Chapitre 50 : La joueuse
Les heures s’étirèrent avec une douceur étrange, presque irréelle. Rose n’avait aucune envie que la nuit prenne fin. Pourtant, lorsque les derniers accords s’éteignirent et que les musiciens rangèrent leurs instruments, ils durent quitter le toit-terrasse.
Caelan descendit le premier. Lorsqu’il sauta dans la ruelle, Rose le suivit presque aussitôt — plus vite encore — et atterrit souplement sur les pavés alors qu’il n’avait pas encore tout à fait retrouvé son équilibre.
Il releva la tête vers elle, surpris.
— Une faculté accordée par ton Protecteur, commenta-t-il.
— Qui te dit que ce n’est pas simplement moi qui suis très rapide ? répliqua Rose, un sourire au coin des lèvres. J’ai été entraînée.
Mais en le disant, elle sentit naître un doute. Cela faisait déjà un moment qu’elle se mouvait avec plus d’aisance. À l’Académie, elle avait grimpé aux arbres avec une facilité nouvelle. Son corps semblait parfois savoir avant elle.
Évidemment, marmonna Melas dans son esprit. Il aurait été regrettable que mon Porteur ait la grâce d’un manche à balai.
Sa voix traînante avait cette mollesse caractéristique qu’elle prenait lorsqu’il somnolait.
Caelan roula les épaules.
— Par l’Élite ? Peu impressionnant.
Rose tourna la tête vers lui.
— Peu impressionnant ? Tu penses donc pouvoir battre n’importe quel membre de l’Élite ?
Il la détailla avec un amusement tranquille, presque insolent.
— Toi, tu n’as suivi leur formation que quelques semaines… quelques mois, tout au plus. Eux s’entraînent depuis des années. Et ensuite… oui, je pense pouvoir battre n’importe lequel d’entre eux.
Il croisa les bras sur son torse. Le geste tendit le tissu de sa tunique sur ses épaules et ses bras. Rose dut détourner les yeux une seconde.
— Frimeur, souffla-t-elle.
— Réaliste, corrigea-t-il.
Elle leva le menton, piquée.
— Très bien. Bats-toi contre moi.
— Contre toi ?
Un sourire plus franc étira les lèvres de Caelan. Rose se plaça au milieu de la ruelle, les poings levés, dans une imitation de position de combat qui la fit presque rire elle-même.
Son regard glissa un instant sur sa bouche avant de remonter vers ses yeux.
— Qu’y a-t-il ? demanda-t-elle. Tu as trop bu pour accepter ?
— Moins que toi, soupira-t-il en passant une main dans sa nuque.
— J’ai bu deux fois moins que toi.
— Peut-être. Mais tu tiens l’alcool deux fois moins bien aussi.
Le regard brillant, il s’approcha d’un pas, puis s’arrêta.
Rose lui fit signe d’avancer encore.
— Prouve-le.
Elle ignorait elle-même pourquoi elle insistait autant. Peut-être parce que la nuit touchait à sa fin. Peut-être parce qu’elle sentait, avec une lucidité troublante, que quelque chose changeait entre eux et qu’elle ne voulait pas le laisser se dissiper avec l’aube.
Caelan resta silencieux quelques secondes. Son sourire s’effaça peu à peu, remplacé par une gravité plus dangereuse.
— Pas ce soir, dit-il enfin d’une voix plus basse. Nous avons tous les deux besoin de sommeil.
Rose soutint son regard. Son cœur cognait trop vite, beaucoup trop fort pour une simple joute interrompue.
— Plus tard, alors, concéda-t-elle.
Elle le frôla délibérément en passant près de lui pour reprendre la direction de l’auberge. Le contact fut bref, mais il lui envoya un frisson le long de l’échine.
Derrière elle, la réponse mit un instant à venir.
— Oui… plus tard.
Elle n’avait pas fait trois pas dans le couloir menant à leurs chambres respectives qu’une main se referma sur son bras. En un souffle, Caelan la fit pivoter et la plaqua contre le mur le plus proche, glissant sa paume derrière sa tête avant qu’elle ne heurte la pierre.
