Chapitre 10 – La fin
Né l'année de la Révolution, se distinguant lors des guerres d’Espagne, survivant au siège de Dantzig, et marié à une épouse dont l'existence même relèverait presque davantage du mythe, Laurent Augustin PELLETIER de CHAMBURE, aussi flamboyant et audacieux qu’il était, s’inclina finalement face à un ennemi sournois et pernicieux, qui s’infiltre sans bruit et que nul coup d’éclat ne saurait réduire au silence : le choléra.
Car en 1832, si Paris peut être comparée à un champ de bataille, elle revêt davantage la forme d'une ville assiégée par la maladie. L’épidémie se répand, s'étend, frappe sans distinction de rang ni de galon. En quelques mois, elle emporte des milliers de vies, semant la panique dans la capitale, bien mal préparée à lutter contre un adversaire qui n’est ni de chair ni de sang.
Pourtant habitué aux charges, aux balles, aux obus, et aux démonstrations de force à la frontière suisse, de Chambure ne trouva cette fois aucune ligne à franchir — si ce n’est celle de la vie.
Pas de redoute à enlever, pas de canons à enclouer, et encore moins de billet doux à laisser aux généraux ennemis.
Simplement la maladie.
Il meurt à Paris le 11 juillet 1832.
Après tout ce qu’il avait traversé, la chose peut sembler presque injuste. Ou, à tout le moins, d’une ironie certaine.

Annotations