Partie 48 - Samuel
La salle d’entraînement commence sérieusement à me taper sur les nerfs.
Quatre murs gris, un sol mat, aucune fenêtre. Juste l’odeur de la sueur, du mana brûlé et de ma propre frustration qui flotte dans l’air. Si je dois passer une journée de plus enfermé ici, je vais finir par défoncer un mur à mains nues… et vu mon niveau actuel de contrôle, ce serait probablement moi qui exploserais avec.
Suwan, lui, à l’air parfaitement à l’aise.
Assis sur un banc, les bras croisés, il m’observe comme un scientifique regarderait un rat de laboratoire particulièrement imprévisible.
- Encore, dit-il calmement.
Je serre les dents.
- Je viens littéralement de le faire.
- Mal.
Je lâche un juron et passe une main dans mes cheveux. Depuis quatre jours, c’est la même chose. Sentir mon pouvoir. Comprendre comment il fonctionne. Le laisser se déployer sans me laisser déborder. Sur le papier, ça paraît presque simple. Dans la pratique… c’est un putain de cauchemar.
Parce que mon pouvoir ne ressemble à rien de concret. Pas de flammes, pas d’électricité, pas de téléportation spectaculaire.
Non. Juste une manipulation insidieuse.
Mon pouvoir est directement branché à ce que je ressens. Autrement dit, sur un bordel monumental.
- Arrête de lutter contre lui, dit Suwan. Observe-le.
Je ferme les yeux malgré moi. Au début, je ne sens rien. Juste mon cœur qui bat trop vite et la fatigue accumulée dans mes muscles.
Puis, lentement, je le perçois. Ce n’est pas une énergie. Pas vraiment. Plutôt… une pression diffuse. Une marée silencieuse qui existe quelque part derrière mes pensées. Elle bouge quand mes émotions bougent. Elle respire presque avec moi.
Quand je me laisse envahir par la frustration, elle se déploie brusquement. Quand je me calme… elle se stabilise.
- Tu vois ? remarque Suwan.
J’ouvre les yeux.
- Peut-être.
- Ton pouvoir ne fait qu’amplifier ce que tu es déjà. Si tu paniques, il panique. Si tu es calme, il se stabilise.
Je souffle.
- Donc si je pète un câble, je transforme tout le pensionnat en crise émotionnelle géante.
- Exactement.
Super.
Les premiers jours sont un désastre.
Une fois, j’essaie de calmer Suwan et je fais exactement l’inverse : je lui balance une vague de nervosité qui me revient en pleine gueule. Résultat, on se retrouve tous les deux à tourner dans la pièce comme deux idiots incapables de réfléchir correctement.
Une autre fois, j’essaie de supprimer complètement ses émotions.
Il s’arrête net. Plus rien. Juste… un regard vide.
Je blêmis.
- Putain. Je l’ai cassé.
Quelques secondes plus tard, ses émotions reviennent progressivement. Il me lance un regard noir.
- Voilà pourquoi je t’entraîne.
Petit à petit, pourtant, quelque chose change. Je commence à reconnaitre le moment où mon pouvoir se met en mouvement. Ce frisson léger dans ma poitrine. Cette impression étrange que mes pensées prennent soudain plus de place dans la pièce.
Je comprends aussi que mon pouvoir ne se déclenche pas seulement avec les émotions des autres. Il part de moi. Si je garde la tête froide, il reste stable. Si je me laisse submerger… il déborde.
Le troisième jour, je réussis enfin à influencer l’état émotionnel de Suwan sans que ça parte en vrille. Trente secondes. Je ne vais pas mentir : je suis presque fier de moi.
Mais pendant ce temps, une pensée me ronge.
Ashmole.
Je revois encore cette foutue entité et ses paroles qui tournent dans ma tête comme une mauvaise chanson.
Les Alphas.
Les héros.
Les légendes.
Et si tout ça n’était qu’un mensonge ?
Comment suis-je censé dire ça à Suwan ? Comment expliquer à l’homme qui consacre sa vie à retrouver ces putains de figures mythiques que leurs intentions pourraient bien être… catastrophiques ?