Le choc vint de son corps plus encore que du geste. Il était là, tout contre elle, sa chaleur, sa force, son souffle et soudain, l’air lui-même sembla manquer.
Rose leva les yeux vers lui. Dans l’ombre, son visage avait perdu toute ironie.
— Je vais avoir du mal à te laisser partir, murmura-t-il.
Le ventre de Rose se noua.
— Alors ne me laisse pas partir.
Le silence qui suivit fut si dense qu’elle crut presque entendre battre son propre sang.
Les doigts de Caelan glissèrent à peine sur sa nuque, comme s’il luttait contre lui-même. Son front s’inclina, son souffle frôla sa joue, puis ses lèvres. Rose n’eut même pas conscience de bouger : elle se hissa vers lui dans le même instant.
Le baiser fut bref, mais il emporta tout.
Pas tendre. Pas hésitant. Pas raisonnable.
Quand il se recula, Rose resta immobile, les lèvres entrouvertes, le cœur affolé. Elle aurait voulu le retenir, le défier encore, recommencer, mais quelque chose dans ses yeux l’en empêcha. Ce n’était pas du regret. C’était pire : de la retenue.
— Va dormir, dit-il d’une voix rauque.
— Tu pourrais venir avec moi, souffla-t-elle malgré elle.
L’ombre d’un sourire passa sur son visage, douloureux plus qu’amusé.
— Je fais confiance au verrou de ta porte, répondit-il. Beaucoup moins à moi-même.
Puis il se détourna, comme si rester une seconde de plus avait suffi à défaire ce qu’il lui restait de maîtrise.
Rose le regarda s’éloigner jusqu’à sa chambre, incapable de retrouver un souffle régulier.
***
Le lendemain matin, elle s’éveilla après une nuit plus paisible qu’elle ne l’aurait cru. Comme si son corps, au moins, avait décidé de lui accorder du répit.
Lorsqu’elle quitta sa chambre, une silhouette massive l’attendait déjà devant l’escalier.
Aloès.
Il lui barrait presque le passage, imposant, silencieux, les traits fermés. La crispation fut immédiate. La veille, même portée par l’ivresse légère de la soirée, elle n’avait pas oublié ses mots. Ni la violence sourde qui les avait traversés.
Mais cette fois, son frère ne la prit pas de haut.
— J’ai été un crétin, dit-il sans détour.
Rose cligna des yeux.
— Aloès…
— Non. Laisse-moi parler.
Sa voix était basse presque rauque.
— Je ne sais pas ce qu’il m’a pris. Te revoir après toutes ces années… et transformer cela en dispute. Depuis hier, je n’arrête pas de rejouer la scène dans ma tête. J’ai gâché des heures que j’attendais depuis des années. Peut-être même depuis toujours.
Rose ne dit rien. Elle le regardait, attentive, surprise de le voir chercher ses mots.
Il passa une main sur son visage.
— Toi, tu as choisi de venir jusqu’ici malgré tout. Je devrais au moins être capable de reconnaître ça.
Son regard se fixa dans le sien.
— Je ne peux pas prétendre comprendre tout ce que Maël a été pour toi. Ni ce qu’il t’a apporté à certains moments. Mais je sais une chose : je n’avais pas le droit de te parler comme je l’ai fait.
Rose sentit sa colère de la veille se fissurer, non pas disparaître, mais perdre de sa netteté.
— Rien n’est simple, souffla-t-elle.
Aloès acquiesça lentement.
— Je sais. Et je sais aussi que nous n’avons pas grandi ensemble. Que je suis un inconnu. Sauf que je suis plus âgé que toi… Moi, j’ai des souvenirs, même si l’inverse n’est pas vrai. Tu m’as manqué dès que tu es partie avec notre mère. Toute mon enfance, j’ai vécu en sachant que tu vivais dans le Bas Monde sans savoir ce que tu devenais.
Les mots atteignirent Rose en plein cœur.
Elle baissa les yeux, puis les releva.
— Tu sais, dit-elle doucement, même sans souvenirs, j’ai toujours eu cette sensation. Comme un vide sans contour précis.
