Samedi 8 juin

3 minutes de lecture

Julie

Recroquevillée sur moi, la respiration haletante, je sens mon corps se détendre au fur et à mesure que mon esprit se réveille. Je cligne des yeux et essaie de m’habituer à la luminosité environnante. Notre chambre reçoit les rayons du soleil chaque matin, mais je me souviens parfaitement avoir fermé les volets hier soir. Un bruit de cintres sur la tringle de la penderie m’apprend que je ne suis pas seule dans la pièce. Je cligne des paupières une nouvelle fois alors que Tim me demande :

— Tu n’aurais pas vu mes chaussures de course ?

— Pardon ?

— Ça fait dix minutes que je retourne toute la maison pour les trouver.

Parfaitement réveillée, je me tortille pour m’extraire de la couette qui s’est enroulée autour de moi avant de rejoindre mon mari. Je me hisse sur la pointe des pieds, attrape un carton à chaussures en haut de l’armoire avec une étiquette mentionnant « Basket Tim » sur le côté et sans un mot, les lui donne.

— Ah merci. Désolé de t’avoir reveillée, mais si tu les avais rangées…

Sans m’attarder, j’ouvre la porte de notre chambre et me dirige vers la salle de bain. Je les avais mises dans notre chambre, parce que l’espace réservé aux chaussures dans le couloir de l’entrée n’est pas extensible et… surtout il a cessé de courir depuis plus d’une année. En me faisant cette réflexion, je me retourne et lui demande encore à moitié endormie :

— Tu reprends les entraînements ?

— Ben oui, je vais pas à une réunion vêtu comme ça, dit-il en parcourant sa silhouette des yeux.

J’ai l’impression d’être dans un épais brouillard. Je regarde autour de nous, aucune porte n’est ouverte et surtout aucune lumière ne filtre nulle part.

— Il est quelle heure ? demandé-je.

— Six heures. Je vous rapporte le petit déj, ne vous levez pas trop tard !

Six heures ??? Il est sérieux ? L’un des seuls jours où je peux dormir, il me réveille pour trouver ses satanées chaussures !!! Pff.

J’ouvre la porte de la salle de bain alors que Tim commence à courir sur place pour vérifier je ne sais quoi. Que ses baskets tiennent bien, peut-être.

— Je sais pas ce que tu avais cette nuit, mais tu n’as pas arrêté de gémir et de bouger.

Je soulève un sourcil, puis les épaules en prétextant sans doute un drôle de rêve. Je m’enferme aux toilettes alors qu’il dévale l’escalier.

Gémir ? Bouger ? Beuh…

Je bâille, me frotte les yeux et décide de ne pas trop réfléchir. Je vais profiter de son absence pour retourner me coucher. Six heures c’est trop tôt.

Mon petit jet du matin fini, je m’essuie… mais le papier glisse de manière peu habituelle sur mes lèvres et un sursaut du bassin me surprend. Etonnée, j’ouvre les yeux tout rond et recommence la caresse. Mon sexe est humide et ce n’est pas la faute du pipi matinal… non, c’est une autre sorte d’humidité, bien différente et mon corps se réchauffe à ce simple contact.

Je me redresse rapidement, termine ce qui doit être fait à la salle de bain et file m’enfermer dans notre chambre, me glisse sous la couette et ferme les yeux. Mais les mots de Tim et les sensations de mon corps ne me trompent pas.

J’ai fait un rêve érotique.

Sous la couette, mes doigts osent s’approcher de mon intimité, même si mon esprit me répète que je ne dois pas, que je ne peux pas, que seul mon mari… je ne peux que constater l’état de mon clitoris, gonflé et sensible. Dès que je frôle mes lèvres, elles se gorgent d’une humidité toute nouvelle. Nouvelle pour moi.

Je retire mes doigts, me tourne sur le ventre, ferme les yeux et enlace mon oreiller tout en me sermonnant : il faut dormir… du repos et pas seulement flemmer. Je me suis levée toute la semaine à cinq heures trente, ce week-end je m’accorde une grasse matinée… Mais comme des flashs mon esprit m’envoie des images torrides.

Les lèvres de Manu s’écrasant sur les miennes, son corps se collant contre moi, ses doigts caressant ma poitrine… Je me retourne, tente la position du fœtus, les jambes serrées, mon souffle s’accélère et mon bassin s’agite.

« Gémir et bouger »… Est-ce que Tim a compris que j’avais…

Soudain je me redresse au milieu de mon lit et plaque une main sur ma bouche étouffant un cri. Et s’il savait que j’avais couché avec Manu !

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