Je tourne la question dans ma tête pendant quatre jours. Quatre jours à chercher comment aborder le sujet sans tout faire exploser.
Le quatrième matin, Suwan se redresse finalement et s’approche de la porte.
- Ça ira, dit-il. Tu n’es pas encore parfait, mais tu es suffisamment stable pour sortir.
Je hausse un sourcil.
- Ton optimisme est inquiétant.
Il pose la main sur la poignée. Si je ne parle pas maintenant… je ne le ferais jamais.
- Suwan.
Il se retourne lentement, le sourcil arqué.
- Il faut qu’on parle.
Mon cœur bat plus vite.
- Je sais tout.
Il plisse légèrement les yeux.
- Tout ? Tout sur quoi, au juste ?
Je soupire. Je n’ai pas vraiment le temps de jouer à son petit jeu.
- Je sais tout, je répète. Pour tes recherches. Pour Sophie. Et Antoine.
Les mots restent coincés dans ma gorge.
- Pour Alexia aussi, je grince avec difficulté.
Une lueur traverse son regard. Avant que je puisse continuer, il pousse un soupir et secoue la tête avec un sourire triste.
- Tu es un gamin intelligent, Samuel. J’ai toujours admiré ta propension pour la réflexion. Mais si seulement tu pouvais éviter de réfléchir à tous les secrets qui t’entourent… ça nous éviterait une conversation désagréable.
Je laisse échapper un petit rire.
- Ash m’avait prévenu que tu réagirais comme ça.
- Qui ça ?
- Ashmole.
Je croise les bras.
- Il ne se montre qu’aux Bêtas qui ont frôlé la mort. Peut-être la plus vieille entité de ce monde. Celui qui a vu l’ascension des Alphas… leur chute.
Je hausse légèrement les épaules.
- Et si on ne fait rien, il verra aussi leur retour.
L’homme reste silencieux.
- Il voit tout, Suwan. Sait tout. Mais il n’intervient jamais. Je crois qu’il ne peut pas. Qu’il est juste… un témoin.
Suwan garde le silence un moment. Ses épaules se relâchent légèrement, comme si quelque chose venait de céder. Puis, il se redresse.
- Il y a vingt ans, je n’étais pas le seul à chercher les Alphas, commence-t-il. Nous nous sommes rencontrés à la fac. Alexandre et moi sommes rapidement devenu inséparables. « La tête et le bourrin », c’est comme ça que Lucie nous appelait.
Un faible sourire traverse son visage.
- Nous nous battions sur tous les fronts : pour la liberté des Bêtas, contre l’oppression du Conseil… et bien sûr pour l’évolution de notre race.
Je croise les bras, adossé au mur, et le laisse parler.
- Sophie est arrivée un peu plus tard, poursuit-il. Envoyée par le Conseil pour étudier nos propositions.
Il marque une pause. Son regard se perd quelque part derrière moi, comme s’il regardait une époque qui n’existe plus. Un sourire discret apparaît sur ses lèvres.
- Je me souviens très bien de notre première rencontre. Avant même d’entrer dans le labo, elle a envahi ma tête et mes pensées.
Je grimace intérieurement.
- Charmant.
Il ne relève pas.
- Je pensais qu’elle irait fouiller partout. Qu’elle chercherait la faille… le détail qui permettrait à la Confrérie de fermer notre laboratoire. Mais à la place, elle a corrigé ce qui nous empêchait d’avancer.
Il laisse échapper un léger souffle amusé.
- D’une voix parfaitement calme. Comme si la solution était évidente… et que nous étions simplement trop idiots pour la voir.
Je lève les yeux au ciel.
- Ça lui ressemble.
Suwan hoche doucement la tête.
- Lorsqu’elle a quitté mon esprit, je me suis senti… affreusement seul.
Je grimace. Très fort. L’image de Suwan amoureux de Sophie me traverse l’esprit une demi-seconde et j’ai aussitôt envie de me laver le cerveau à l’acide.
- Super. Merci pour cette image…
Suwan ignore ma remarque, comme d’habitude.
