Prologue
Érostrate
Rien qu’à évoquer son nom, on devine un caractère sulfureux, flamboyant, excessif, dont le feu intérieur se manifesta littéralement au-dehors lorsqu’il décida d’incendier le grand temple d’Artémis à Éphèse.
Sanctuaire considéré comme l’une des sept merveilles antiques.
Certains racontent que, cette nuit-là, Artémis elle-même était absente, retenue ailleurs, occupée à assister à une naissance qui, à défaut d’épargner son temple, marquerait l’Histoire d’une tout autre manière.
Et si l’on a tendance à penser que la recherche effrénée de reconnaissance, le culte de la postérité ou le besoin de célébrité proviennent des réseaux sociaux, ce cas antique pourrait bien nous amener à revoir notre jugement.
À tel point que, selon certaines sources, cet Érostrate brûlant aurait donné son nom à un syndrome.
Qui était-il ?
Bonne question.
Et en écrivant ces lignes, je me replonge dans une anecdote poussiéreuse, logée dans ma mémoire par je ne sais quel miracle, et que je m’apprête, pour vous, à réactiver au fur et à mesure que mes gazettes et articles d’antan me chuchotent autant de révélations que de cancans à la fiabilité… relative.
Vous êtes prêts ? Moi pas. Mais allons-y !

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