible. Répond-il d'une voix ferme. Ils fixent la route, son regard neutre, mettent ses écouteurs.

— « Écoute, c'est très urgent. Une.. »

— Si c'est pour me parler de ce qu'il s'est passé à Urimel, y'a déjà une équipe sur le terrain. Je n'ai pas le temps pour...

— « J'ai reçu un message d'urgence venant du Haut Siège de la Veille »...

L'homme tourne légèrement la tête et regarde sa petite fille une seconde fois. Puis son regard glisse vers la bague. Il l'observe avec attention, frotte le métal du bout des doigts. Ses yeux se fixent sur la boîte à gants, avec une rigueur presque maladive.

— « T'es toujours là ? »

Arhno lâchent un lourd soufflement. Il se ressaisit, reprenant son professionnalisme.

— Et qui nous envoie ?

— « Le Grand Épiscope... Il nous attend.»

Un silence oppressant flotta dans le véhicule. Arhno la tête légèrement courbée en avant. Sont regard reste statique. Ses mains se serrent fermement sur le volant.

— « Tu sait ce que cela signifie ? Donc trouve un moyen de la mettre quelque part. Je t'attends devant le : « Grand Cabinet de la Veille ».

L'écran change subitement. L'appel se coupe. Comme si rien ne c'était passé. Seul plonger dans le silence, il scrolla dans ses contacts appellent un numéro. Après quelques secondes, de vibrations, une personne décroche.

— « Allo ? »

— C'est moi, j'arrive. Attends moi sur le palier.

— « Arhno » ? Pourquoi tu m'as.. »

— Je suis là dans une dizaines de minutes.

— « D'accord... »

Arhno met fin à l'appel et repose son téléphone sur le siège passager. Le feu passe au vert, une lueur verte illuminant son visage. 20 minutes plus tard Il gare la voiture devant un bâtiment monumental à l'architecture ancienne, empreint d'une identité qui traverse les siècles.

Il coupe le moteur, se retourne vers l'arrière. Sa fille s'éveille lentement, ses yeux encore lourds de sommeil. Sa main se pose délicatement sur sa cuisse, et il lui murmure des mots mesurés, pour ne pas rompre la quiétude de ce réveil.

— On est arrivé mon cœur. Dit-il en serrant sa main avec affection.

La petite baille, des larmes fines accrochées à ses cils. Arhno se redresse, prend son téléphone sur le siège passager, puis récupère le document. Il sort du véhicule et approche de la portière arrière. Dans la vitre, son reflet fatigué lui renvoie son image. Un instant d'hésitation. Puis il ouvre la portière et détache sa fille, avec précaution.

— On va où papa ? Demanda-t-elle, le regardent avec innocence.

Dans ses bras, la petite fille trouve refuge. La pluie faiblit, laissant seulement quelques gouttes tomber. Il ferme la portière et se penche sur le coffre pour prendre sa valise. Puis, en se redressant, il remarque un corbeau perché sur le toit de la voiture. Ses yeux noirs perçants semblent scruter chaque geste, chaque pensée.

La fillette tourne la tête, captivée par les mouvements mystérieux de l'oiseau.

— Il est très noir l'oiseau ! S'exclama-t-elle en pointant ses doigts devant lui avec enthousiasme.

La petite tend ses doigts vers le corbeau, fascinée. Son père la retient doucement, prenant sa main dans la sienne, et avance vers la porte massive en bois. Dans un plan large, dos à la caméra, Arnho porte sa fille, la lumière solaire traversant progressivement les nuages, illuminant leur silhouette. Le corbeau s'envole, disparaissant dans l'inconnu. Le vent tombe, laissant un silence apaisé. La petite découvre alors un arc-en-ciel qui se dessine derrière son père.

— Papa retourne-toi vite vite !

Lentement, il se retourne. Devant lui, un spectacle vivant : la pluie faiblit, le vent devient tendre, un arc-en-ciel majestueux se déploie dans le ciel. Il reste immobile, laissant sa fille goûter à cette beauté. Une voix féminine émerge, fragile et douce, et pourtant parfaitement harmonieuse avec la quiétude du moment.