- Sophie nous avait prévenu. Qu’importe le rapport qu’elle ferait à la Confrérie, les Anciens trouveraient toujours une raison de nous arrêter.
Sa voix se fait plus grave.
- Tes parents ont fini par s’éloigner de la recherche. La lutte contre le régime autoritaire du Conseil leur paraissait plus urgente.
Il baisse légèrement les yeux.
- Sophie, elle… est restée à mes côtés.
Un silence s’installe.
- Elle avait une détermination à toute épreuve. Je crois que c’est ça qui m’a plu chez elle.
Je laisse passer quelques secondes. Puis, je finis par poser la question qui me brûle la gorge.
- Quand est-ce qu’Antoine est arrivé ?
Il relève la tête.
- Un peu après le départ de tes parents.
Il réfléchit un instant.
- J’ignore encore comment il a réussi à intégrer notre équipe. Mais très vite… nos travaux ont commencé à avancer beaucoup plus vite.
Ses doigts se crispent sur le banc.
- Comme s’il savait exactement quoi dire. Quelles pistes explorer. Quelles erreurs éviter.
- Pas étonnant… quand on sait qui l’a envoyé.
Suwan me jette un regard bref, mais ne commente pas.
- Quand Alexia est née, nous avons décidé de faire une pause dans nos recherches.
Sa voix change légèrement quand il prononce son nom. Plus douce.
- Nous avions donné cinq années entières à ce projet. Cinq années… sans véritable résultat.
Il marque une pause.
- Alexia était notre première réussite.
Son regard se voile.
- Notre seule réussite, souffle-t-il.
Je sens quelque chose se serrer dans ma poitrine. Mais il continue.
- Je n’étais pas satisfait d’abandonner si près du but… mais Antoine commençait à devenir trop pressant.
Ses mâchoires se contractent.
- Je n’aimais pas ça. Il perdait patience pour un rien. Se mettait en colère pour des détails insignifiants.
Un silence. Puis, il ajoute, plus bas :
- Et il avait cette étrange obsession pour Alexia.
- Sais-tu au moins ce que Sophie et toi avez fait ? je demande avec un rire amer.
Suwan fronce les sourcils.
- Comment ça ?
Je sens la colère remonter. Lourde. Brûlante. Impossible à retenir.
- Antoine n’est pas venu vous aider à améliorer notre race. Il n’est pas non plus venu pour libérer le peuple de l’oppression.
Ma voix tremble de rage.
- Il est venu pour créer un hôte.
Le silence devient lourd.
- Une coquille vide. Un corps assez résistant pour contenir l’âme d’un Alpha.
Je serre les poings.
- En modifiant le génome de ta propre fille, tu as peut-être condamné tout notre peuple.
Suwan bondit. La réaction est instantanée. Un portail s’ouvre dans l’air avec un claquement sec. L’instant d’après, il se matérialise à deux pas de moi et m’empoigne brutalement par le col.
- Comment oses-tu me dire ça, à moi ? crache-t-il. A moi qui me bats tous les jours bec et ongle pour construire un refuge pour les nôtres ? A moi qui ai toujours veillé sur toi, qui ai risqué ma vie pour sauver la tienne ?
Sa poigne se resserre.
- Je suis peut-être déterminé à faire tomber le Conseil, mais me penses-tu froid au point de manipuler une enfant ?
Je sens sa colère pulser comme une tempête. Elle cogne contre mon pouvoir, réveille les émotions qui vibrent déjà en moi. J’attrape son bras. Une impulsion minuscule. Presque rien. Juste assez pour faire retomber la vague.
Suwan chancelle légèrement et recule d’un pas, le souffle court, comme si l’air lui manquait soudain.
- Je comprends tout, maintenant.
- Quoi ?
- Sophie… Antoine… Alexia.
Je fronce les sourcils.
- Je ne te suis plus là.
Il secoue la tête, comme si les pièces d’un puzzle se remettaient brutalement en place dans son esprit.
- Antoine m’a arraché à la vie d’Alexia de force. Ça ne peut être que lui… Oui. C’est sûr.
