Mercredi 1er octobre / 2

6 minutes de lecture

Charlotte

Je n'arrive à rien et ça m'agace. J'essaie en vain de faire tenir cette fleur sur le haut d'un gâteau, mais la ganache est trop épaisse et la génoise trop molle. Résultat les pétales dégringolent et je balance tout dans l'évier. C'est le troisième décor de la semaine que je rate.

Je soupire bruyamment, étouffant un juron alors que Maxime le relève :

— Maman a dit un gros mot !

Ouais, c'est cool... Merci bonhomme de me dénoncer. Je grimace, m'excuse et jette le tout dans la poubelle. Manu interrompt mon geste, découpe un morceau de gâteau et me rassure :

— On s'en fout du décor nous. Il est délicieux ce gâteau. Tu feras mieux une prochaine fois.

Il m'offre une tranche, un sourire charmeur au coin des yeux et je me laisse enivrer par sa bonne humeur. Aurait-il vu Julie ? Se seraient-ils rapprochés ? Je me détends et lui chuchote :

— Tu... Tu as un truc à me dire ?

Il secoue la tête, sans répondre. J'insiste :

— Tu as vu quelqu'un en particulier aujourd'hui ? Ou tu as eu un téléphone qui t'a mis de bonne humeur ?

Il continue de secouer la tête sans cesser de manger, comme un gourmand, laissant même quelques traces de chocolat sur ses commissures. Je l'essuie et demande :

— Qu'est-ce qui te rend si heureux ?

Une fois sa bouche libérée de cette friandise, il m'embrasse goulûment le cou puis remonte jusque sous l'oreille et me chuchote :

— J'ai un cadeau pour nous. Pour ce soir.

J'adore le ton qu'il emploie, les frissons me parcourent et je ne rêve que d'envoyer les enfants au lit. Un coup d'œil à l'horloge me rappelle qu'on n'a pas encore mangé.

— J'aime retrouver ton étincelle d'impatience, ma Chacha... tu le découvriras ce soir, dans notre antre.

Je secoue la tête, c'est trop tard. Je dégouline. Je glisse mes doigts entre les siens et l'emmène à la cave, prétextant un problème avec le lave-linge.

Maxime joue dans sa chambre et Marion est au téléphone. Nous ne manquerons ni à l'un ni à l'autre. Manu ne rechigne pas, il attrape juste un verre d'eau au passage, avale d'une traite puis me suit et referme la porte de la cave. Je l'entraîne dans un coin sombre, j'éteins, comme ça, si un enfant descend, il allumera et cela nous alertera.

Mes mains posées sur son sexe, j'aspire ses lèvres et le masturbe tout en lui demandant quelle est cette fameuse surprise.

— C'est fin, tu en veux un depuis longtemps et j'ai découvert une boutique à Genève qui en vend.

— Cela ne m'aide pas. C'est pour faire joli ?

— Aussi.

Ma main vient de passer dans l'ouverture de son pantalon et mes doigts caressent son gland qui s'humidifie. Le sentir excité comme ça me rend folle. Surtout que depuis ce matin je ne me suis pas touchée. Enfin depuis hier soir... cette nuit. Je sais plus. Je m'en fous. Je veux juste...

Manu reprend ses gestes, plonge sur moi, sa langue tournant autour de la mienne, une de ses mains saisissant ma cuisse, l'autre écartant mon string, alors que son sexe guigne et s'enfonce en moi. Je bascule la tête en arrière et étouffe un cri. Bordel c'est tellement bon de le sentir. Debout, bien au fond. L'équilibre est précaire, mais j'adore.

Je m'agrippe à ses épaules et le laisse gérer, puis il se retire et m'ordonne de me retourner. À moins que c'était une demande, m'en fiche je suis pantelante, dès qu'il s'agit de me mettre la tête à l'envers. Je prends appui contre le mur, il écarte mes fesses, caresse lentement ma rosette d'un doigt, l'enfonce, le ressort, passe son gland sur ma rosette puis s'enfile entre mes lèvres. J'adore ne pas savoir quel trou il va choisir.