Pendant un instant, ni l’un ni l’autre ne bougèrent.
Puis Rose tendit la main vers la sienne. Ses doigts paraissaient minuscules contre ceux de son frère.
— On a raté beaucoup de temps, dit-elle avec un petit sourire. Mais on peut continuer d’avancer ensemble. Et, pour commencer, je meurs de faim. Si tu veux vraiment te faire pardonner, emmène-moi prendre un vrai petit déjeuner.
Le visage d’Aloès se détendit enfin.
— Marché conclu.
Ils descendirent ensemble.
Dans la salle commune, le reste du groupe était déjà installé autour d’une grande table ronde. Rose repéra immédiatement Caelan. Il tenait une tasse entre ses mains, l’air parfaitement calme. Mais lorsqu’elle s’approcha, il leva les yeux vers elle, et le souvenir de la nuit précédente traversa tout son corps avec une brutalité délicieuse.
Sans un mot, il tira vers lui une tasse vide, y versa du café et la fit glisser jusqu’à elle.
Le geste avait la simplicité de l’habitude. Pourtant, Rose y sentit une attention plus intime qu’un contact.
Elle s’assit en face de lui, le cœur encore instable.
Ils n’avaient rien dit. Rien convenu. La nuit n’avait laissé derrière elle aucune promesse explicite, seulement cette tension sourde qui vibrait toujours entre eux. Était-ce une parenthèse ? Une faute ? Le début de quelque chose ? Rose n’en savait rien.
Caelan croisa son regard et esquissa un sourire à peine perceptible.
Cela suffit à balayer, pour quelques secondes du moins, tout le reste.
Aloès se pencha légèrement vers elle.
— Gavriel m’a appris que tu étais le Porteur Delacroix, murmura-t-il. J’ai eu du mal à le croire. Une panthère noire… Melas. Tu te rends compte ?
Rose porta sa tasse à ses lèvres.
— Moi, j’attends surtout que tu me parles de ton mouvement, répondit-elle sur le même ton. J’en ai entendu assez pour savoir que tu ne diriges pas une simple bande de hors-la-loi.
Cette fois, son frère sourit franchement.
— Je te raconterai tout. Et je te montrerai ce que nous avons bâti. Mais il va falloir réfléchir à la manière de faire les choses. Ton existence pose quelques… problèmes intéressants.
— Parce que je suis illégale ?
— Parce que tu es tout à fait inédite, corrigea-t-il. Un Porteur non reconnu par le Conseil. Je suppose qu’il fallait bien que cela tombe sur toi.
Rose secoua la tête, un sourire naissant malgré elle.
Le repas fut plus léger qu’elle ne l’aurait cru. Le groupe parlait autour d’elle et, pour la première fois depuis son arrivée dans ce monde, Rose eut la sensation fugace d’appartenir à quelque chose.
Après le repas, elle remonta chercher ses affaires.
Lorsqu’on frappa à sa porte quelques minutes plus tard, elle s’attendait à voir Caelan. Ce fut Gavriel.
Il se tenait sur le seuil avec cette prestance tranquille qui le faisait paraître à sa place partout où il se trouvait.
— Je retourne au palais, dit-il.
Il s’était habillé de vêtements qu’elle ne lui connaissait pas : un pantalon sombre et une veste assortie d’un vert profond, rehaussée de dorures. Il avait l’air d’un prince.
Rose hocha la tête, prise au dépourvu.
— Tu as retrouvé ton frère. Je suis heureux pour toi.
Il marqua une pause. Il avait presque l’air de chercher ses mots, ce qui était inhabituel chez lui.
— Je voulais te voir avant de partir.
Elle resta silencieuse.
— Je te laisse poursuivre le chemin qui s’ouvre devant toi, poursuivit-il. Mais souviens-toi de ceci : une porte te sera toujours ouverte dans cette ville. À n’importe quelle heure. Pour n’importe quelle raison. Donne simplement ton nom aux écuries du palais. Ils sauront quoi faire et te mèneront à moi.
Rose sentit sa gorge se serrer malgré elle.
— Merci.