- Suwan ! je gronde. Concentre-toi et prends le temps de m’expliquer.
Il passe une main nerveuse dans ses cheveux avant de reprendre.
- Un soir, Sophie est rentrée furieuse. Elle me hurlait des choses qui n’avaient aucun sens… des accusations absurdes, incompréhensibles.
Sa voix se fait plus basse.
- Elle disait que je l’avais trahie. Que je l’avais manipulée. Que tout ce que nous avions construit ensemble n’était qu’un mensonge. Elle a fait sa valise. Elle a pris notre fille dans ses bras… et elle est partie.
Un silence pesant s’installe. Je sens un froid me glacer la poitrine.
- Elle te croyait responsable, je souffle, horrifié. Mais si ce n’est pas toi… ni Sophie… alors…
- Alors c’est Antoine, coupe Suwan d’une voix tranchante. Ça a toujours été lui.
Ses yeux s’assombrissent.
- Il a effacé mes souvenirs lorsque Sophie est partie avec Alexia. J’ai repris mes travaux comme si les dix dernières années de ma vie n’avaient jamais existé.
Je reste figé.
Dix ans.
Une vie entière effacée comme si elle n’avait jamais eu lieu.
Je sens la colère et le malheur de Suwan vibrer sous ma peau, même sans utiliser mon pouvoir. Je ne peux qu’imaginer sa douleur.
Il reprend difficilement.
- A la mort d’Alexandre… à la mort de tes parents… tout est remonté en bloc.
Sa voix tremble.
- Sophie… notre bébé…
Il inspire profondément avant de continuer.
- Et depuis tout ce temps, je n’ai eu de cesse de vouloir les retrouver. De comprendre.
Ses traits se durcissent.
- Mais Sophie est devenue une tout autre personne. Elle a pris la place de son père au Conseil. Elle a grimpé les échelons jusqu’à devenir la femme la plus puissante de la Confrérie.
Il ricane sans joie.
- Et elle a fait de sa mission première celle de me faire tomber, peu importe la manière.
Il relève les yeux vers moi.
- Mais j’ai retrouvé Alexia, malgré tous ses efforts pour la cacher aux yeux du monde.
Je le fixe.
- Et qu’as-tu fait ?
- Absolument rien, murmure-t-il en se passant une main fatiguée sur le visage.
Je cligne des yeux.
- Rien ?
- Que voulais-tu que je fasse ? soupire-t-il. Antoine avait pris ma place. J’étais certain qu’il la tenait fermement.
Sa voix se fait plus douce.
- Elle n’a aucun souvenir de moi, Samuel. La seule chose qu’on lui a raconté, c’est que son père l’a abandonnée sans jamais se retourner. Alors j’ai fait la seule chose que je pouvais faire. J’ai veillé sur elle… à distance. Suffisamment en retrait pour que ni Antoine ni Sophie ne puissent m’atteindre.
- Donc la nuit de l’incendie…
- Oui, me coupe Suwan.
Son regard se voile légèrement.
- Quand j’ai perdu Alexia des yeux, j’ai senti le danger. Quand je suis arrivé au lycée… les flammes montaient déjà haut dans le ciel.
Je ferme les yeux malgré moi en l’écoutant.
- La chaleur était insupportable. Le bâtiment entier brûlait.
Ses doigts se crispent.
- Et puis je l’ai entendu. Le cri d’Alexia.
Un frisson me parcourt l’échine.
- Je me suis téléporté à l’intérieur sans réfléchir.
Les flammes dansent dans mon imagination.
- La fumée était si épaisse que je distinguais à peine les couloirs. Et je l’ai vue. Les flammes la consumaient déjà. Je me suis précipité vers elle.
Sa main tremble légèrement.
- Elle était épuisée. Terrifiée. Son pouvoir était hors de contrôle. Et puis elle s’est évanouie dans mes bras.
Je bouillonne de colère. Tous ces mois. Toute cette lutte. Toutes ces accusations… Je me suis battu contre lui pour protéger Alexia, alors que depuis le début, c’est lui qui se démène pour la sauver.
La honte me tombe dessus comme une chape de plomb.
