Mardi 4 juin

2 minutes de lecture

Julie

Aujourd’hui je suis confiante. Quoiqu’il se passe, je parviendrai à gérer mes émotions face à Emmanuel, si je devais le croiser, que ce soit sur le parking du bureau de Tim ou ce soir à la maison lors d’un apéritif improvisé.

Et s’il décide de venir me rendre visite à la librairie comme son regard l’avait laissé sous-entendre dimanche ? Arriverai-je à rester correcte si nous nous retrouvons en tête-à-tête ?

Oui. Tant qu’il ne déborde pas et s’il ne s’approche pas.

Mais heureusement, j’ai eu l’impression qu’en fin de journée, notamment au moment de se quitter, ses regards n’étaient plus les mêmes.

Ma discussion avec Christine me revenait souvent en tête. Ce n’était qu’une pulsion, un instant d’égarement. Ce n’était rien du tout. Un simple baiser. Enfin… Pour elle, peut-être. Mais elle avait raison pour une chose : c’était fait et je ne pouvais pas l’effacer, juste vivre avec ce souvenir.

Aujourd’hui j’ai le sentiment de pouvoir repousser sans problème Emmanuel comme cette foutue pulsion. J’aime ma vie telle qu’elle est, je n’ai ni envie de la compliquer ni besoin d’un autre homme. Je suis amoureuse de mon mari, j’ai la famille dont j’ai toujours rêvé… pourquoi risquer de tout gâcher ?

En plus, il a l’air très heureux avec sa femme… Ce n’est pas comme s’ils avaient des problèmes. Ce point-là me perturbe un peu, je dois bien l’avouer.

Tim part cinq minutes avant moi. Je vérifie que la maison est bien verrouillée et que je n’ai rien oublié avant de le retrouver chez le garagiste. Lorsque j’arrive, mon mari discute encore avec le mécanicien. Pourvu qu’il ne tarde pas trop. Aujourd’hui je serai seule à la boutique, et je ne peux pas être en retard, certains fournisseurs viennent avant 9h.

J’emmène Tim dans l'enceinte de son entreprise, m’arrête devant la porte de la réception, alors que Manu sort de sa voiture parquée non loin de là. Je prie en silence pour que mon mari se dépêche, que je puisse redémarrer avant que son collègue soit près de nous. Mais comme un fait exprès, Tim en grande conversation téléphonique tarde à quitter l’habitacle alors que je m’impatiente. Manu s'approche de la fenêtre de mon côté, que j’ai ouverte pour ne pas paraître impolie, se penche et m’embrasse tendrement les joues. Ses yeux brillent et son sourire est un délice.

Juste avant de s’éloigner, il me chuchote :

— À tout à l’heure.

Pardon ? Quoi ? Comment ça à tout à l’heure ? Ce soir à la maison ? Ou en journée à la librairie ? Je bredouille un au revoir maladroit à Tim avant de quitter le parking, légèrement chamboulée.

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