— Ce n'est pas au quotidien que nous voyons ce phénomène. Murmure-t-elle, les bras croisés.

Arnho tourne les talons, voyant cette femme sur le palier devant sa grande porte en bois polie. Le bâtiment portes 2 colonnes de pierres aux motifs étranges incrusté dans le mur à l'entrée.

— TATA « SEHRINE ! » Hurla la petite toute heureuse de la voir.

Arhno avance, jusqu'à se retrouve face à elle en bas des 4 marches. Sehrine s'avance à son tour descendent les 3 marches.

— Tu m'as manqué petite ange ! Ajouta-t-elle en la soulevant légèrement dans ses bras.

Une autre personne derrière Sehrine à l'entrée est là. Une vieille dame en tenue de majorette. Les mains dans le dos, sourire aux lèvres.

— Enchanté de vous revoir Monsieur Meigreth ! Dit-elle en baissant légèrement la tête, poliment.

Arhno fais une inclinaison à son tour en guise de respect. Il regarde Sehrine, un regard que elle comprit.

— Peux-tu prendre la valise s'il te plaît ? Demanda-t-elle à la majorette.

Elle s'avança prennent la valise de Arhno. Montent les 4 marches. Ils passent à côté de Sehrine, elle demanda d'une voix douce.

— Voulez-vous que je la prenne avec moi ?

— Oui. Répond t'elle dépose la petite sur une marche.

Arhno fais un geste de la main comme un au revoir à sa petite fille. Ils fessent de même , elle dira ces mots à son papa qu'il gravera dans son esprit.

— Je t'aime papa ! Je t'attendrai ! Jubile t'elles fessent des gestes de au revoir.

Un sourire traverse le visage de Arhno, porté par cet amour absolu pour son propre sang. La porte d'entrée se ferme dans un souffle sourd. Puis la voix de sa sœur surgit, ferme et tranchante, brisant le silence de l'instant présent.

— Bon tu comptes me dire ce qu'il se passe ? Dit-elle, les bras croisés, tapotent l'un de ses doigts.

— Je te demande à ce que tu la gardes pendant quelque temps s'il te plaît. Le travail me demande... Répond d'un ton calme. Presque détaché.

— Tu t'attends à ce que tu partes longtemps, n'est-ce pas ?

Elle s'approche de lui, le regardent droit dans les yeux avec insistance.

— Dit moi... Qu'est-ce qui se passe ?

— Je ne peux pas t'en dire plus Sehrine. Dit t'ils se retournent dos à elle.

Elle s'avance posent une main ferme sur son épaule. Ses ongles s'enfoncent dans sont manteau.

— C'est encore une Affectation temporaire ? Dis-moi franchement. Demanda-t-elle, son regards remplis d'inquiétude.

— Je suis appelé d'urgence au H.S.V, le « Grand Épiscope » veut me voir.

Elle lâche sa main de l'épaule de Arhno. Un rapide soufflement de nez.

— Putain... Chuchote-t-elle baissent légèrement la tête.

Elle sort de sa poche de son pantalon, une petite boîte métallique, sortent une cigarette, la posent sur ses lèvres recouvertes de rouge à lèvre. Ainsi, elle s'assoit délicatement sur les marches, les jambes croisées.

— Si ça se passe comme la dernière fois, tu risques de partir encore plusieurs jours... « Elise » a besoin de toi et tu l'a laisse encore une fois sans son p...

— Sehrine... Murmure Arhno, d'une voix tremblante. Se retournent lentement.

— Qu'est-ce qui y'a ? Dit m...

Elle s'immobilise brusquement. Le regard de son frère la frappe. Sa bouche entrouverte exprime son incrédulité : un homme si fort, si imposant, dévoile une détresse qu'elle n'avait pas aperçue depuis 5 ans.

Et pourtant...

Tout revient.

— Élise, et mourante... Dit-il, regardent sa sœur assise. Ses mains tremblantes.