Gavriel franchit les quelques pas qui les séparaient. Il s’arrêta juste devant elle, assez près pour troubler l’air, pas assez pour la toucher.
— Je suis certain que nos routes se croiseront de nouveau, dit-il. J’espère seulement que ce ne sera pas trop tard. Et même si tu n’en as pas besoin… j’espère que tu en auras envie.
Ses yeux gris accrochèrent les siens avec une intensité calme, presque déroutante. Puis il s’inclina légèrement et s’éloigna, sans rien ajouter.
Rose resta immobile un moment après son départ.
Tu sais très bien reconnaître quand quelqu’un te regarde comme une possibilité, commenta Melas dans sa tête.
Arrête de lire mes pensées.
Je n’ai rien dit d’inexact.
Elle chassa la remarque d’un soupir et redescendit rejoindre les autres.
Aloès et Caelan l’attendaient déjà devant l’auberge, capuches relevées. L’absence de Gavriel et de ses hommes donnait au départ une tonalité différente, plus brute, moins protégée.
Dans les écuries, un cheval avait été laissé à l’intention d’Aloès. Caelan retrouva Soleil Levant avec ce sourire rare qui transformait son visage. Il gratta l’animal entre les yeux, murmura quelques mots à voix basse, puis se retourna au moment même où Rose rejoignait Argos. Le palefrenier l’avait brossé avec soin ; sa robe luisait encore d’un éclat chaud dans la lumière du matin.
Quelques minutes plus tard, ils quittèrent Istéria.
La forteresse s’éloigna derrière eux, majestueuse, puis peu à peu mangée par la brume matinale. Le groupe longea la lisière sombre de la forêt d’Ébène. Rose chevauchait entre Aloès et Caelan, attentive au silence, au rythme des sabots, à la sensation presque irréelle d’être enfin en mouvement vers quelque chose qui lui appartenait.
— Nous n’allons donc pas à Sylvena ? demanda-t-elle.
Un sourire passa sur les lèvres de son frère.
— Il est temps que tu rencontres ceux pour qui nous nous battons. Ce soir, je te présenterai à l’Ascendre.
Le cœur de Rose se serra.
L’Ascendre.
Le mot vibra en elle comme une promesse autant que comme un avertissement.
Elle leva les yeux vers la route qui s’ouvrait devant eux. Elle n’était plus tout à fait la jeune femme qui avait couru un matin jusqu’à la Citadelle de Lille, persuadée de vivre une journée presque ordinaire. Il y avait eu la peur, la fuite, la trahison, la rage, des liens inattendus, un frère retrouvé.
Quelque chose en elle s’était déplacé. Endurci. Réveillé.
Elle jeta un dernier regard derrière elle. Istéria disparaissait déjà à l’horizon.
Alors, comme pour donner corps à cette bascule, la panthère noire apparut à ses côtés. Immense, silencieuse, elle avançait entre les arbres avec une souplesse presque spectrale. Argos baissa les oreilles, mais poursuivit sa route sans broncher.
Rose retint son souffle.
Melas ne disait rien. Pour une fois, sa seule présence suffisait.
— Caelan, peux-tu partir en éclaireur ? demanda Aloès.
Caelan hocha la tête. Avant de lancer son cheval au galop, il adressa à Rose un regard bref, mais si chargé qu’il lui en coupa presque le souffle.
Puis il disparut en avant sur le sentier.
Rose le suivit des yeux jusqu’à ce que la forêt l’avale.
— Gavriel t’a plu, n’est-ce pas ? dit Aloès d’une voix calme.
Elle tourna vivement la tête vers lui, surprise par la tournure de la conversation.
Il avait rapproché sa monture de la sienne, un demi-sourire aux lèvres.
— Tu n’es pas aussi discrète que tu l’imagines.
La chaleur monta aussitôt aux joues de Rose.
— Aloès, ce n’est pas…
— Rassure-toi, je ne vais pas jouer les grands frères offensés. Ce serait un peu tard pour prétendre à ce rôle-là.
Son frère reprit, plus grave, avant qu’elle ne puisse le contredire :
— Seulement, il y a des choses que tu dois comprendre.