- Et Antoine a tout effacé, je murmure. Encore.
- Oui. Pour la deuxième fois, il m’a volé les souvenirs de ma fille.
Suwan relève légèrement sa manche et désigne la brûlure cicatrisée qui marque son bras.
- Mais il ne savait pas que l’incendie m’avait laissé un indice. Je n’ai jamais cessé de chercher ce qu’il me manquait. J’ai suivi Sophie jusqu’ici. Retrouvé Alexia, encore une fois. Et même sans savoir qui elle était pour moi… je savais qu’elle n’était pas en sécurité là-bas.
Je déglutis difficilement.
- Comment as-tu fait pour retrouver la mémoire ? je demande. C’était… sa simple présence à tes côtés ?
Suwan laisse échapper un rire fatigué.
- J’aurais préféré, souffle-t-il. Mais non. Je n’ai eu le déclic que lorsqu’Alexia était au bord de la mort…
Mon cœur rate un battement.
- Elle a la même détermination que sa mère, dit-il avec un léger sourire. Mais aussi la même attirance pour le danger que moi. Même si son pouvoir n’avait pas encore refait surface, elle puisait dans son mana sans le savoir. Et elle s’accrochait à mon opale… comme si sa vie en dépendait.
Je me souviens brutalement de ce moment. Ce choc. Alexia utilisant le catalyseur de Suwan comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. C’est impossible. Humainement impossible… mais Alexia n’est pas vraiment humaine non plus.
Je ne sais pas ce qu’Antoine lui a fait, mais je sais qu’il est responsable. Lui et les sœurs originelles.
Je relève les yeux vers lui.
- Alexia est bien plus en danger que tu ne le pensais.
Les mots me coûtent.
- Tu l’as compris maintenant : Antoine a veillé à ce qu’elle soit suffisamment puissante pour contenir l’âme de Marcus.
Le nom pèse lourd dans l’air.
- La nuit de l’incendie, c’était l’une des sœurs originelles qui traquait Alexia.
Je vois les traits de Suwan se figer.
- Les mêmes sœurs originelles qui t’ont aidé dans tes recherches. Celles qui se servent de toi pour constituer leur armée.
Suwan reste silencieux. Longtemps. Trop longtemps. Il se voûte légèrement, les mains jointes devant sa bouche, le regard perdu dans le vide. Il réfléchit. Analyse. Cherche la moindre faille dans ce putain de cauchemar.
Mais Suwan n’est qu’un homme. Comment peut-on espérer lutter contre des créatures si anciennes ?
Il finit par se redresser lentement et croise mon regard.
- Débrouille-toi comme tu veux, dit-il d’une voix dure, mais Alexia ne doit jamais savoir qui je suis réellement.
- Mais…
- Il n’y a pas de mais ! gronde-t-il. Elle doit être émotionnellement stable si elle veut s’en sortir vivante.
Le silence retombe.
- Maintenant, on va rendre visite à ton ami à plumes. Il peut nous aider.
Je me souviens soudain qu’Eishen nous a suivi jusqu’ici. Je ne me suis même pas demandé ce que Suwan avait fait de lui. Connaissant le personnage… le pauvre type doit être enfermé dans l’une des cellules d’isolement du pensionnat. Celles qu’il utilise d’habitudes pour les Bêtas aux pouvoirs trop dangereux, ou complètement hors de contrôle.
Suwan ouvre la porte de la salle d’entraînement et me lance un regard pour que je le suive. Je le rejoins.
- Même si je ne lui dis rien… Alexia est une fille intelligente. Elle finira par comprendre.
- Je sais bien, soupire Suwan.
Il sort dans le couloir.
- Mais un problème à la fois. Tout ce qui compte pour l’instant, c’est de contrecarrer le plan d’Antoine.
Je lui emboîte le pas.
Mais moi, je ne suis pas aussi sûr de lui.
Je n’ai déjà pas été capable de retrouver Alexia lorsque Suwan l’a enlevée.
Alors comment pourrais-je espérer la protéger des créatures les plus puissantes que cette terre ait portées ?

Annotations