Les yeux de Sehrine s'ouvrent grands, emplis de stupeur. Sa main gauche tremble, serrant une cigarette. Le vent semble respirer à l'unisson avec son cœur affolé. Les plantes devant l'entrée frissonnent au même rythme, ses cheveux courts ondulent dans une danse, dense et synchronisée.

Elle parle enfin. Sa voix, froide et brumeuse, s'élève, coupant le silence.

— Qu'est-ce qu'elle la ? Demande t'elle, serrent la mâchoire.

— Les médecins sont formelles... Elise à la « Déréliction Hexique ». La même maladie qui a emporté sa mère...

— Oh, bordel... Chuchota Sehrine, baissent la tête, en mettent sa main droite sur son front.

Elle se redresse, fixent son frère.

— Après tant d'avancement technologique... Après toutes ces connaissances accumulée au fil des siècles... mais y a toujours aucune réponse à ce parasite qui touche n'importe qui et n'importe quand !

Elle rétorque, une colère monte dans ses vaines.

— Elle n'a que 6 ans !

— Je sais... Murmure Arhno, restent droits.

Sehrine se lève subitement, fixez son frère.

— Elle l'a donc passé le Stade 3 ? Demande-t-elle, les pupilles tremblantes.

— Non. Elle est au Stade 2. Mais, les symptômes qu'elle possède sont déjà trop importants pour trouver une solution. Elle est la fin du stade 2, ou sa psyché commence à refuser son corps.

— Elle arrive au stade du refus ontologique. Chuchote-t-elle.

Les épaules de la femme tombent. Son regard devient vide, envahi par un néant intérieur qui semble se nourrir de ses faiblesses. Dans le bâtiment, à la fenêtre, une ombre observe la scène d'en bas. La caméra montre la silhouette de dos, main droite agrippant le rideau. L'homme se retourne et s'éloigne vers sa voiture.

Sehrine s'assoit brutalement sur une marche, sort une seconde cigarette et peine à l'allumer. Sa tête tombe entre ses jambes, résignée. La caméra recule doucement, dévoilant la silhouette de la fenêtre : une silhouette sombre en tenue noire, cheveux longs bleu nuit. La porte en bois claque soudain, brisant le silence accablant.

6 minutes plus tard.

Arhno arrivent à destination. Il passe les barrières de sécurité, arrivent jusqu'au grand parking du grand bâtiment de : haut Siège de la Veille. Cet endroit est d'une architecture précise et ancienne. Des colonnes de pierres taillé avec perfection. Des vitraux aussi vastes que son histoire. Des marchés sculptés par des Architectes de tout le territoire de L'Empire. Plusieurs personnes montent les marches allant pour d'autres travailler et d'autres sortir.

Arhno trouve enfin une place. Gare son véhicule proche de la seconde entrée d'un parking privé réservé aux plus hauts gradés. Il reste immobile. Les mains moites sur le volant, fixent droit devant lui face a la continuité du parking. Voyant des collègues discuter à côté de leurs voitures entre quelques arbres.

Ses pensées sont dans un champ brumeux. Il entend les rires de sa petite fille. Ils repensent à tous ses sourires. La chaleur de ses petites mains. Ils serrent le volant de plus en plus fort. Des vains ressorts de ses mains. Sa respiration s'entrelace. Ferment les yeux pendant un instant de silence qui l'aurait bien aimé garder depuis ce...

— Hé ?! Qu'est-ce que tu fait ?!

— Oh ?! Réveille-toi !

Arhno ouvre les yeux lentement. Il entend comme quelqu'un toquer à sa vitre. Tournant la tête dans une lenteur, il voit une collègue à lui, clope à la main, lui montrent un paquet de cigarette comme pour l'inviter à fumer avec elle.

Il abaisse la vitre, regard neutre.

— Tu sais très bien que j'ai arrêté de fumer.

— Je sais ! Mais vu t'as gueule, t'en a bien besoin d'une.

Ils lâchent un sourire incontrôlée, il détache sa ceinture. Il prend son téléphone et sort du véhicule dans des gestes très lents.

