Lundi 11 novembre

5 minutes de lecture

Charlotte

Waouh. Quel week-end ! Ce matin, je suis incapable de me lever, tant les courbatures m'assaillent de toute part. Je crois que jamais jusqu'à aujourd'hui, nous avions tant fait l'amour et pourtant on est pas vraiment des petits joueurs. Mais imaginez, j'ai même réclamé du repos, moi !

Mon sexe avait du mal à lubrifier et même avec le gel, j'ai préféré qu'il se termine dans mon cul. Toutes les pièces, sauf les chambres des enfants, ont assisté à nos ébats.

Ça a commencé le vendredi soir, à notre retour du repas pour ma belle-mère. C'était son anniversaire et Manu m'a fait une double surprise. La première celle d'organiser une sortie dans un de mes restaurants favoris à Lausanne, une brasserie où il est difficile d'obtenir une table à moins de réserver dix jours à l'avance et la seconde de laisser nos enfants tout le week-end à Nyon. Marion a fait la tête, mais Manu n'a pas tergiversé et j'ai bien compris pourquoi. Ce week-end devait être le nôtre. Le nôtre partout et tout le temps.

Dès la voiture lancée sur l'autoroute, en direction de la maison, il m'a demandé si j'avais bien mangé. J'étais repue. Je me souviens encore de son regard en coin en me questionnant pour voir si je voulais pas un petit dessert en plus.

Il m'a proposé de retirer ma culotte puis d'écarter les cuisses et sa main droite s'est occupée de me rendre humide. Il a fait durer le plaisir, m'emportant toujours plus près de l'orgasme, si près qu'à peine sortie de la voiture, je le violais dans le garage. Enfin... violé, n'est pas le bon mot. Mais la cloison du garage a été le premier témoin de ce week-end incroyable.

Il ne m'a pas laissé une minute de répit et ce matin au réveil, je n'ai qu'une envie, c'est remercier notre amie. Si je le retrouve aussi fougueux qu'au début de notre relation, c'est bien parce que Julie le comble à sa manière.

Je ne sais rien de leur histoire, ni la fréquence, ni les lieux, et encore moins ce qu'il s'y passe et franchement, je m'en moque. Elle n'a pas changé ses agissements envers moi et mon mari est plus gourmand qu'auparavant. Que pourrai-je demander de plus ?

Ce qui m'ennuie en ce début novembre, c'est la météo et que mon entreprise tarde à décoller. Les flyers sont là, le logo est magnifique, et même mon site en ligne me donne envie de découvrir toutes mes spécialités, mais les commandes tardent et je m'ennuie. Les enfants me demandent moins d'attention, la maison est décorée comme je l'aime... Et si je cherchais un petit boulot ?

Julie

Ce matin en arrivant au bureau j'ai eu la surprise de trouver un bouquet de fleurs et aucune carte, aucun message. J'ai souri de cette attention, l'ai pris en photo pour l'envoyer à Manu pour le remercier.

« Merci pour les fleurs, tu n'étais pas obligé. À demain comme prévu ? »

Dès mon message envoyé, mon smartphone vibre.

— Je ne voulais pas te déranger, Manu. Merci, le bouquet est très beau.

— Oui, j'ai vu, sauf qu'il ne vient pas de moi.

— Ah !

Je fronce, m'approche des fleurs et cherche un petit mot sans en trouver.

— Tu as un admirateur secret ?

— Ou alors le livreur s'est trompé de bureau, dis-je ennuyé.

Le ton de Manu n'est pas très enjoué et je crains de l'avoir blessé.

— Je ne peux pas te parler très longtemps, j'ai un rendez-vous dans un cinq minutes. On se retrouve comme d'habitude ? proposé-je.

— Ouais.

— Manu... Je suis navrée. Mais je ne sais pas qui c'est. Fais pas la tête.

— Je ne suis pas fâché, ne t'inquiète pas. Bisous à demain.

Ouais, tu parles qu'il n'est pas en colère. Autant il peut supporter que Charlotte couche avec d'autres mecs, autant dès qu'un homme me sourit, direct j'ai droit à une remarque. J'attrape mon dossier, le contrat et le manuscrit de ce nouvel auteur. Sa plume m'a conquise et j'aimerais vraiment travailler avec lui. Encore faut-il qu'il veuille bien rejoindre la maison d'édition et ce n'est pas gagné. Quelques ragots rapportés m'ont prévenue que la concurrence est rude. Et hormis quelques promesses de promo un peu différente, pour le reste, j'ai les poings liés.

Une heure après, je ressors dépitée de mon rendez-vous. Non seulement, il ne signera pas avec nous, mais en plus, j'ai l'impression de m'être fait avoir. Son texte était très bien, mais pas parfait et je lui ai fait beaucoup de propositions pour bien lui montrer que son travail avait de l'importance pour nous et je lui vantais les mérites de nos nombreux partenaires. Sauf qu'il n'a fait que prendre des notes de mes suggestions puis a décliné mon offre, prétextant les droits d'auteurs trop faibles, face à la concurrence. Je dépose le dossier sur la pile « refus » et me prépare un café. Patrick, le graphiste attitré, passe à ce moment près de l'espace dédié à la pause et me demande :

— Difficile le nouveau ?

— Il ne signe pas avec nous. Mais oui, je pense qu'il ne sera pas facile à diriger. Il a beaucoup aimé tes croquis, c'est même la seule chose qu'il a apprécié ici.

— Pas même toi ?

— Moi ?

— Excuse-moi, c'était de l'humour. Tant pis, laisse-le partir, pas sûr qu'il se plaise à la concurrence.

— Mais j'y croyais à ce projet. J'y ai passé des heures...

— Trop, en effet. Ce sont les règles du jeu, Julie, nous interrompt notre patron. Any Emone cherche un nouvel éditeur. Je vous mets sur le coup. Vous avez rendez-vous demain au Carlton à 15 heures.

— Demain ? Mais je ne connais pas le dossier.

— Vous avez lu ses livres ?

— Oui, la plupart.

— Donc vous en savez autant que moi. Prenez un stagiaire avec vous. Cela vous donnera un peu plus d'importance.

Après avoir manqué la signature d'un auteur aujourd'hui, j'avais bien envie de relever d'autres défis, mais celui-ci était presque mission impossible. Comment pouvait-il imaginer pouvoir rivaliser avec les grandes maisons d'éditions parisiennes ? Il m'envoyait au casse-pipe ou quoi ? J'avale le reste de mon café, encore plus tendue que précédemment lorsque Patrick me chuchote en passant près de moi :

— Mes fleurs t'ont plu ?

— C'était toi ?

Il me sourit en guise de réponse.

— Je suis patient, Julie, mais un petit verre à la sortie du boulot ne t'engage à rien. Ce soir ?

Mon silence semble lui suffire. Il doit penser que c'est mieux qu'un non et il s'éclipse avant que j'aie vraiment pu lui répondre.

Annotations

Vous aimez lire Méline Darsck ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0