2 - Le chant suspendu
Le venin muet
Silence coagule au bord des lèvres closes,
Un mot s’est étranglé dans la poussière rose,
Chaque souffle s’éteint au seuil des couloirs vides,
Et la phrase avortée retombe en plaie acide.
Les murs avalent tout, digèrent les échos,
Quand la voix retenue se brise en morceaux,
Chaque regard se tord, chaque geste recule,
Et la chambre se ferme en prison minuscule.
Les lettres s’effacent au creux des manuscrits,
Sous la gomme du temps s’effondrent les écrits,
Chaque mot se délite en poussière dormante,
Et le livre se meurt d’une encre défaillante.
Téléphones muets au fond des mains figées,
Quand la ligne s’éteint, la prière est noyée,
Chaque appel suspendu se brise en silence,
Et la cage thoracique implose d’absence.
Les couloirs désertés s’enivrent de blanc froid,
Quand l’écho s’effondre en fracas sans voix,
Chaque pas retentit en plainte étouffée,
Et la marche s’enlise en sol sans clarté.
Le venin du silence empoisonne les veines,
Quand l’absence se glisse en fièvre soudaine,
Chaque souffle s’oppose, chaque cœur s’arrête,
Et la bouche se ferme en morsure discrète.
L’horloge sans son bat au plafond des chambres,
Quand l’aiguille avance en cliquetis de cendres,
Chaque instant se confond en néant glacial,
Et la nuit s’installe en empire fatal.
Les vitres figées reflètent des visages,
Quand les yeux s’effacent au bord des mirages,
Chaque reflet s’éteint dans l’ombre captive,
Et la glace se ferme en barque négative.
Les bancs désertés s’allongent sans mémoire,
Quand les voix s’enfuient en détresse illusoire,
Chaque place abandonnée pèse un deuil muet,
Et la scène se vide en théâtre défait.
Le silence enfermé couronne les esprits,
Quand la langue se noie en gouffre inouï,
Chaque mot refusé se change en remords,
Et la bouche fermée fait régner la mort.
Les murs s’épaississent sous la chape de nuit,
Quand l’écho se suspend aux poutres détruites,
Chaque oreille implore, chaque gorge se fend,
Et la plainte s’engloutit au gouffre des absents.
La mémoire se brise au seuil des paroles,
Quand l’oubli s’impose en défaite des rôles,
Chaque histoire s’efface en poussière scellée,
Et la bouche condamnée ne peut plus parler.
Silence est un poison plus tranchant que la lame,
Il s’installe en tyran, en juge, en dictame,
Nul ne fuit son empire, nul ne l’abolit,
Et le monde s’écroule en mutisme infini.
La bouche solaire
Silence se dénoue au bord des lèvres neuves,
Un mot s’élance enfin et perce les épreuves,
Chaque souffle renaît en cadence de miel,
Et la phrase jaillit en ruisseaux fraternels.
Les murs se desserrent et rendent les échos,
Quand la voix retrouvée s’élève en morceaux,
Chaque regard s’éclaire, chaque geste accueille,
Et la chambre s’ouvre en vaste corbeille.
Les lettres se gravent au creux des manuscrits,
Sous la plume du jour s’animent les écrits,
Chaque mot se rallume en clarté vivante,
Et le livre s’éveille en encre éclatante.
Téléphones vibrants au fond des mains tendues,
Quand la ligne s’allume, l’absence est vaincue,
Chaque appel suspendu s’achève en présence,
Et la cage thoracique éclate d’espérance.
Les couloirs désertés reprennent leur couleur,
Quand l’écho s’allonge en musique de chœur,
Chaque pas résonnant s’accorde au matin,
Et la marche s’élance en chemin serein.
Le baume du langage irrigue les veines,
Quand la voix se déploie en ferveur soudaine,
Chaque souffle s’accorde, chaque cœur s’élève,
Et la bouche s’embrase en lumière sans trêve.
L’horloge sonore guide les cités,
Quand l’aiguille avance en rythmes sacrés,
Chaque instant se déploie en germe fécond,
Et la nuit recule au seuil du pardon.
Les vitres limpides reflètent les visages,
Quand les yeux s’allument au fond des images,
Chaque reflet s’épure en clarté active,
Et la glace s’ouvre en barque créative.
Les bancs réanimés s’emplissent de mémoire,
Quand les voix s’élèvent en chœurs d’espoir,
Chaque place habitée rallume la vie,
Et la scène respire en théâtre d’envie.
La parole éclairée couronne les esprits,
Quand la langue s’allume en gerbes infinies,
Chaque mot prononcé se change en trésor,
Et la bouche ouverte fait régner l’aurore.
Les murs se dissolvent sous la clarté du jour,
Quand l’écho se prolonge en résonance d’amour,
Chaque oreille s’éveille, chaque gorge s’ouvre,
Et la plainte muette se change en preuve.
La mémoire s’élève au seuil des paroles,
Quand l’histoire reprend ses véritables rôles,
Chaque récit renaît en clarté scellée,
Et la bouche résonne en livre retrouvé.
Silence devient berceau où naissent les âmes,
Il s’élargit en grâce, en flamme, en oriflamme,
Nul ne fuit son empire, nul ne le détruit,
Car il ouvre les portes à l’infini.

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