— T'as bu ou quoi ? Demande-t-elle plissent des yeux.

— Ç'aurait pu être possible, mais non. Répond-il, appuyant sur sa clef, ferment son véhicule.

Il se retourne, mettent ses mains dans les poches.

— Es-tu en pause ?

— Je ne crois plus, il te faut sur le champs une clope ! Elle tend une cigarette la mettent face au visage de Arhno.

Arnho est statique. Mais, il finit par la prendre. Curieux, il regarde la marque de la cigarette.

— Du « H&V » ? Tu fume ça depuis quand ?

La collègue s'adosse sur la portière d'une voiture. Les bras croisés.

— Récemment. Depuis que j'ai appris l'histoire derrière la création de ce paquet. Dit t'elle tire une taffe.

Elle rétorque avec humour.

— « L'esprit en éveil, l'ombre en paix » Jubile t'elle fessent des mouvements littéraire avec son bras droit.

— Voilà ce qu'il disait après l'avoir créé. Plaisante-t-elle. Regardent Arnho avec un sourire en coin.

Avant que Arhno pense à prendre son briquet, que sa collègue lui tend un zippo argenté, avec des dessins en noir gravé dessus. Il la scrute, regardent intensivement cette cigarette.

« Ce sont les mêmes qu'elle fumait... », murmure Arhno dans son esprit.

Analepse :

En plein hiver, la lumière déclinante d'un fin d'après-midi éclaire un petit salon. Une femme, assise de manière décontracté, fume une cigarette au bord de la table, un verre d'alcool à portée de main. Un homme se tient là aussi, tenant des journaux qu'il parcourt d'un regard concentré, un verre proche de son avant bras.

— « Comment ça se passe ton boulot en ce moment ? »

— « Pas trop mal. Mais j'ai encore pleins d'archives à régler... ».

La femme lâche un léger sourire au coin des lèvres. Elle tend sa main droite pincent les joues de l'homme.

— « ALLER ! Souris un peu ! » Taquine-t-elle.

Elle rétorque

— « Tient, prend une de mes cigarettes, elle sont bonnes en plus ». Dit-elle, en pointent sa main avec une cigarette à la main prêt de l'homme.

— « Mais ?! Tu sait bien que...» Dit t'il avant de s'arrêter nette.

Elle le regarda avec un visage aussi doux qu'un ange. Ses yeux d'un vers perçant. Ses cheveux mis courts et son sourire qui n'oubliera jamais. L'homme finira par la prendre avec délicatesse, regardent ce qui est écrit dessus. La femme quant à elle. dira ces mots qui resteront gravés dans sa mémoire à tout jamais. Une seule phrase suffit.

— « Je t'aime de tout mon cœur, Arhno. ».

Clôture De L'Analepse.

Arnho lâche un léger sourire discret par se souvenir ancré dans son esprit. Il alluma la clope, tirent une grande bouffé de fumer.

— Le tabac est raffiné, ce n'est pas désagréable. Murmure Arnho, surpris du goût.

— C'est normal, « Veyron Hector » a conçu ce tabac exprès pour que ça passe pour tous.

— Tu m'as l'air de t'y connaître autour de cet homme. Murmure-t-il tirent une seconde bouffé.

— Tu rigoles ?! C'est l'un des meilleurs pharmacologue et alchimiste de son époque. Il était visionnaire, né depuis son enfance. Il avait une grande fascination entre les 3 principaux fondamentaux.

— Le corps, l'esprit et la foi. Répond Arnho.

— Exactement ! Alors oui il était apparemment très élitiste. Mais, il cherchait à créer un tabac capable de stimuler l'intuition et la concentration tout en apaisant l'angoisse spirituelle. Et, surtout ceux qui ont des inhérences à certaines croyances très sensibles.

Arnho regarde la cigarette entre ses doigts, observant la fumée se perdre dans l'air. Ses yeux se plissent imperceptiblement, traduisant une sensation étrange qu'il ne parvient pas à nommer.