Une main sur une hanche, l'autre sur mon pubis, son majeur me masturbe et j'explose. Bordel, c'est de plus en plus rapide. Je peine à retenir mes cris, il ralentit pour éviter d'affoler les enfants et je tombe à genoux. Je me retourne comme une acharnée, gourmande, je l'accueille dans ma bouche où il se caresse sur mes lèvres et contre mon palais jusqu'à l'orgasme. Quel bel apéro ! Qu'est-ce qu'on mange déjà ce soir ?

Julie

Au bout d'un temps incroyablement long, chacun perdu dans ses pensées, j'entends Tristan demander depuis l'étage :

— Il n'y a que trois chambres. J'en veux une pour moi !

— Les trois pièces du haut et la salle de bain sont pour vous, expliqué-je en me redressant, après avoir embrassé les cheveux de Théo. Moi je resterai au rez-de-chaussée.

Tiphaine regarde partout et je lui montre une porte. Elle l'ouvre et annonce :

— C'est tout petit. Tu ne pourras pas mettre un grand lit. Et les meubles ? Tu vas faire comment ?

— Je ne prendrai rien de la maison de papa. Ils y sont bien là-bas et ici il n'y aura pas la place. On achètera au fur et à mesure. D'abord vos chambres, une armoire et un couchage chacun. Puis à Noël quelques éléments de décorations, comme un tapis de sol, des miroirs, des posters, des tableaux...

— Et toi ?

— J'irai rechercher mon lit chez mes parents en attendant de pouvoir m'en offrir un nouveau.

— Il est tout pourri. J'y dors quand je vais chez mamie, déclare notre fille.

— Pourri ou non, j'ai pas le choix, ma puce. Mais c'est mon problème ça.

— Et le salon ? On n'aura pas de télé ? murmure Théo.

— Je crois que ça fait partie des premiers achats indispensables, soupiré-je.

— Et un canapé.

— Oui.

— On ira choisir ensemble ? questionne Tristan.

— Pour vos chambres, oui. D'abord faut prendre les mesures, pour être certain de ne pas acheter n'importe quoi. C'est plus petit, mais pas irréaliste.

Je vois Tiphaine monter quatre à quatre les marches et Théo la suivre immédiatement. J'entends des portes s'ouvrir, des volets également, leurs pas aller de chambre en chambre et je me détends enfin. J'échange un regard avec Tim.

— Merci.

— Je n'allais pas les laisser te détester alors que tout est de ma faute.

— Pas tout non. Tristan a raison. J'aurais dû réagir plus vite.

— Tu ne m'aurais jamais pardonné l'incartade ! Et encore moins... avec Tom.

En effet... Jamais je n'aurais pu fermer les yeux.

— Les meubles... Je veux participer, dit-il soudain.

— J'y arriverai Tim.

— On a mis de l'argent de côté. La moitié te revient. Mais ça ne doit pas servir uniquement à ton nouveau départ. Je paierai une partie.

— Tu n'es pas obligé...

— Professionnellement, je n'en serai pas où j'en suis sans toi, et je le sais.

— Je t'ai rendu la vie plus agréable, mais les compétences, tu les as.

— J'aimerais vraiment que l'on arrive à rester amis.

On en prend le chemin et depuis quelques jours, je le retrouve plus à l'écoute. Vivre ensemble n'est plus envisageable, mais garder de bons rapports, si. Pour le bien de tous. La perspective d'un quotidien plus clair, d'un chez-soi pour tous, d'un changement réel, mais indispensable lui permet de mieux se projeter sans que j'interfère tous les jours et vice versa.

— Maman... maman, on voit la maison de Marion, s'enthousiasme notre fille.

— Je sais.

— Je veux cette chambre ! clame-t-elle.

— Tu viens ? Je te montre l'étage, invité-je Tim en l'entraînant dans l'escalier.

Tiphaine choisit donc la seule pièce qui donne sur la rue, celle d'où elle peut voir la maison de son amie. Tristan prend la plus grande et Théo la dernière. De la même taille que celle de sa sœur, c'est la plus près de l'escalier. En un sens, j'imagine qu'il préfère me sentir plus proche de lui.

Nous rions tous de l'affreux carrelage de la salle de bain et nous décidons d'entreprendre des travaux ici aussi. Je leur donne à chacun un papier, un crayon et un double-mètre pour prendre des notes et inscrire les mesures des chambres. Les projets fusent et finalement les cris et les larmes semblent loin en fin de journée.

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