Le ton avait changé. Pas brutalement. Juste assez pour que le paysage paraisse soudain moins paisible.
— Que veux-tu dire ? demanda-t-elle.
Aloès garda les yeux tournés vers la route.
— Que je suis heureux de t’avoir retrouvée. Sincèrement. Plus que je ne saurais te le dire. Mais je ne peux pas faire semblant d’ignorer ce que ta présence signifie désormais.
Rose sentit ses doigts se resserrer sur les rênes.
— Pour toi ?
— Pour nous tous.
Le silence se fit entre eux, seulement troublé par le bruit des sabots.
— Tu es ma sœur, reprit-il. Mais tu es aussi liée à Melas. Une panthère noire n’est pas seulement un Protecteur rare. C’est un signe. Un symbole de renouveau. Une force que beaucoup voudront rallier… ou contrôler.
Rose ne répondit pas. Son regard dériva vers les arbres, sans vraiment les voir.
— Je ne te dis pas cela pour t’effrayer, ajouta Aloès. Je te le dis parce que tu dois savoir dans quel monde tu viens d’entrer.
— Je crois l’avoir déjà compris.
— Pas entièrement.
Il se tourna enfin vers elle.
— D’où l’importance de forger des alliances fortes et réfléchies.
Rose fronça les sourcils.
— Quel est le rapport avec Gavriel ?
— C’est le seul héritier possible pour diriger son royaume. C’est donc un parti intéressant. Pour toi. Pour les royaumes. Pour l’équilibre même de ce qui se prépare.
Une gêne sourde commença à se répandre en elle.
— Tu y as pensé.
Aloès ne nia pas.
— Je pense à tout ce qui peut nous aider à survivre.
La réponse, sans être dure, tomba avec une franchise glacée.
Rose baissa les yeux quelques secondes.
— Alors c’est cela ? demanda-t-elle. Je te retrouve enfin, et je découvre que je suis déjà devenue une stratégie ?
Aloès inspira profondément.
— Non. Tu es ma sœur avant tout. Mais je te mentirais en prétendant que le reste n’existe pas. Les retrouvailles ne changent pas la guerre, Esor. Elles la compliquent.
Rose resta silencieuse.
— Je ne te demande rien aujourd’hui, reprit-il plus doucement. Ni promesse, ni choix. Pas maintenant. Mais il faudra un jour que tu décides ce que tu es prête à offrir. À qui. Et pour quoi.
Elle sentit quelque chose se fissurer en elle.
L’idée qu’elle s’était faite de lui.
Elle l’avait cherché comme on cherche un refuge. Elle découvrait un chef, un stratège, un homme qui l’aimait peut-être sincèrement, mais qui ne pouvait plus la regarder sans voir aussi ce qu’elle représentait.
Le souffle de la panthère glissa entre les arbres à leur hauteur.
— Et si je refuse d’être un pion ? demanda-t-elle enfin.
Aloès la regarda longuement.
— Alors j’espère que tu deviendras une joueuse.
Ils continuèrent d’avancer.
Devant eux, la forêt s’épaississait, et le chemin se resserrait jusqu’à n’être plus qu’un ruban d’ombre entre les troncs.
Rose leva les yeux vers l’horizon invisible.
Elle avait retrouvé son frère.
Mais ce n’était pas la paix qui l’attendait au bout de sa quête.
C’était un royaume blessé, une guerre prête à s’ouvrir, un cœur déjà trop engagé… et un avenir que d’autres semblaient pressés d’écrire pour elle.
Alors, elle ne se sentit ni complète ni apaisée.
Seulement vivante. Intensément. Dangereusement.
Et résolue à ne plus laisser personne choisir à sa place, quel que soit le monde dans lequel elle vivait.
FIN
Merci beaucoup à tous pour vos lectures, vos retours et votre bienveillance. Ça compte énormément pour moi.
J’aimerais beaucoup avoir votre ressenti, non seulement sur ce dernier chapitre mais aussi sur l’ensemble et /ou moment préféré, personnage mais aussi les points qui vous ont peut-être dérangés.
Lire vos impressions est toujours précieux :)

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