Il murmure dans son esprit :

« Stimule, l'intuition et la concentration ».

— D'ailleurs son premier mélange a été créé dans un atelier à...

— Je dois y aller, je suis en retard Emma... Ajoute-t-il, encrassant la cigarette sous son pied.

— Mais il n'est que 11 h 39. Reste un peu, non ?

Arhno fait quelques pas. Dos à elle, il tourne a moitié sa tête.

— Je dois être présent devant le Grand Cabinet de la Veille.

— Hein ? T'as un rendez-vous avec « Monsieur Be'n Eliorr » ? Qu'est-ce qui se passe ? S'interroge-t-elle.

— Je n'en ai aucune idée... Je ne tarderai pas à le savoir. « Klard » est présent aussi...Répond-il reprennent sa droiture. Ils marchent en direction des escaliers face à la grande entrée.

Tu me dira ce qu'il s'est passé ?

Aucun réponse. Juste un calme écrasant. La collègue, reste immobile. Ses yeux se rivent sur la cigarette écrasée à côté de son pied. Une intuition étrange lui parcourt l'esprit.

La caméra accompagne Arhno dans l'immense bâtiment. Un hall gigantesque s'ouvre devant lui, cinq couloirs disposés en croix, symbole des Sanctificateurs. Les murs sont ornés de chefs-d'œuvre, peintures réalisées par les plus grands artistes de l'Empire. Chaque couloir débouche sur des plateformes où l'on voit des silhouettes en mouvement. D'immenses escaliers serpentent entre les niveaux, donnant au lieu une dimension presque irréel.

Et, pourtant.

C'est le cas.

Arnho en centre du hall, continue sa route au couloir en face. Celui qui l'amène à son lieu de rendez-vous. Après plusieurs minutes, il arrive devant une porte entre ouverte. Continuant de marcher. La caméra montre en un diaporama, Arnho dos, dans un couloir vastes. Des grandes vitres montrent l'extérieur, sous un soleil glacial. La lumière crée une atmosphère mystique et religieuse. L'extérieur est brumeux, giflant les vitres.

Plusieurs portes sur les côtés droit. Des sièges en bois ébène. Des plantes placé méticuleusement. Des lustres mis en colonnes reflétant la noblesse de ce lieu saint. Il arrive au bout du couloir. Il ouvre une seconde porte, qui l'emmène dans un petit couloir d'attente. 

Plusieurs sièges rouges sur les côtés. Klard est la, face à une porte aux motifs anciens. Ils portent un longs manteaux gris. Des cheveux châtain clair. Il tient une malet à la main gauche.

Une horloge sculptée à l'intérieur du mur. L'homme ouvre la voix. Regardent sa montre à son poignet.

— C'est bon ? Dit t'il l'homme, prêt à rentrer dans le Cabinet.

— Qu'ont en finissent... Répond Arhno, en s'avançant vers la porte.

Klard  tourne pendant un instant son regard sur Arhno. Ses sourcils légèrement froncer.

Les deux hommes face à cette immense porte qui s'ouvrît lentement dans un retentissent lourd. Face à eux. Une femme en costard bleu nuit portent une tablette à la main. La vue plonge dans un  grand Cabinet décoré de tableaux et de sculptures anciennes. Des stries nacrées, recouvrent les murs accompagnés de plantes montrent la sérénité du lieu.

La femme ouvre la voix, fessent un geste délicatement mesurée, se mettent sur le côté :

— « Conseillère Memra » . Enchantée de vous rencontrer, Monsieur Meigreth, et Monsieur « Renswell ! » Dit t'elle inclinant sa tête en guise de respect.

— Merci, enchanté à vous ! Répond Klard, inclinant ainsi la tête en retour en consonance avec Arhno.

La conseillère fais une dernière inclinaison, sortent avec prudence du Cabinet, ferment la porte. Face eux. Un homme est là. Assis les mains posé entre elles. La vielle homme tapote son index sur le bois d'acacia. Sa tenue 4 pièces d'un bleu pourpre, portent l'insigne de L'Empire à son cœur.

