7.
Il y a un temps pour garder.
Et puis il y a un temps pour offrir.
Si certains textes sont restés longtemps à l’écart,
ce n’était pas pour les oublier,
mais pour leur laisser la possibilité de revenir autrement.
Re-publier n’est pas répéter.
Ce n’est pas recycler.
C’est relire avec un autre regard,
depuis un autre endroit de soi.
Certains textes écrits hier
résonnent davantage aujourd’hui.
D’autres, au contraire, demandent encore du silence.
J’accepte désormais cette différence.
Publier à nouveau,
c’est parfois reconnaître qu’un texte a dépassé son moment d’origine.
Qu’il ne parle plus seulement de moi,
mais qu’il peut toucher quelqu’un d’autre.
Je ne reviens pas pour remplir un espace.
Je reviens pour partager ce qui a tenu dans le temps.
Il n’y a plus d’urgence.
Plus de quota.
Seulement des choix.
Si je dépose aujourd’hui certains textes ici,
c’est parce qu’ils ont traversé l’épreuve la plus simple
et la plus exigeante :
celle de durer en moi.
Entre le non publié et le re-publié,
il n’y a pas de contradiction.
Il y a un mouvement.
Celui d’une écriture qui accepte enfin
de ne pas tout dire tout de suite,
et de revenir quand le moment est juste.

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