Gourou
J'avais passé cet été à tes côtés, à t'écouter. Je m'étais sentie privilégiée, un temps. J'avais bu tes paroles dans un grand bol pas breton, sans prénom, impersonnel et non exclusif, j'avais fini par découvrir que toutes tes conquêtes buvaient dedans. Tu envoyais des messages groupés, tu te répétais, tu te prenais pour un professeur, mais ce savoir était sans saveur. Je reposais le bol, en août, après confirmation de mes doutes. Puis je pris mon sac et je partis, je cherchais toujours un paradis. Sur la route, je rencontrais des gens charmants, au midi, nous partagions un casse-croûte, et au soir, un appartement. Nous n'étions pas pèlerins du même chemin, mais avions beaucoup en commun. A commencer par le prénom, Anne, comme un signe du destin.

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