Des traits arqués par le temps, portent un regard profondément sculpté, tel un vaste champ de recherches. Ses petites cicatrices peintes par le temps et les épreuves. Sa barbe grise, dense et rectiligne, souligne la sévérité d'une silhouette dont le silence semble porter le poids de mille archives.

Les deux hommes, cotent à côte, dévalent conjointement la tête. Ils parlent dans un ton cérémonial de façon orchestrée.

La voix haut et résolu :

— Toutes nos excuses pour ce retard occasionnés, « Grand Épiscope » Admettent les deux hommes.

Une seule immobilité sacrée. Le regard du Grand Épiscope, fixent les deux hommes, inclinés devant lui. Ses lunettes rondes d'orée, ou l'un des verres, reflètent : Klard et de l'autre verre, reflétant : Arhno.

La caméra volte en hauteur. Et, transition sur le visage du Grand Épiscope. Sa bouche s'ouvrit. Une seule réverbération. Un seul souffle. Un seul mouvement. Et, une seule résonance dominante.

Celle du Grand Épiscope lui-même.

— Asseyez-Vous.

Tous deux obéissent. Ils s'assoient dans une synchronisation parfaite. Le Grand Épiscope relève légèrement le menton. Ses lunettes dorées captent la lumière de la pièce. Derrière lui, la grande vitre vibre faiblement, troublée par le souffle du vent.

— Je vais être clair. Dans le vieux quartier secondaire. Une maison isolée. Et une disparition inquiétante d'une famille nombreuses, suivie de plusieurs traces de violences manifestes dans l'habitacle.

Sa voix était tout aussi lourde qu'une enclume, flottent comme une brume épaisse dans la pièce. Presque douce, mais chaque mot semble être pèsent.

— Les forces opérationnelles impériales sont déjà engagées sur place. Le périmètre est sécurisé. Ils rassureront votre sécurité pour le déroulement.

Son stylo gratte le papier avec forte insistance.

— La lieutenante de section, « Dame Manon Dérocels », a été officiellement nommée pour cette enquête. Elle assurera la coordination des recherches et la stabilité civile dans la zone.

Il marque un temps d'arrêt. Le stylo est déposé à côté du dossier, avec une précision presque cérémonielle. Son regard se pose ensuite sur les deux hommes, lourd de sens.

Klard ouvre la voix.

— Est ce que cette affaire a un lien avec  l'événement de ce matin ?

— À cette instant, aucun signe formel d'implication spirituelle n'a été identité. Mais rien n'est sûr. C'est pour cela que je vous demande à vous. L'affaire demeure donc classée comme strictement humaine.

Son regard se pose sur Arhno, insistant presque estimateur. Quant à Klard, il tourna le regard sur Arhno, son visage neutre.

— Je compte sur vous. Vos années de service D'Inquisiteurs en sain de « L'Ordre de la Veille Sacrale » est honorable.

Le Grand Épiscope se redresse légèrement. Se lèvent, dans ses dernière paroles. Signant la fin de l'entretien.

— Vous partirez immédiatement après cette entrevue. Coordonnez vous avec les forces sur place ! Agissez dans le cadre de l'ordre établi. Régler cette affaire avant que les médias s'en mêles. Informez moi uniquement si la situation venait à dépasser ce qui été décrit dans le rapport.

Le silence s'installa. Aucune question ne suivit. Les deux hommes se lèvent à leur tour. Inclinant leurs têtes avec respects. Il tourne le dos, en direction de la porte. Mais une dernière voix s'ouvrir.

Le Grand Épiscope, fixe Arhno dos à lui, une nouvelle fois.

— Je suis conscient que cette convocation empiète sur votre repos monsieur Meigreth.

Arhno s'arrête quelques secondes. Sans un mot. Il fixe droit devant lui. Dans ses yeux se loge une colère silencieuse. La scène est tendue, comme si le sol lui-même menaçait de céder. Et pourtant, rien ne se produit.

