Chapitre 22 - Combustion
Une Audi noire s’arrête devant le banc sur lequel je suis assis. C’est lui. Lui avec une casquette et des lunettes de soleil.
- Ça va, la star ? Attention, il y a des paparazzis au coin de la rue.
- Dépêche de monter, grogne-t-il.
On ne s’embrasse pas. Pas là, pas si près de mes collègues. Après quatre jours éloignés, j’en rêve. La colère n’empiète pas sur mes sentiments. L’agacement, un peu.
Le silence règne dans l’habitacle, Sami conduit sans me dire dans quelle destination. Ce n’est ni chez lui, ni chez moi. Je décide de briser la glace.
- Sympa ta nouvelle caisse. Tu devrais écrire “deal en cours” dessus, au cas où ce ne serait pas assez flagrant.
- C’est pas la mienne, grommelle-t-il.
- Je sais.
Il me jette un œil rapide avant de revenir sur la route.
- C’est pour ça que tu voulais me voir ?
- On a retrouvé ta BMW en train de brûler, tu m’expliques ?
Ma voix se durcit sans le vouloir. Je voulais rester calme, ne pas le brusquer. Cependant, mon état émotionnel m’empêche complètement de garder la tête froide. Il passe sa main sur sa nuque en soupirant, visiblement contrarié par l’annonce. Il s’éclaircit la voix.
- On va discuter calmement, ok ?
J’approuve et laisse de nouveau le silence nous envahir. Pas de rap aujourd’hui. Pas de karaoké. Juste une atmosphère lourde et chargée de non-dits.
Nous nous garons enfin, dans l’un de ces endroits dont Sami raffole : peu exposés, mer à proximité. Il enlève sa casquette et ses lunettes avant de descendre du véhicule. Je le suis, comme toujours. Nous nous asseyons sur un muret qui nous offre une vue sur l’horizon bleuté.
J’attends qu’il parle, mais il ne semble pas décidé. Mon briquet peine à effectuer son boulot tant le mistral souffle. Ce qui peut expliquer l’absence de touristes. Me voyant galérer, il met alors ses mains autour des miennes pour me permettre de générer une flamme. La combustion prend. Nos regards se croisent pour la première fois de la journée.
Instantanément, il se passe quelque chose.
De très beau.
De très fort.
Fais chier.
Nous nous enlaçons vivement, serrant le plus possible le corps de l’autre. Nos dents viennent s’entrechoquer, nos langues se lier. J’oublie complètement ma clope en train de se consumer. J’oublie complètement qu’aimer Sami pourrait bien m’achever.
Parce que ses mains.
Parce que sa bouche.
Je suis si faible lorsqu’il me touche.
Il m’entraîne dans le sable, ne se préoccupant pas des grains qui viennent envahir nos vêtements. Manger Sami tout entier devient ma mission, mon festin se laisse déguster sans résister. Nous enlevons nos tee-shirts à la hâte, puis il baisse légèrement mon pantalon. Assez pour attraper ma queue et commencer à me branler.
De mon côté, je caresse ses cheveux tout en jouant avec la sensibilité de son oreille. À califourchon sur lui, je ne rêve que d’une chose : le pénétrer. Tout en sachant que, ici, sur une plage, ce serait vraiment la pire idée.
Rien que le fait d’y penser, mon excitation est au sommet. Il accélère le rythme, m’emmenant jusqu’à l’orgasme. De sa main gauche, il se vide à son tour et nos spermes se mélangent sur son ventre.
Il me rend fou.

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