2.
Je ne me suis pas éloigné de L’Atelier des Auteurs par rejet ou par lassitude.
Je me suis simplement laissé happer par le monde extérieur.
Je suis arrivé à L’Atelier en plein Covid.
À un moment où tout était à l’arrêt dehors,
et où l’intérieur prenait toute la place.
Écrire était alors un refuge, presque une nécessité.
Puis le monde a repris son rythme.
Ses urgences, ses mouvements, ses sollicitations.
Et j’ai suivi ce mouvement-là.
L’Atelier, lui, est resté en arrière-plan.
Pas oublié.
Juste silencieux.
Aujourd’hui, en relisant ces textes, je mesure à quel point ils sont liés à cette période suspendue.
Ils n’ont pas vieilli.
Ils attendent.
Mon absence n’était pas un abandon,
mais une respiration.
Une façon de laisser le temps faire son œuvre, dehors comme dedans.
Et si je reviens aujourd’hui,
ce n’est pas pour reprendre là où je m’étais arrêté,
mais pour reconnaître ce que j’y ai déposé
à un moment précis de ma vie.

Annotations
Versions