Le Grand Épiscope tranche d'un dernier ordre :

L'Empire Commande, et que l'Éternité Condamne.

Lorsque la porte se referme derrière eux, le Grand Cabinet replonge dans son immobilité sacrée. Un espace figé hors du temps, où tout semble encore parfaitement tenu.

Arhno ne comptaient plus les minutes, mais les avertissements de chaque réverbération qui tombait dans le cabinet comme une prière inversée, rappelant que le temps, lui aussi, appartient à : « Ce qui est la, Ce qui vient, Ce qui reste ».

Lorsque la 300 èmes voix de l'horloge se fut éteinte, ils comprirent que 5 minutes s'étaient écoulées, et que nul d'entre eux ne pourrait les reprendre.

Figé dans ses pensées tourmentés. Il marche dans un automatisme glacent dans cette immense couloir qui l'a pris quelques minutes plus tôt.

Le bruit de leurs pas résonne, s'étirant en écho dans les immenses couloirs. Autour d'eux, les membres de l'institution circulent, chacun suivant sa trajectoire. Certains marchent, d'autres échangent à voix basse. Le hall vit, animé par ces femmes et ces hommes au service de l'Empire.

Klard et Arhno se tiennent au centre du hall principal. Puis, à quelques mètres seulement, une voix féminine s'élève, perçant le brouillard de conversations et prenant le dessus sur tout le reste.

— HÉ ! VOUS ALLEZ OÙ ? Dit t'elle, sa voix traverse le hall tandis qu'elle lève le bras pour les interpeller.

Les deux hommes se retournent et lèvent la tête. Au-dessus d'eux, un immense pont relie les différentes zones du hall, cerné par une bibliothèque gigantesque et de lourdes portes. Deux collègues « Reliquaires des Registres » sont là, debout, leurs regards fixés sur eux.

— Nous avons une Affectation temporaire à Urimel ! On a pas le temps, on doit y aller ! Répond Klard.

— HEIN ?! LA MAINTENANT ? MAIS ARHNO T'ES PAS CENSÉ ÊTRE EN WEEK-END ? Beugle la jeune femme.

Un homme se tient aux côtés de la jeune femme. Il répond d'un calme presque troublant

— L'ordre vient du H.S.V... Murmure-t-il, les mains enfoncées dans les poches.

La jeune femme tourne la tête, surprise. Mais avant qu'elle ne puisse ouvrir la bouche, la voix d'Arhno s'élève :

— On y va, à plus tard ! S'exclame-t-il, déjà en train de se détourner, un signe de la main à la volée.

Les deux Reliquaires observent leurs collègues s'éloigner depuis les hauteurs. La jeune femme, elle, serre les poings contre la rambarde. Son visage se ferme, devenu soudain sérieux.

— Crois moi, ils n'ont pas besoin de ta compassion. Ils travaillent pour le Haut Siège de la Veille depuis longtemps. Pour eux, ce genre de mission est presque banal.

— Je sais...

Il sourit légèrement, comme pour désamorcer ce moment.

— Allez... allons manger quelque chose avec les autres.

Un court silence s'installa. Et puis elle tourne le regard poser sur lui.

— Bonne idée ! Répond-elle, l'enthousiasme revenant dans sa voix.

Elle jette un dernier regard vers le hall d'entrée. La porte monumentale, grande ouverte, est inondée de lumière. Des silhouettes traversent l'espace, poursuivant leurs tâches, indifférentes.

Elle s'apprête à se retourner quand son téléphone vibre, puis vibre encore. Elle le prend avec précaution. L'écran s'illumine, saturé de notifications. Un message porte son attention : « Message d'un expéditeur anonyme ».

— « Merci pour le coup de main ! »

Elle esquisse un léger sourire, presque imperceptible, puis range son téléphone dans sa poche. Son collègue l'interpelle une seconde fois :

— Qu'est-ce que tu fais ? Reste pas plantée là !

— Oui, j'arrive ! Répond-elle en se mettant à courir dans sa direction.

Annotations

Vous aimez lire Ere bonis ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0