49 - Epilogue : Merci à la Lumière
Charles se prépare pour son départ. Il regarde sa chambre au sein du Monastère, cette pièce qui l’a vu grandir et évoluer. Il se souvient des journées passées avec son ami à étudier et jouer. Il se souvient de sa mère, Sylvie, qui lui ramenait de bons morceaux de tarte aux fruits… Tout ça, il a décidé de le quitter pour aller retrouver celle qu’il aime, pour aller découvrir encore plus la Musique et apprendre auprès de Melvin comment toujours mieux la maitriser et l’apprivoiser.
Sylvie et le Père Grégoire sont là justement pour le saluer. Même le frère Martin est venu et lui dit, brisant son vœu de silence pour la première fois depuis des années, quelques mots simples :
« Merci pour l’amour, merci pour la Lumière. »
Il serre ensuite la main du jeune homme, tout ému, et retourne dans sa cellule, sans un mot de plus.
Le Père Grégoire est tout proche de sa mère, mais, comme durant toute leur vie, ils gardent le minimum de distance possible pour préserver la bienséance et la pureté de leur relation. Sylvie a la larme à l’œil et Charles la rassure :
« Ne t’inquiète pas, Maman, je ne pars pas comme la dernière fois. Cette fois-ci, je sais exactement où je vais ! Je vais accomplir mon destin, je vais devenir un grand musicien et je vais partager cette richesse qu’est la Lumière avec le monde entier ! »
Sylvie est vraiment émue qu’il continue à l’appeler « Maman ». Elle sourit à son fils qui rajoute :
« Et c’est vrai que je ne compte pas revenir rapidement, mais je sais qu’ici, tu es aimée et appréciée à ta juste valeur. Et je te promets que je t’écrirai et te raconterai toutes mes aventures ! »
Charles étreint sa mère longuement avant de faire de même avec le Père Grégoire.
« Merci, mon Père. Merci pour tout ce que vous m’avez enseigné, pour tout ce que vous m’avez appris. Votre cœur est bon et je suis sûr que si j’ai réussi à accéder à la Lumière, c’est aussi grâce à vous et à votre générosité et votre bonté. »
« Va dans la paix mon fils… Ou plutôt, va dans la Lumière de Dieu. »
Charles les quitte ainsi pour se rendre au château où il va aussi dire au revoir à Philippe. Celui-ci s’est remis rapidement suite à son réveil et est vite retourné en son château en compagnie d’Hermine, plus amoureuse que jamais.
Philippe accueille son ami avec elle dans le hall du château, cette pièce où il y a plus de six mois maintenant, Catherine a accepté de suivre le chevalier Armand et le Père Grégoire pour aller épouser Aymeric à Boves. Six mois seulement… Mais six mois qui ont tout changé… Philippe est bien remis et a repris la marche et l’exercice. Bien soigné par la guérisseuse, il sent qu’il va retrouver toutes ses capacités physiques et en est ravi.
« Alors, voici le musicien le plus terrible du Ternois ! Tu es vraiment sûr que tu veux m’abandonner pour faire carrière ? Tu joues tellement mal que tu as fait peur au Diable qui m’a renvoyé parmi les vivants ! »
Charles sourit et lui répond :
« Oui, je suis sûr. En plus, tu es revenu et tu es un autre homme. Je suis certain désormais que ces terres sont entre de bonnes mains. J’ai eu peur pour toi… Peur que tu deviennes un seigneur sans cœur et sans principe… Un guerrier sans pitié… Mais Hermine en est la preuve. Tu as beaucoup changé et tu es devenu un vrai chevalier. Toi aussi, ces derniers mois t’ont permis de trouver ta Lumière, et je suis tellement heureux de te voir rétabli ! »
Philippe lui lance un regard malicieux.
« J’accepte de te laisser partir, mais à une seule condition ! »
Charles le regarde, l’air interrogatif :
« Que tu reviennes pour jouer à mon mariage avec Hermine ! »
Charles voit la jeune femme rougir de plaisir devant cette annonce et éclate de rire. Il serre la main de son ami pour conclure ce marché qui satisfait tout monde. Philippe attrape non seulement la main, mais aussi le bras et tout le corps de son cousin qu’il serre fort contre lui.
« Merci, Charles. Merci pour tout ! »
Après ces adieux émouvants, Charles monte sur le cheval que lui a préparé le palefrenier de Philippe. Il prend le petit chemin ombragé qui longe les murailles du château. Il a son itinéraire en tête. Il va d’abord passer voir Catherine et Gabriel à Boves et les saluer avant de continuer sa route jusqu’à la baie de Somme où l’attendent Margot et Melvin.
Philippe monte avec un peu de difficulté les marches du château pour observer son ami partir du haut de la tour. Hermine le rejoint sur la petite terrasse d’où il peut observer toutes les terres qui seront bientôt les siennes. Ils observent le jeune musicien remonter la petite colline sous les lumières ocrées du soleil couchant. Le gazouillement des oiseaux accompagne cette belle symphonie champêtre. Les reflets de l’astre solaire miroitent dans l’eau des douves et le long de la rivière dans une luminosité exceptionnelle.
Charles arrive en haut de la colline et se retourne. Il adresse un salut à ses amis et poursuit son chemin. C’est accompagné de ce beau concert de dame Nature que l’ombre du gamin du Monastère disparait dans la Lumière.
FIN

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