Le vent soufflait doucement, soulevant de petits nuages de poussière. Cela faisait longtemps que personne n'avait nettoyé la rue principale. Seule rue de la ville d'ailleurs. Cette dernière était perdue au milieu du désert, lui-même perdu au fin fond du Texas. Peu de voyageurs ou d'étrangers. Tant mieux d'ailleurs. Ça faisait moins de problèmes. Bob sortit sur le perron de son bar. À cette heure, même les habitués s'étaient réfugiés chez eux, cherchant vainement un abri ou un peu de fraîcheur. Bob, lui, aimait sentir le vent brûlant du désert souffler sur son visage. Une chique dans la bouche, il frottait machinalement un verre avec un vieux torchon. Il ne s'arrêta que pour saluer le vieux Bill, assis sur sa rocking chair, se balançant d'avant en arrière. Soudain, Bob huma l'air. Un changement inquiètant. Une odeur différente. Après, vint le bruit. Celui des sabots d'un cheval. Bob plissa les yeux. Il discerna une silhouette, au loin. Un étranger? Probablement. Des problèmes? Sans aucun doute. Il rentra précipitamment, courut derrière son bar et le décrocha le miroir. Doucement, il le mit à la cave, entre les tonneaux. Il remonta, hésita à prendre son fusil, renonça et sortit prudemment. Le vieux Bill était rentré, mais Jack et sa bande était sortie. Il était le shérif auto-proclamé de la ville. Bob ne l'appréciait pas beaucoup, mais Jack était entouré de brutes et de mercenaires. Il payait rarement ses verres, menaçait les autres clients et, de manière générale, contrôlait la ville. L'étranger s'était rapproché. Il portait un large chapeau noir, un poncho rouge, des bottes noires, et des étriers d'argent qui brillaient au soleil. Son cheval était un mustang noir, qui valait probablement une fortune. Il arrivait à l'entrée de la ville. Jack s'avança. Il rejeta son manteau, mis les mains sur ses hanches tout près de ses colts. Il cria :
- On aime pas trop les étrangers ici. Vous venez faire quoi?
L'étranger arrêta sa monture. Les hommes de Jack formaient à présent un demi-cercle. Bob sentit un filet de sueur lui couler le long du dos. Il savait qu'il aurait dû se réfugier à l'intérieur. Pourtant, il ne saurait dire pourquoi, il était fasciné par cet étranger qui faisait face à sa mort. Ce dernier répondit d'une voix froide :
- Robert Turks?
Bob ne comprit pas. À qui diable s'adressait-il?
Jack eut un mouvement de recul :
- Il n'y a aucun Robert Turks ici. Maintenant je vais vous demander de vous tirer d'ici avant que je ne doive appeler le croque-mort!
- Robert Turks, au nom de la loi...
Avant que l'étranger ne put finir, Jack hurla :
- Descendez-le!
Bob eut alors l'impression de voir la scène au ralenti. L'étranger se baissa sur sa selle, évitant deux balles sifflantes. Il se releva si vite que Bob ne vit qu'un mouvement flou. Deux coups de feu furent tirés, et deux hommes de Jack, postés sur les toits, chutèrent. L'étranger fit ensuite charger son cheval, un colt dans chaque main, droit vers Jack. Ce dernier, sortant en tremblant ses armes, gémit :
- Descendez-le bon sang!
Bob se baissa derrière un panneau, et n'entendit que des coups de feu. Après quelques échanges de tirs, mêlés d'ordres confus, un lourd silence plana. Bob releva timidement la tête. L'étranger était penché sur le corps de Jack. Bob compta quatre autres corps. Bon sang, qui était cet homme? L'étranger se releva, et dit d'une voix forte :
- Cet homme était Robert Turks, coupable d'incendie, de meurtre et de viols dans tout l'état.
Il traîna le corps de Jack, ou Robert, et le mit sur son cheval. Il repartit, aussi simplement qu'il était venu.
Bob sortit de son abri. Il rentra dans son bar, et descendit une bouteille entière de whisky. C'était une drôle de journée.
Table des matières
En réponse au défi
L'étranger
Un étranger vient d'arriver... Où ça ? Qui est-il ? Pourquoi est-il ici ? Comment est-il acceuillit ? À vous de nous le dire... ou pas.
Commentaires & Discussions
| Un vent nouveau | Chapitre | 1 message | 4 ans |
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