De quels mots est fait l'écrit ?
Lire, écrire parfois restent lettre morte. Un parcours fait d'échecs, d'un quotidien absurde qui se répète. Où pendant des années même les progrès ne semblent guère être différent. Où tout l'environnement forme un monde d'angoisses par tant d'incapacité. Écrire devient comme une condamnation, un exil de tout ce monde. Lire une expérience si laborieuse. J'ai donc suivi mon destin, hors de tout usage et pratique, aussi loin que possible de ce sentiment pénétrant que d'écrire un simple mot, ou tenter de faire des phrases ou exprimer quoique ce soit par écrit, seul ces retours affolés pouvaient faire écho à mes mots. J'ai vécu sans pendant plusieurs décennies. Même si certains enseignants malgré tout ont essayé.
Parler de mon parcours très singulier serait trop long.
Il est des fois où il n'y a pas vraiment de quoi projeter des torts aux uns ou aux autres. Certaines circonstances éloignent du monde de l'écrit, de la lecture.
Je n'ai jamais eu ce genre de partage, d'influence positive qui vous porte, qui apporte un sentiment de plaisir.
Aujourd'hui j'ai acquis un vocabulaire de je ne sais où, n'ouvrant jamais de dictionnaire, et ce même vocabulaire et l'immense abîme laissé par ce passé, on fait naître une chemin vers l'expression, sans bagage, sans expérience, une nécessité vitale. Qui aujourd'hui me permet de m'exprimer à ma façon, avec mes images, mes émotions. J'ai fini par m’approprier l'écrit autrement que par les voies scolaires. J'avance plutôt de manière buissonnière, en dehors des règles et des conventions, voir des savoir. M’approprier la langue, en tout cas la mienne a démarré par des formes d'ordre poétique, même si je n'ai jamais fréquenter aucun univers littéraire ou poétique, qui me sont restés étranger. Écrire n'a pas encore franchi celui de l'interaction, de l'échange, même si je n'en suis plus très loin. Mes textes ont évoluer en me permettant de m’affranchir en bonne partie de la charge dramatique, de ces traces profondes inscrites dans ma chair.
Transmettre le plaisir, un rapport d'échange me semble essentiel avant de chercher à inculquer des savoir me semble essentielles.
Je pense que vous ne pouvez porter toute la charge, il y a des circonstances ou des situations dont personne ne maîtrise les effets. Comme ce qui ont était les miens me sont singulier, et plutot exceptionnelles. Tout autant dans mon échec que dans celui d'aujourd'hui où, je suis parvenu quasiment à effacé les traces. Peut-être qu'un jour je pourrais vivre l'écrit comme un plaisir, que la grammaire, la conjugaison ou l'orthographe ne seront plus des condamnations, mon expression ayant pris le dessus, sans avoir à refaire, ou plutôt à passer par leurs études, la scolarité ayant détruit un rapport ordinaire, mon rapport est celui d’une condamnation, d'une difficulté particulièrement angoissante pour les autres, à la limite d'une interdiction.
Annotations